Épouvantable tuerie au siège de Charlie Hebdo : c’est la liberté qu’on assassine !

 Pour la liberté d’expression !
Contre la haine et ceux qui la fabriquent (à tous les niveaux)Morlaix_7janv14

Ce mercredi 7 janvier 2015 restera à jamais un jour de stupéfaction, de deuil et de colère pour notre pays.

En fin de matinée, douze personnes (dont deux policiers en fonction de protection) ont été massacrées à l’arme automatique, sans doute par trois terroristes islamistes, au siège de Charlie Hebdo. Les dessinateurs Cabu, Charb, Tignou, Wolinski ont été tués.

Vingt personnes sont blessées, dont quatre grièvement.

Les journalistes de l’hebdomadaire satirique étaient menacés de mort et protégés par la police et les RG depuis l’affaire des « caricatures de Mahomet » (2006), qui avait commencé par la publication de caricatures danoises, dont certaines furent considérées comme islamophobes.

A l’époque, certains critiquaient le contenu de ces dessins, l’intention stigmatisante ou blessante qu’il pouvait y avoir à leur faire de la publicité dans un contexte d’islamophobie et de xénophobie montantes, d’autres mettaient en avant, avec raison, les principes démocratiques fondamentaux de la liberté d’expression (tant qu’on appelle pas à la haine raciale et que l’on ne remet pas en cause la dignité humaine) et de la laïcité, qui rend inviolable le droit à la critique de la religion ou au discours laïc et satirique sur la religion.

Menacer de mort des journalistes en raison d’un prétendu crime d’opinion ou de blasphème était de toute façon une atteinte terrible à la liberté humaine et aux droits de la raison qui ne peut aucunement se justifier et sentait bon son moyen-âge obscurantiste. La censure et l’auto-censure en la matière sont aussi en eux-mêmes des renoncements.

Aujourd’hui, on attaque la liberté, la démocratie dont le journalisme indépendant est le symbole et le garde-fou, au nom d’une vision totalitaire et ultra-réactionnaire de la religion.

Cet attentat sans précédent en France contre un journal remplit de dégoût et de crainte.

Un dégoût et une crainte vis à vis de ce fanatisme religieux et politique qui repose sur la bêtise et l’ignorance et qui débouche sur la barbarie.

Une peur aussi des conséquences que cet attentat peut avoir dans un contexte de montée des idées d’extrême-droite et de la stigmatisation de l’Islam et de la présence immigrée en France: certains vont chercher à souffler sur les braises du racisme et de l’intolérance. Face à la montée des préjugés et de la haine, nous avons à retrouver les voies de la fraternité, de la connaissance de l’autre, et du vivre ensemble républicain.