International

Les origines du conflit Israël/Palestine :

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D. de Villepin dans le Monde Diplomatique de dec 14 : l’impasse militariste

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Ukraine : Entre « révolution » et déstabilisation, l’erreur occidentale

Par Jean Geronimo, spécialiste des questions géostratégiques russes, université Grenoble-II, Aout 2014

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Ukraine : Les vrais enjeux 

 
Sous le titre « Ukraine : ce que l’Europe refuse de voir », un article du quotidien (décembre 2013) La Tribune donne une analyse des événements de Kiev bien éloignée du discours stéréotypé de la plupart des médias occidentaux. Pour l’auteur, vouloir défendre les « bons manifestants » de Kiev contre le « mauvais pouvoir tyrannique » du président Viktor Ianoukovitch révèle une vision caricaturale de la situation…

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Cuba : Le blocus condamné pour la 22e fois par l’ONU (2013)

Israël et les USA, deux pays qui ne respectent pas les résolutions de l’ONU.

Ça bouge en Amérique latine !

Dans une grande diversité de formes, le mouvement populaire latino-américain transforme ses luttes en expériences gouvernementales. Cette diversité s’exprime dans les stratégies adoptées et dans les formes d’affronter les défis que les réalités nationales imposent.

Les années sombres de la répression exercée par les dictatures et régimes autoritaires avaient désarticulé et affaibli la gauche et des organismes comme le FMI avaient réussi à imposer des politiques libérales qui ont aggravé la pauvreté et ont creusé les inégalités tout en permettant aux transnationales de s’approprier des richesses du continent. Ces peuples relèvent la tête. Le mouvement populaire et les partis de la gauche transformatrice se renforcent et des acteurs nouveaux apparaissent sur la scène politique. Des syndicats sont créés et les paysans sans terre s’organisent sur tout le continent, le mouvement indigène redonne leur dignité à des populations exclues depuis des siècles de la vie politique, les habitants des quartiers populaires organisés deviennent des interlocuteurs des nouveaux gouvernements progressistes. Tout en se réclamant des expériences historiques de la gauche latino-américaine, ces forces populaires montrent une grande créativité dans la conception des stratégies et une grande capacité à inventer des nouvelles formes de démocratie.

Les expériences en cours nous montrent qu’il est possible de penser l’alternative en termes nouveaux dépassant les schémas classiques utilisés par le monde progressiste jusqu’ici. L’adoption de nouvelles Constitutions ouvre la voie à l’exercice des formes participatives de la démocratie et à la réappropriation des ressources naturelles que les transnationales exploitaient jusqu’ici sans que les peuples bénéficient des richesses produites.

En Argentine, en Equateur des gouvernements tombent sous la pression populaire. Au Brésil et en Uruguay des coalitions de gauche avec la participation des communistes arrivent aux gouvernements après des longues années d’effort pour construire une alternative. En Bolivie les mouvements sociaux transforment leurs luttes contre la privatisation de l’eau et pour la nationalisation des hydrocarbures en victoire électorale et plus que jamais, parce qu’il faut s’assurer de la réussite des expériences gouvernementales en cours, les mouvements sociaux restent dans l’action en essayant de peser dans les rapports de forces créés.

En nationalisant les hydrocarbures, le gouvernement d’Evo Morales met en question les discussions en cours au sein de l’OMC et les conditions que l’Union européenne veut imposer dans ses négociations avec les pays latino-américains, notamment celles qui les obligent à privatiser des secteurs stratégiques et à adopter des législations qui excluent toute possibilité d’expropriation. La résistance face aux politiques libérales s’est convertie en une force de proposition qui dépasse le cadre national. La puissance des États-Unis est questionnée dans ses projets de domination continentale grâce à la mobilisation et à la volonté de faire avancer une intégration des pays latino-américains fondée sur la coopération.

L’unité rêvée par Simon Bolivar est peut-être en train de naître en ce début de siècle.

(Obey Ament, journaliste Relations internationales)

Amérique Latine

L’Amérique Latine est-elle en train de se débarrasser de la tutelle de Washington ?

Le rêve de Simon Bolivar…

Par Jean Ortiz, Universitaire. Décembre 2011

La Celac (Communauté des États latino-américains et des Caraïbes) vient de naître à Caracas, sans les États-Unis. L’événement est vraiment historique. Le chantier de l’intégration continentale a franchi une nouvelle étape.

Deux cents ans après les proclamations d’indépendance, 33 pays, hétérogènes, réunis à Caracas les 2 et 3 décembre 2011 (presque tous leurs chefs d’État étaient présents), ont commencé à matérialiser le slogan « l’Amérique latine aux Américains » (du Sud), que le président Roosevelt lança au début du XXe siècle avec une tout autre signification : l’Amérique (du Sud) aux Américains (du Nord). Certes, le chemin sera encore long vers une intégration sans la tutelle de Washington, mais les vents ont tourné.

La déclaration du sommet fondateur de Caracas fixe le but final du processus : une « grande patrie », le vieux rêve de Bolivar, de José Marti, des « libertadors ». La Celac disposera, pour ses débuts, d’une structure légère, d’une troïka de direction (Chili, Venezuela, Cuba), qui fonctionnera entre chaque sommet annuel, et les décisions seront prises par consensus la première année et aux quatre cinquièmes des voix ensuite. Elle n’aura cependant pas de budget propre, ce qui limitera dans un premier temps ses pouvoirs. Les médias latino-américains soulignent le « rôle moteur » du président Chavez et l’importance de la « course de fond engagée ». L’Alba (Venezuela, Cuba, Équateur, Bolivie, Nicaragua et quelques petits États des Caraïbes) aurait souhaité aller plus loin dans les structures et les moyens de l’intégration, mais le bilan reste néanmoins significatif des nouveaux rapports de forces et du recul de l’hégémonie des États-Unis.

Certes, au-delà des bonnes intentions, les contradictions et obstacles seront nombreux à dépasser :

– poids continental et ambitions régionales et internationales du Brésil,

– influence de Washington sur les gouvernements conservateurs (Mexique, Chili, Colombie, Honduras, Panama),

– contre-offensive des États-Unis (coup d’État au Honduras, ingérences multiples en Colombie, en Équateur, provocations contre Cuba…), tentatives redoublées de déstabilisation du Venezuela bolivarien…

– persistance de l’OEA (Organisation des États américains), créée jadis pour servir de « ministère des colonies » aux États-Unis et aujourd’hui affaiblie. L’un des objectifs de nombreux pays de la Celac est, à terme, de la substituer. Un bras de fer et une course de vitesse sont désormais engagés. Les résultats des récentes consultations électorales consolident les processus démocratiques en marche. L’élection présidentielle vénézuélienne, à l’automne 2012, constitue pour tous, d’ores et déjà, un enjeu de la plus haute importance, marqué par l’état de santé du président Chavez, qui soigne un cancer grave. Pendant que les chefs d’État dessinaient un avenir indépendant, quelques centaines de manifestants, beaucoup de dames des beaux quartiers, comme jadis au Chili de Salvador Allende, manifestaient dans les rues de Caracas en tapant sur des casseroles. « On a faim ! »… de pouvoir. Ceux-là préparent la revanche de classe.

Tous les chefs d’État – certains sans doute moins spontanément que la plupart –, à l’instar de l’Équatorien Correa, ont insisté sur ce « pas en avant » vers une véritable indépendance, vers une coopération économique équitable, un dialogue souverain, la résolution des conflits sans la tutelle du puissant voisin du Nord, etc.

En 1904, le poète nicaraguayen Ruben Dario écrivait à Malaga : « Vous êtes les États-Unis, vous êtes le futur envahisseur de l’Amérique qui a du sang indien… » L’Amérique du Nord est intervenue militairement à près de 200 reprises dans l’histoire de ce qui fut son « arrière-cour ». Les temps ont bien changé. Même si l’impérialisme cherche à reprendre la main, le continent lui échappe. De nombreux pays sont des laboratoires de changements sociaux et démocratiques. 
On débat, on tâtonne, autour du « socialisme du XXIe siècle », sans tabou…

Le 13 juin 1826, Simon Bolivar, dans une lettre au « libertador » Santander, affirmait prophétiquement : « Les États-Unis semblent destinés par la providence à répandre dans notre Amérique des misères au nom de la liberté. » Aujourd’hui, « notre Amérique », au nom de la liberté, combat la misère et la dépendance. Avec volonté politique, renforcement de l’État, des services publics, redistribution, stabilité, croissance, efforts en matière de santé et d’éducation, et des progrès sociaux reconnus par la plupart des observateurs et spécialistes.

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AFRIQUE


Décembre 2013 –

A l’occasion du décès de Nelson Mandela, Achille Mbembe nous parle de l’Afrique (racisme, colonialisme, interventions militaires,…)

Interview d’Achille Mbembe

Amath Dansokho : « Derrière les guerres en Afrique, la guerre économique »

Le Sénégalais
 Amath Dansokho
 est une figure de la gauche africaine. Ministre d’État, l’ancien secrétaire général du Parti 
de l’indépendance et du travail, réputé pour son franc-parler, décrypte les engagements militaires français 
sur le continent.

Avec l’opération «Sangaris» en Centrafrique, la France est une nouvelle fois engagée militairement sur le continent. Comment jugez-vous cette posture de gendarme de l’Afrique?

Amath Dansokho. Apparemment, c’est pour la bonne cause… Ces pays, le Mali, puis la Centrafrique, étaient confrontés à des situations catastrophiques. Il fallait une force pour enrayer le cycle des violences de masse. Dans ces circonstances, la France est apparue comme une force luttant contre des tortionnaires, des assassins de la pire espèce. Dans le cas du Mali, on voit mal quelle autre force organisée et puissante aurait pu arrêter l’avancée des djihadistes, des forcenés qui veulent imposer leur modèle de société par la mort et la violence. C’est ce qui explique le large soutien apporté à l’opération « Serval » au moment de son déclenchement. Pas seulement au Mali : tous les pays du Sahel étaient menacés. Nous remercions donc la France. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. On le voit bien, aujourd’hui, les inquiétudes sont exprimées par le président malien lui-même. D’autres chefs d’État, que je connais bien, estiment eux aussi que le jeu de la France est trouble. Pourquoi protège-t-elle certains groupes armés dans le nord du Mali ? On a l’impression que se trame, là, la création d’un État croupion qui permettrait l’exploitation des immenses ressources minières, énergétiques de cette zone, au détriment du Mali. Il y aurait un pouvoir central formel mais, dans les faits, la réalité des relations économiques serait entre les mains de ces groupes armés qui négocieraient avec les puissances occidentales. 
Ce serait très grave.

Dans le cas de la Centrafrique, la question des ressources naturelles entre-t-elle aussi en ligne de compte?

Amath Dansokho. Le contexte, les modalités sont peut-être différents mais les enjeux restent les mêmes. Ce qui se joue là-bas, c’est un affrontement très violent impliquant des États de la région. Le conflit n’aurait probablement pas connu cette intensité si des acteurs comme la Chine, ou encore l’Afrique du Sud, ne s’étaient pas aventurés dans une zone considérée comme relevant du « pré carré » français. Certaines grandes puissances estiment que l’Afrique du Sud doit rester au Sud et se tenir éloignée des affaires du continent… Les mêmes jouent habilement la carte du Nigeria contre celle de l’Afrique du Sud, en faisant miroiter un siège africain permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, pour tenter de contenir les prétentions de Pretoria. La Centrafrique est un pays immensément riche. Le régime soudanais a, surtout depuis la proclamation de l’indépendance du Soudan du Sud, des visées sur ce pays. Le président déchu, François Bozizé, a joué sur tous les tableaux. Il a conclu des accords avec Khartoum, comme il en a conclu avec les Chinois et les Sud-Africains. C’est avec cette toile de fond qu’il faut analyser la grave crise que traverse aujourd’hui la Centrafrique, ballottée par des puissances aux intérêts contradictoires. La Séléka s’est constituée avec des individus sans projet, sans la moindre maturité politique, ne connaissant que le langage des armes et facilement manipulables. Une fois le chaos installé, la France s’est proposée d’intervenir. Mais il ne faut jamais oublier que toutes ces guerres sur le continent africain, dont nous ne sommes que les acteurs apparents, dissimulent des enjeux économiques.

Comment expliquer que des États puissent s’effondrer comme des châteaux de cartes?

Amath Dansokho. Ce sont des États artificiels qui, en réalité, n’ont jamais eu d’armature politique et sociale forte. Ils ne sont pas nés d’un processus interne. Ce sont des puissances extérieures qui se sont partagé des sphères de domination, sans considération pour les peuples et l’histoire longue des territoires concernés. Les formes étatiques que nous connaissons sont typiquement issues de la colonisation, avec de vastes zones sous-administrées.

Au Sénégal, lorsque le clan Wade accaparait le pouvoir, le pays aurait pu, lui aussi, sombrer dans la violence. Cela ne s’est pas produit. Macky Sall doit au contraire son élection à un vaste mouvement citoyen. Comment jugez-vous les premiers pas de ce gouvernement?

Amath Dansokho. Certains parlent « d’exception sénégalaise ». Je suis beaucoup plus prudent, nous ne sommes pas à l’abri de convulsions catastrophiques si nous ne faisons pas preuve de sagesse. Chez nous, l’alternance a été préparée longtemps à l’avance par des forces politiques mûres, enracinées. Il existe au Sénégal une culture, un patrimoine démocratique que nous avons mis à profit pour discuter, rapprocher les points de vue. À défaut de candidat unique, nous avons quand même élaboré un programme commun. C’est ce qui nous a permis de surmonter les difficultés. Il était hors de question d’engager le pays sur la voie de la guerre civile. Cela a été affirmé clairement. Les urnes ont parlé, Abdoulaye Wade, isolé, sans soutien dans l’armée, n’a pas eu d’autre choix que de se plier à ce verdict démocratique. Désormais, il nous faut rompre avec les pratiques du passé, poursuivre la lutte engagée contre la corruption, continuer d’instruire les dossiers des biens mal acquis. Mais cela ne suffira pas si l’on ne traite pas les problèmes auxquels sont confrontés les Sénégalais. La crise sociale continue de faire des ravages. Avec la religion universelle qu’est devenu le capitalisme, on a encouragé l’émergence d’oligarchies bâties sur le détournement des ressources publiques. Parallèlement, on a démantelé les services publics, plongé les populations dans la misère. Tous les équilibres ont été rompus, les États, eux, sont menacés de désintégration. C’est cela, le résultat des politiques libérales imposées par les bailleurs de fonds, FMI et Banque mondiale en tête.

Le Sénégal peut-il échapper à la montée de l’islamisme?

Amath Dansokho. La crise fait son œuvre et les gens sont révoltés par la conduite des puissances occidentales, par leur arrogance et leur négation des droits des êtres humains à la vie. C’est cela qui alimente cette révolte aux formes monstrueuses. Cela existe chez nous. Au Sénégal domine un islam confrérique. Mais les jeunes sont de plus en plus sensibles aux discours de prédicateurs islamistes.

Les ânes ont soif

Voilà comment les médias traitent un président démocratiquement élu (l’Equatorien CORREA) quand il n’est pas à la solde de l’impérialisme.
> Une vidéo de 43 minutes réalisée par Pierre Carles 
> Au tableau d’honneur (ou plutôt d’horreur) des chiens de garde, une mention particulière pour Yvan LEVAÏ.
>  

et l’article du Monde Diplomatique de déc 2013 auquel on fait allusion dans le film
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/12/CORREA/49902

Evo Morales, son socialisme reconnu efficace

Pour la troisième fois, la Bolivie choisit Evo Morales dès le premier tour.

La majorité des six millions d’électeurs se sont montrés reconnaissants envers cet ancien berger de lamas qui a su amener la Bolivie à une stabilité politique et économique sans précédent.
« Aujourd’hui nous sommes dignes. Plus jamais nous ne serons mendiants, ni humiliés », aime-t-il à répéter après neuf ans à la tête de ce pays. 
Le dirigeant de gauche a dédié cette victoire électorale à ceux qui « luttent contre l’impérialisme », notamment « à Fidel Castro et à Hugo Chavez ».« Merci pour ce nouveau triomphe du peuple bolivien », a-t-il lancé depuis le balcon du palais présidentiel.Les jeunes ont participé à la victoire à l’élection présidentielle de dimanche d’Evo Morales, qui signe le succès des bouleversements sociaux à l’oeuvre.C’est un profond sentiment de libération de nos peuples hier encore soumis à l’impérialisme et au capitalisme. C’est le triomphe de l’anticapitalisme et de l’anti-impérialisme », a déclaré le chef de l’État.La campagne avait opposé deux projets de société. « Les privatisations », d’un côté, défendues par l’arrière-garde de droite, et « les nationalisations des hydrocarbures », entreprises sous les précédents mandats du président et qui ont constitué le levier de financement des politiques sociales, réduisant ainsi l’extrême pauvreté (38 %, contre 18 %). « Ce sont les nationalisations qui ont gagné », s’est réjoui Evo Morales. De ce fait, depuis son accession au pouvoir, en 2006, le MAS « a enregistré sept triomphes électoraux, dont quatre à plus de 60 % », a-t-il rappelé. Avec son exécutif, ils auront les coudées franches pour accélérer les transformations nécessaires afin d’extirper la Bolivie de son rang de pays appauvri. Et ce d’autant plus que la fronde droitière, voire raciste, de l’est du pays, impulsée par l’oligarchie latifundiste, à l’origine de référendums sécessionnistes il y a quelques années, s’est finalement rangée derrière « la révolution démocratique et culturelle ».