Economie

LE PIB – LA REPARTITION DES RICHESSES

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A propos du PIB :   Un autre modèle de développement,  CHRONIQUE DE BARBARA ROMAGNAN dans l’Humanité du 5 janvier 2015

La période des vœux est aussi celle où l’on prend le temps de réfléchir à ce qui compte pour nous, à ce qui a de la valeur dans notre vie personnelle. L’année 2015 pourrait nous le permettre collectivement.

Cela impliquerait de prendre en considération d’autres critères que ceux du seul produit intérieur brut (PIB) pour mesurer le progrès, car ses limites sont essentielles. D’abord, le PIB totalise ce qui se vend et s’achète, ainsi que la contribution des administrations publiques, sans se demander si cela contribue au bien-être. Par exemple, les catastrophes naturelles font augmenter le PIB en raison des réparations que les dégâts exigent. Pourtant la vie a été dégradée, des constructions ont été détruites, il y a parfois même eu des morts. Ensuite, le PIB ne prend pas en compte la répartition des richesses créées. Ainsi, le PIB – ce que l’on considère être la richesse – peut augmenter et être reparti de façon très inégalitaire. Une croissance du PIB peut donc masquer une dégradation de la situation des plus fragiles et un enrichissement des riches. Enfin, le PIB ne prend pas en considération les stocks dans lesquels il faut puiser pour assurer la production. Il ne rend donc pas compte de l’épuisement des ressources naturelles liées à nos modes de consommation. Le PIB est donc un indicateur de court terme qui ne dit rien de la soutenabilité de notre modèle, tant d’un point de vue écologique que social et humain. Le PIB ne dit rien de la possibilité pour un modèle de développement de promouvoir la vie. D’où la nécessité d’en prendre d’autres en considération.

LE PIB NE PREND PAS EN COMPTE LA RÉPARTITION DES RICHESSES ET L’UTILISATION DES RESSOURCES NATURELLES.

Les Nations unies et l’OCDE ont travaillé sur de nouveaux indicateurs, le plus connu étant l’indice de développement humain (IDH). En France, Dominique Méda, Jean Gadrey, Florence Jany-Catrice et Patrick Viveret ont permis de faire encore des progrès avec l’indice de santé sociale, une nouvelle version de l’indice de développement humain et de l’empreinte écologique. Récemment, France Stratégie – l’ancien commissariat général du Plan – a publié une note proposant d’adopter sept indicateurs pour mieux mesurer la qualité de la croissance. Ces indices sont utilisés, notamment, par l’Insee, mais restent secondaires dans l’évaluation des politiques publiques. Néanmoins, la mise en place de ces nouveaux indices va apparaître d’autant plus importante qu’une croissance nulle ou faible de façon durable est le scénario le plus probable. Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle dans la mesure où l’on répartit plus justement les richesses et que les ressources naturelles sont utilisées de façon respectueuse.

LA DETTE PUBLIQUE

Les politiques d’austérité en France et en Europe sont justifiées par les dettes publiques des Etats.

Effectivement, en 2013, chaque français se retrouve avec une dette de 30 000€ à la naissance. Il est aussi possesseur d’un patrimoine largement supérieur (pour l’instant). Or, en 1973, cette dette n’était que de 881€. Comment en est-on arrivé là?

En 1945, la dette représentait 300% du PIB (Produit Intérieur Brut) de la France, 40% en 1950 et 15% en 1973, pour être de 92% du PIB en 2013.

Il est facile de voir que de 1945 à 1973, la dette de la France a régulièrement baissé malgré la reconstruction du pays et les guerres d’Indochine et d’Algérie. De plus, pendant cette période, la France a augmenté son patrimoine commun de façon importante et constitué des services publics efficaces. En même temps, la part de rémunération du travail a augmenté jusqu’à représenter plus de 70% du PIB.

Depuis, nous avons assisté à un retournement de situation. En effet, 40 ans de cure d’austérité ont rétabli la rémunération du capital, la part du PIB consacrée aux salaires est repassée à 60%, les services publics et la sécurité sociale sont en cours de destruction sans pour autant régler le problème du chômage. De plus le patrimoine national est bradé à vil prix, comme les réseaux autoroutiers ou de télécommunications etc…

En fait, le changement est dû à la loi du 3 janvier 1973 qui oblige l’Etat à se financer par emprunt auprès des banques privées au lieu de recourir à la banque de France comme précédemment. Dès 1973, la première conséquence de cette loi a été la multiplication par 4 des intérêts payés par l’Etat.

Sur les 1 700 000 000 € de dette en 2013, 1 300 000 000 € sont le coût des intérêts générés par cette loi auprès des banques privées.

La charge de remboursement de cette dette et de ses intérêts est le premier poste des dépenses publiques supérieur au budget annuel de l’éducation nationale. La deuxième conséquence de cette loi est la soumission de l’Etat aux grands groupes financiers internationaux.

Par conséquent, la justification des politiques d’austérité qui rongent les emplois, les salaires, les retraites, et tous les services publics n’est que la conséquence de choix politiques faits pour rétablir la rémunération du capital avec pour conséquence l’abandon de l’indépendance nationale et de la capacité d’intervention politique.

En 2005, lors de la campagne contre le TCE qui imposa à l’Europe les mêmes règles, Raoul Marc Jennar avait parlé de “La Trahison des élites”. En effet les valets de ceux qui s’enrichissent en dormant nous proposent de travailler plus pour gagner plus alors que les progrès techniques devraient nous permettre de travailler moins pour travailler tous et vivre mieux.

Cette loi dite “Pompidou Rothschild” a été élaborée en grande partie par Valéry Giscard d’Estaing. Dominique Strauss-Kahn était le négociateur français pour son extension à l’Europe dans le traité de Maastricht. Cette logique a été refusée par le Référendum sur la constitution européenne, puis validé par le gouvernement dans le traité de Lisbonne en 2008.

Pierre Chevrot (dans le journal Au fil du temps de la CGT).


 

Que faire de la dette ? Un audit de la dette publique de la France, Mai 2014

59% de la dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs

Quelques vidéos sur cette dette qui sert de prétexte aux libéraux pour justifier une austérité.

— “La dette c’est chouette” vidéo pédagogique de 3min 30 : dette légitime ou pas ?

http://www.youtube.com/watch?v=6AKYBAAjsrU

— Une vidéo sur la dette publique 13min30 :

http://www.youtube.com/watch?v=fIyPMzaK_Cc&feature=player_embedded

— Et sur le site du CAC -Collectif pour un audit citoyen de la dette-

http://www.audit-citoyen.org/?cat=50

Collectif pour un audit citoyen de la dette : des documents, des analyses sur le pacte budgétaire

http://www.audit-citoyen.org/?cat=54

Dette publique & crise financière

argumentaire en 11 fiches

 La dette, parlons-en…

La dette est utilisée comme épouvantail, pour faire peur et mettre en condition d’accepter des sacrifices soi-disant indispensables. Qu’en est-il exactement ?          A propos de cette dette, par G.B

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LES MOYENS

Documents, arguments, formation sur chômage, dette, crise, et solutions (109 diapos déc 2012)

On nous rabat les oreilles avec le “coût du travail” ! Le travail ne coûte pas, au contraire il rapporte. C’est lui qui crée la richesse. Et si on parlait du coût du capital ? Une vidéo de la CGT.

http://www.cgt.fr/Et-si-on-parlait-cout-du-capital.html

Document édité par Solidaires 2011   Voir le détail

L’EVASION FISCALE

Évasion et fraude du fisc coûtent entre 60 et 80 milliards d’euros à l’État. Premiers responsables, les grands groupes, pourtant à la tête de la croisade contre la «pression fiscale».

La France écrasée par l’impôt ? Les premiers à reprendre l’antienne, les représentants du grand patronat, ne manquent pas de culot. Car ils sont aussi les premiers à contribuer aux phénomènes de l’évasion et de la fraude fiscale, dont le coût pour les finances publiques est estimé entre 60 et 80 milliards d’euros, soit l’équivalent de 16,7 % à 22,3 % des recettes fiscales brut du pays, selon une étude du syndicat Solidaires finances publiques. Une facture épongée en bout de course par les simples contribuables. Champions de l’optimisation fiscale – car, à la différence des PME, ils ont les moyens de faire appel aux cabinets spécialisés dans cet exercice –, à l’image de Sanofi, les grands groupes sont passés maîtres des diverses techniques de soustraction à l’impôt, comme les prix de transfert, qui permettent aux multinationales de localiser leurs profits dans les pays à faible fiscalité. C’est ainsi qu’ils parviennent à ramener leur taux effectif d’imposition sur les sociétés (IS) à 8 % en moyenne, alors que le taux théorique est de 33,3 %. Les PME, elles, qui sont les plus grandes pourvoyeuses d’emplois, écopant d’un taux d’IS de 39 %… Évasion et fraude fiscale se soldent par un manque à gagner pour le fisc estimé entre 23 et 32 milliards d’euros pour le seul impôt sur les sociétés.

Année après année, les gouvernements successifs contribuent au siphonnage des finances publiques en ajoutant de nouvelles « niches » fiscales ou en augmentant leur portée. Dernier en date, le crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), mis en place par le gouvernement Ayrault, qui coûtera à l’État 20 milliards d’euros. Un Cice de plus en plus critiqué, y compris dans la majorité, dans la mesure où il est octroyé aux entreprises sans condition. Et il apparaît de plus en plus que, contrairement à l’objectif affiché, il va largement profiter à des groupes qui ne sont pas exposés à la concurrence internationale. De plus en plus controversé aussi, le crédit d’impôt recherche (CIR), objet d’un véritable effet d’aubaine, et qui, contrairement là aussi à l’intention, n’entraîne pas un accroissement significatif de l’effort de recherche dans le secteur privé. Pire : un groupe comme Sanofi, qui encaisse plus de 120 millions d’euros au titre du CIR chaque année, sabre sans hésiter dans son potentiel de recherche, avec son dernier plan de restructuration qui touche les sites de Toulouse et Montpellier. Une remise à plat de tous ces avantages fiscaux, à l’aune de leur efficacité économique réelle et pour la création d’emplois, s’impose.

par Yves Housson dans l’Humanité du 31 octobre 2013

“L’austérité est un désastre”

Dans un grand entretien accordé à l’Humanité (11 sept 2012)le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, ancien directeur de la Banque mondiale, estime que l’Europe court à sa perte en menant des politiques d’extrême rigueur qui conduisent “à chaque fois à un échec“.

—> lire en pdf

Un autre prix Nobel d’économie, Paul Krugman, dit ceci (dans l’Express du 29/08/12 quelques extraits) :

Mon propos contre les politiques d’austérité s’adresse aux pays qui ont encore le choix, comme la France.”

“…La France n’est pas dans une situation budgétaire critique et n’a pas tant besoin d’une politique de rigueur….”
”   ….la réponse est monétaire. Elle passe par la Banque centrale européenne…..”

Entretien avec Geoffrey Geuens : “Les marchés financiers ont un visage, celui de l’oligarchie”

Dans votre ouvrage, vous démolissez une série de lieux communs qui saturent aujourd’hui le débat public : la finance serait insaisissable, hors de portée du pouvoir, elle serait, comme l’a dit François Hollande dans un passage fameux de son discours du Bourget, « sans visage » car elle « ne se présente pas aux élections »… Que pensez-vous de ce type de déclarations politiques ? 

—> Lire cet entretien (2 mars 2012)

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Islande, solution mondiale?

Ce qui s’est passé en Islande est très important. Un peuple qui s’oppose aux règles libérales et se libère de sa dette c’est rare, c’est un exemple dangereux pour nos dirigeants, et cela explique le silence entretenu par nos médias sur ce sujet.

Une vidéo explicative :

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=9rGNF-C6Xek

Les expériences en Equateur, en Argentine, au Vénezuela montrent également qu’une autre voie est possible. Un sursaut en Europe bientôt ? A nous de travailler pour…

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Argentine – Islande : Les peuples, plus forts que les banques

article publié le 13/02/2012 par ATTAC, auteur-e(s) : Dominique Plihon, Jacques Cossart

Dominique Plihon, économiste membre du Conseil scientifique d’Attac-France, décrit dans “Deux expériences de sortie de crise : Argentine et Islande”, comment, dans les deux cas, les peuples ont pu faire obstacle à la finance. Ils ont, pour ce faire, mêler trois ingrédients qui se sont révélés d’une redoutable efficacité… contre le “système”.

D’abord les citoyens ont fait preuve d’une volonté déterminée pour imposer leur volonté ; par exemple, les Islandais à un an d’intervalle ont réaffirmé leur détermination. Ensuite, les dettes ont été, pour certaines d’entre elles, répudiés, et toutes ont été totalement restructurées. Enfin, l’arme monétaire a été utilisée ; alors qu’au sein de la zone euro, elle est interdite alors même que pareille pratique ne peut être envisagée que sous une même politique fiscale et budgétaire d’une part, d’autre part si la Banque centrale n’est pas “indépendante” et que, notamment, elle peut répondre à la demande politique de création de monnaie.

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Le film Debtocracy sur la légitimité de la dette en Grèce et dans le monde. Edifiant !

Ne pas oublier de choisir le sous-titrage en français (en haut à droite), durée 1h14.

http://www.debtocracy.gr
ou
http://www.dailymotion.com/video/xik4kh_debtocracy-international-version_shortfilms
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