Le vote utile c’est le vote Melenchon le 23 avril. Le seul de gauche capable de se qualifier pour le 2e tour

ÉDITORIAL dans l’Humanité du 21 avril 2017 PATRICK APEL-MULLER
Préemptons l’avenir!

« La fatalité triomphe dès qu’on croit en elle », écrivait Simone de Beauvoir. La trahison et les peines sociales de ce quinquennat, le paysage politique dévasté, les colères populaires parfois dévoyées vers la haine du voisin, la dissimulation du libéralisme brutal derrière le masque d’un jeune ambitieux, la pulsion réactionnaire qui s’est emparée de la droite, les affaires en cascade accompagnant les candidats LR et FN… tout aurait pu noyer la campagne présidentielle sous les fumigènes. Et à deux jours du vote, c’est le candidat de la transformation sociale, celui qui prône l’égalité et la justice, qui trouble le scénario établi par les puissants. La gauche véritable n’est donc pas morte, portée par la jeunesse et renouant avec les milieux populaires et les chômeurs. Jean-Luc Mélenchon peut même accéder au second tour ; c’est à portée de main. Il serait dommage de rater l’occasion, de ne pas saisir toutes les heures qui viennent pour convaincre les proches, les hésitants, les indécis. Au-delà même d’un succès devenu envisageable, le score de Jean-Luc Mélenchon est un investissement pour l’avenir. Il est primordial pour notre peuple que la gauche ne soit pas dissoute par la religion du marché, sabordée par les tristes gouvernants qui se sont soumis aux désirs du Medef et s’agglutinent dans l’entourage d’Emmanuel Macron, prêts pour certains à suivre Manuel Valls dans des alliances avec François Fillon.

Le candidat LR comme celui d’En marche ! promettent une purge violente au pays. Il faut une force puissante et attestée dans les urnes pour y résister. Les sensibilités qui la constituent sont multiples : communistes, insoumises, socialistes, écologistes, syndicalistes et associatives. Elles peuvent aimanter un rassemblement plus large qui établisse des majorités durables.« Il n’y a pas de pas perdus », écrivait André Breton. Dimanche, un grand pas peut être franchi.


Dix bonnes raisons de voter pour Jean-Luc Mélenchon

Jugée plus qu’improbable il y a encore quelques semaines, une qualification du candidat de la France insoumise, soutenu par le PCF, est aujourd’hui à portée de main. Le scrutin de dimanche représente une occasion historique de porter la gauche de progrès au pouvoir.
« NE PAS RATER CETTE CHANCE » « JE VAIS VOTER MÉLENCHON POUR LA PREMIÈRE FOIS (CAR) IL Y A UNE CHANCE DE N’AVOIR NI FILLON, NI LE PEN, NI MACRON PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. ET FRANCHEMENT, JE NE RATERAI PAS CETTE CHANCE. » XAVIER MATHIEU (CGT CONTINENTAL)
Le 23 avril, chaque bulletin sera décisif. La campagne de Jean-Luc Mélenchon, la dynamique collective attestée par les sondages placent le camp du progrès à quelques pas de la conquête du pouvoir. L’Humanité a sélectionné dix bonnes raisons de voter « pour que viennent les jours heureux et le goût du bonheur »…

1 UNE OPPORTUNITÉ HISTORIQUE POUR LA GAUCHE ALTERNATIVE
Utiliser l’élection de Jean-Luc Mélenchon pour renouer avec le fil du progrès permettrait à la France de reprendre à bras-le-corps l’objectif qu’elle s’est fixée en 1789 et qui n’a cessé de l’animer, du Front populaire en 1936 jusqu’en mai 1968, en passant par la conquête des libertés et de la Sécurité sociale au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il y a eu d’autres victoires depuis, en 1981, 1988 et 1997, parfois pleines de bonnes intentions mais émaillées de déceptions. Peu à peu, la démocratie s’est grippée, le peuple a été exclu de la vie citoyenne. Le libéralisme et l’austérité se sont imposés. Ils n’ont pas encore tout dévasté. Il leur reste beaucoup à détruire. Il reste donc beaucoup à défendre, mais surtout à reconquérir et à conquérir. Ce n’est pas tous les jours qu’une telle opportunité de porter la gauche de transformation démocratique, sociale et écologique à la tête du pays se présente.

2 OUVRIR UNE NOUVELLE ÈRE DE PROGRÈS SOCIAL
Compétitivité, flexibilité, simplification… autant d’expression « modernes » pour imposer toujours plus de sacrifices. « Ils veulent nous ramener au début du XXe siècle parce que la retraite à 65 ans, c’était en 1910 », rétorque Jean-Luc Mélenchon aux tenants de cette « modernité » qui ne profite qu’à quelques-uns. « Depuis 1870, il nous faut deux fois moins de temps de travail pour produire 30 fois plus de richesses », ajoute le candidat. De quoi trouver les moyens de renouer avec la réduction du temps de travail avec les 35 heures réelles, une conférence nationale sur les 32 heures, la retraite à 60 ans… Le retour du progrès social, c’est aussi le développement du service public pour garantir l’accès de tous à une éducation, des soins ou des transports de qualité. Autre symbole de la conquête des droits que veut réenclencher le candidat : la sécurité sociale professionnelle qui permettra la continuité du revenu en cas de perte d’emploi.

3 LE VRAI VOTE ANTI-FRONT NATIONAL
Alors comme ça, le vote le plus efficace pour éviter un duel Fillon-Le Pen, ce serait le vote Macron ? Jean-Luc Mélenchon est pourtant donné largement gagnant, aussi bien contre la candidate de l’extrême droite que contre celui de la droite extrême. Une élection de Macron n’offrirait, qui plus est, que la poursuite des politiques libérales et austéritaires qui jettent chaque jour un peu plus le pays dans le désarroi et participent à la montée du FN. Face à la haine, à ceux qui veulent constitutionnaliser les discriminations, qui se vautrent dans le délire ethnique et détournent la critique du capitalisme en opposant les citoyens les uns aux autres, le meilleur antidote est toujours celui qui pointe la véritable origine des maux, et met l’humain au coeur des réponses.

4 POUR LA PLANÈTE ET LA PLANIFICATION ÉCOLOGIQUE
La 6e extinction de masse des espèces a démarré. Et l’Homme en est la cause. Le réchauffement climatique menace aussi bien notre écosystème que les équilibres internationaux et la paix. Cette question primordiale pour l’avenir de l’humanité est centrale dans le programme porté par Jean-Luc Mélenchon. Le candidat invite à reconquérir le temps long de l’écosystème face au « temps court de la finance et de productivisme qui saccage tout ». Dénonçant la transformation de la terre et des hommes en marchandises comme origine de nos maux, il plaide pour une planification écologique. Parmi les mesures centrales, le candidat entend inscrire la règle verte dans la Constitution, pour ne plus prendre à la terre plus qu’elle ne peut reconstituer. Il plaide pour une grande transition énergétique créatrice d’emplois industriels. Une production 100 % renouvelable est visée pour 2050, en sortant des énergies fossiles et du nucléaire. Refusant les OGM, les pesticides chimiques et le brevetage du vivant, il prône un retour à l’agriculture paysanne (300 000 emplois créés) et soutenue en circuits courts avec le 100 % bio dans la restauration collective.

5 REDONNER LE POUVOIR AU PEUPLE
On vote, on vote et puis, rien. Les exemples ne manquent pas, à commencer par l’abandon en rase campagne de la lutte contre la finance promise par Hollande. Avec le projet de VIe République qu’il défend, l’ambition de Jean-Luc Mélenchon est claire : redonner le pouvoir au peuple. La nouvelle Constitution rédigée par une Assemblée constituante a vocation à sortir de la « monarchie présidentielle ». Droit de révoquer les élus, de voter à partir de 16 ans, proportionnelle aux élections… Il s’agit de reprendre le pouvoir dans la cité. Face au grand patronat et aux actionnaires qui dictent leur loi ­ encouragés par la loi El Khomri qui permet d’imposer un Code du travail par boîte ­, le but est aussi de le reprendre dans l’entreprise. Au-delà de l’abrogation de la loi travail, Mélenchon propose de nouveaux pouvoirs pour les salariés, dont un droit de veto suspensif des comités d’entreprise contre les licenciements économiques.

6 LA RÉVOLUTION FISCALE PAR LES URNES
« Ils surimposent la classe moyenne et c’est à moi qu’on fait des reproches sur l’impôt ? », s’étonne Jean-Luc Mélenchon. Mis au banc des accusés par les libéraux pour un soidisant matraquage fiscal, le candidat veut en réalité s’atteler à ce que « chacun contribue selon ses moyens » grâce à un impôt plus progressif (avec 14 tranches contre 5). Si, comme le montre son simulateur sur Internet, en dessous de 4 000 euros par mois, les contribuables vont payer moins, les plus aisés « paieront beaucoup ». « Pour-quoi ? Parce qu’ils ont beaucoup », répond Mélenchon, qui dénonce un « système intrinsèquement mauvais », fondé sur « la cupidité et la compétition ». Quant à l’évasion fiscale, qui confisque chaque année à l’État 80 milliards d’euros, elle sera sur le gril avec l’impôt universel, l’interdiction pour les banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux, le reporting pays par pays…

7 RÉPONDRE AUX URGENCES SOCIALES
Neuf millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 1 000 euros par mois. Nombre de candidats trouvent cette situation tolérable. Jean-Luc Mélenchon propose d’y mettre un terme via l’augmentation des minima sociaux. Il ambitionne d’éradiquer la pauvreté avec la création d’un plan personnalisé dédié et d’atteindre l’objectif de zéro sansabri. Il souhaite instaurer la gratuité des quantités d’eau, d’électricité et de gaz indispensables à une vie digne. Ce changement de paradigme sera accompagné d’une restructuration des emprunts des ménages surendettés et d’une augmentation de 16 % du Smic net mensuel, qui passera à 1 326 euros pour 35 heures. Les petites retraites seront revalorisées. Enfin, le candidat défend le 100 % Sécu, afin de rembourser totalement les soins de santé prescrits.

8 UN BULLETIN POUR LA PAIX
Jean-Luc Mélenchon prône la désescalade des tensions mondiales. « Il vaut mieux se parler que de se faire la guerre », plaide-t-il au sujet de son projet de la conférence sur les frontières de l’Atlantique à l’Oural. Surtout, le candidat souhaite faire sortir la France de l’Otan, afin de quitter la tutelle militaire des États-Unis. « Notre vocation est à l’ONU et dans les coopérations privilégiées avec les pays émergents », estime-t-il, appelant à renforcer le rôle des Nations unies et à placer la France au sein d’une coalition pacifique des pays non alignés. Partisan de la reconnaissance de la Palestine, il est favorable, pour la Syrie, à la construction d’une « coalition universelle sous mandat de l’ONU » dont l’objectif serait d’imposer un cessez-le-feu avant d’organiser des élections. Au-delà, il défend une sortie du FMI, de l’OMC, de la Banque mondiale et des traités de libre-échange commerciaux inégaux afin de construire des échanges internationaux basés sur la coopération. Il plaide pour la création d’une Organisation mondiale des migrations, avec l’ONU, afin de combiner mesures d’urgence, soutiens aux pays d’accueil et anticipation de la crise climatique.

9 SÉPARER LA RÉPUBLIQUE ET L’ARGENT
Le débat présidentiel a été pollué par les affaires des candidats de droite et d’extrême droite, après un quinquennat ponctué par les scandales Cahuzac ou Thévenoud. Avec la proposition d’une VIe République, JeanLuc Mélenchon a fait siennes toutes les recommandations d’Anticor et de Transparency International. Il propose de supprimer le monopole du déclenchement de poursuites judiciaires par Bercy en cas de fraude et de rendre inéligible à vie tout condamné pour corruption. Il souhaite aussi mettre un terme aux conflits d’intérêts en tout genre : « La monarchie présidentielle, se croisant avec la toute-puissance de l’argent, donne un monstre, une caste qui circule entre les plus hauts niveaux des affaires et les plus hauts niveaux de l’État. La séparation de l’État et de l’argent doit être prononcée. »

10 UN VOTE POUR UNE NOUVELLE EUROPE
Estimant que les « peuples sont soumis à la dictature des banques et de la finance », Jean-Luc Mélenchon propose de renégocier les « traités européens qui nous font obligation de mener des politiques d’austérité, d’abolir l’action de l’État et les investissements publics ». L’objectif est de s’exonérer du TSCG, de refuser tout traité comparable au Tafta et toute régression du droit national en matières sociale et écologique. Il souhaite modifier en profondeur le rôle de la Banque centrale européenne et mettre au pas la finance. Élu président, il convoquerait une conférence européenne de renégociation des dettes. En rupture avec l’austérité, il défend la relance de l’investissement, à hauteur de 100 milliards d’euros pour la France. Cette solution amènerait à terme à une hausse des recettes publiques (+190 milliards) et à une réduction du déficit et de la dette, preuve, en cas de succès, de l’absurdité totale des politiques actuellement imposées par la Commission européenne.

par Julia Hamlaoui et Aurélien Soucheyre dans l’Humanité du 21 avril

JEAN ZIEGLER, MEMBRE DU COMITÉ CONSULTATIF DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME À L’ONU, ESTIME QUE JEAN-LUC MÉLENCHON EST « LE SEUL CANDIDAT QUI A UN PLAN PRÉCIS POUR REMETTRE L’ONU EN MARCHE ». POUR LE SUISSE, « SES IDÉES SUR LA SÉCURITÉ COLLECTIVE, LA SORTIE DE LA FRANCE DE L’OTAN ET LE RENFORCEMENT DES DROITS DE L’HOMME SONT TOTALEMENT PROMETTEUSES ».

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