FN-LePen

Front National, des vérités à connaitre, ne pas se laisser duper !

  • Une extrême droite réelle
  • Un programme économique ultralibéral
  • Mouillés jusqu’au cou
  • Documents, argumentaires

Extrême-droite bien réelle

— racisme, exclusion

Marine Le Pen agite l’idée d’une « invasion massive » des immigrés dans son discours. C’est encore une diversion de plus pour diviser, créer des peurs infondées et détourner l’attention des vrais problèmes.
De plus, l’immigration n’est pas un coût pour la France. Si, en 2009, les immigrés ont reçu 48 milliards de l’État, ils lui en ont rapporté 60 en impôts et cotisations sociales, soit un solde positif de 12 milliards.

— atteintes aux libertés

Restreindre le droit de grève et de manifester. S’attaquer aux syndicats trop revendicatifs, etc..

— militarisation, autoritarisme

Marine Le Pen l’avait annoncé au Monde quelques jours avant ses assises de Lyon, elle entend augmenter immédiatement, si elle est élue, le budget de la défense à 2 % du produit intérieur brut, contre 1,5 % aujourd’hui, pour arriver à 3 % en 2022.
Quant aux forces de l’ordre, on notera que le « réarmement » proposé ne s’entend pas seulement sur les plans humain et matériel, mais aussi « moralement et juridiquement (notamment par la présomption de légitime défense) ». En clair, l’élargissement du champ de la répression autorisée par une police que l’on promet plus et mieux armée : la porte ouverte aux bavures et au sentiment d’impunité des forces de l’ordre porteuses de graves dérives pour un État dit de droit.

— contre l’indépendance de la justice

Le FN veut mettre la justice sous le contrôle de l’exécutif, ce qui ouvre la porte à tous les excès selon le bon vouloir des dirigeants du moment.

— idées rétrogrades

Le souci de la famille stéréotypée est également visible dans la proposition de « mettre en œuvre une politique nataliste »… « réservée aux familles françaises ».

— danger pour la démocratie

Marine Le Pen est, en février 2017, la seule dirigeante politique à ne pas condamner la violence policière avec viol à Aulnay sous Bois, ce n’est pas un hasard, elle a de qui tenir…

Dans les villes dirigées par des élus du Front National, Beaucaire, Hayange, Henin-Beaumont, etc.. les actes d’intolérance et d’exclusion sont monnaie courante. Des organisations comme le Secours Populaire sont considérées comme malvenues.

Lire L’illusion nationale de Valérie Igounet, Vincent Jarousseau, aux éditions Les Arènes (forme roman photo)

— qui les Le Pen fréquentent-ils ?

avec Geert Wilders, extrême droite néerlandaise
avec un panel de dirigeants de l’extrême droite européenne

Et Marine Le Pen ou sa nièce n’hésitent pas à fréquenter ou à soutenir les milieux fascistes en Europe, on y voit des groupes arborant le drapeau nazi ou la croix gammée, les liens avec le GUD sont aussi courants, malgré une volonté de discrétion en France.

Mars 2017 : Un livre d’enquête accable la candidate FN, « Marine est au courant de tout ». Lire l’article de Mediapart en cliquant sur ce lien

Télécharger le texte en PDF

GUD
Pour ceux qui auraient la mémoire courte Marine le pen en compagnie de Franz Schönhuber, ex-waffen SS de la division Charlemagne

« Soirées nazies » : le témoignage qui accuse, un article de Mediapart du 15 mars 2017

La « GUD connexion « , l’équipe bis de Marine Le Pen, un article de Mediapart du 15 mars 2017 

— se souvenir de l’histoire : l’extrême droite et le fascisme n’ont apporté que des drames

« Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde » : d’après B.Brecht

Il est difficile de sensibiliser les plus jeunes aux méfaits du fascisme lors du 20e siècle, ils n’ont évidemment pas vécu ces périodes. Mais la « peste brune » n’est pas morte. Il faut se souvenir du passé : Allemagne d’Hitler, Espagne de Franco, Portugal de Salazar, Grèce des colonels, Afrique du Sud de l’apartheid, Chili de Pinochet, guerre d’Algérie, OAS. Et voir certains pays voisins : Ukraine, Israël, Turquie…

Le FN démasqué par l’histoire, bulletin CGT 29, article rédigé par Joël Hedde et Robert Salaün (Institut d’histoire sociale CGT)

Matin brun, de Franck Pavloff, une petite fable de 11 pages rédigée au moment des élections régionales de 1998 quand des élus de droite ont annoncé leur alliance avec le FN. Décrit la montée d’un Etat totalitaire et la lâcheté quotidienne des deux héros face à cette montée.. (de la « peste brune »)

Se souvenir aussi du fameux poème de Martin Niemöller dont la version la plus connue est la suivante :

« Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester


Programme économique ultralibéral

— anti-social

Sous un discours récupérateur la fille Le Pen dévoie les mots de la gauche, une imposture grossière, mais qui hélas prend chez certains

En réalité moins d’un ouvrier sur 7 a voté FN en 2015, par Gérard Mauger, directeur de recherche au CNRS, 6 fév 2017

 Dans ses discours elle ne manque pas de dénoncer les spéculateurs et les marchés financiers, mais rien dans son programme pour s’y attaquer ! Bien sûr. Rien sur les entreprises responsables de 80% de la fraude sociale. Rien sur les exonérations accordées au grand patronat.
Aucun salarié, aucun retraité n’a intérêt à voter pour le FN dont la première fonction est de diviser et de diriger la colère contre les autres, collègues, voisins… surtout lorsqu’ils sont étrangers ou fonctionnaires.

— rétrograde

Soutien aux intégristes catholiques, aux identitaires.. Réactivation des idées les plus réactionnaires.

Le programme Le Pen 2017 au scanner de Mediapart (23 mars 2017)

Vous avez tout faux, Madame Le Pen ! par Jean-Christophe Le Duigou, économiste et syndicaliste


Mouillés jusqu’au cou

— milliardaires

le château de famille, dans le parc de Montretout à St Cloud

L’opulence immobilière de Marine Le Pen épinglée par le Canard Enchaîné

— impliqués dans de nombreuses « affaires »

Oui, le FN est un parti mouillé jusqu’au cou
Publié le 3 février 2017 par Front de Gauche de Pierre Bénite

Le Parlement européen réclame au total un million d’euros au parti de Marine Le Pen.
Comment parler du FN ? La question n’est pas nouvelle. On a d’abord dénoncé, alerté, diabolisé. Cela ne fut pas inutile, beaucoup de citoyens ont réagi, ont refusé de se laisser berner comme en témoignent les seconds tours des régionales de 2015 qui ont vu le FN ne pas prendre la direction des régions où il était pourtant donné gagnant à l’issue du 1er tour!

Mais cela reste insuffisant et peu efficace. Il ne s’agit pas de renoncer, surtout pas, mais de chercher à comprendre pour intervenir aux endroits où cela fait mal avec les bons mots et les bonnes formulations.

Pourquoi une partie de l’électorat (de l’ordre de 15 à 20%) a basculé vers l’extrême droite, pourquoi une partie des classes populaires, des ouvriers, des Français les plus vulnérables ont fait ce choix, pourquoi l’électorat de droite considère le vote FN comme alternatif quand la droite dite républicaine ne joue plus son rôle et pourquoi certains partis dits traditionnels sont devenus inaudibles… Il faut comprendre tout cela et continuer à le faire.

Grâce à des médias conciliants, le FN a pu s’installer dans le paysage politique. Et à force de ne plus jeter l’opprobre au nom de l’inefficacité, certains ont fini par laisser faire par ce parti ce qu’ils prétendent inacceptable des autres, il en est ainsi de la malversation de l’extrême droite rarement atteint dans notre histoire politique !

Cette malhonnêteté est une réalité avérée, avec des faits établis qui glissent sur le FN comme l’eau sur les plumes d’un canard. Avec une vie politique ultra-médiatisé et surinformé, il est étrange que certaines vérités ne fassent pas leur chemin. L’exemple le plus flagrant est la différence de traitement entre l’affaire Fillon et celle de Le Pen qui n’est pas moins grave. Les deux se déroulant pourtant simultanément.

Ainsi, en dépit de multiples procédures judiciaires ou parlementaires diligentées contre lui, le FN est épargné par les médias, ce qui lui donne la fausse image d’une formation politique qui ne serait pas impliquée par les affaires au moment même où les Français ne veulent plus de manquement à l’éthique en politique comme cela est démontré dans l’affaire Fillon.

C’est une arnaque incroyable ! Cela est possible parce que l’adhésion à certaines thèses de l’extrême droite relève soit de la désespérance soit de la colère plus que de la raison ou parce qu’elles sont tout simplement banalisées alors que leur dangerosité est immense. Doit-on baisser les bras ? Certainement pas, c’est même le contraire qu’il faut faire!

Ainsi le FN est mouillé jusqu’au cou dans de multiples affaires toutes nauséabondes. Au regard de son petit nombre d’élus, il bat tous les records de la République. Le parti qui se dit anti-système se nourrit pleinement d’un système issu de la 5ème République qu’il y a donc urgence de changer. Les affirmations du FN doivent être combattues car se sont souvent des contre-vérités!

Aujourd’hui, le Parlement européen réclame à Marine Le Pen la restitution de plus d’un million d’euros d’argent public dont l’usage a été jugé frauduleux par le Parlement européen ! C’est l’argent de nos impôts. Des sommes englouties par une brigade d’assistants parlementaires fictifs. Il fallait oser ! Et pourtant elle refuse de rendre cet argent public et personne dans les TV et radios ne crie au scandale comme si c’était normal venant d’elle!

Dans un autre dossier lié au financement de la présidentielle de 2012, le FN lui-même, son vice-président et son trésorier sont poursuivis pour des détournements conséquents. Mais on constate que le silence est de règle dans les bureaux des rédactions alors que les affaires Sarkozy ont fait la une des journaux des mois durant. Il ne s’agit pas de minimiser la gravité des affaires liées à Sarkozy mais simplement de constater qu’il y a une différence de traitement qui n’est pas notre avis innocente. Certains s’évertuent à porter Le Pen vers la présidentielle tout en connaissant le danger de ses propositions pour la démocratie, le niveau social du pays et l’unité de notre peuple.

Marine Le Pen, est empêtrée dans une enquête parlementaire après avoir sous-estimé sa déclaration de patrimoine auprès des Français. Quant à son père, il est mis en cause pour dissimulation d’une partie de son pactole en Suisse !

Pour un peu, François Fillon, son épouse Pénélope, Nicolas Sarkozy et Jérôme Cahuzac feraient figures d’enfants de chœur.

Tel est donc le vrai visage du FN, parti de la triche dont l’influence croît à chaque scrutin. Et pourtant les français massivement condamnent la triche des politiques ! Vous avez dit paradoxe ?

Sources Nouvel Obs

3 affaires chez Le Pen – Le Monde février 2017 – cliquer sur ce lien

Le document qui accable Marine Le Pen dans Médiapart 16 février 2017

Fausse déclaration de patrimoine – Nouvel Obs 2015

Panama papers – Le Monde 2016

Ouest France 10 février 2017

Ouest France 1er février 2017
Babouse, dans l’Humanité du 13 février 2017

Proches du peuple ?

– – un mépris total pour les classes laborieuses

La vérité sur le programme du FN, dans l’Humanité du 6 février 2017

— une régression pour la cause des femmes

Il s’agit de renvoyer la femme au foyer, de ne plus rembourser l’IVG, bref de traiter la femme comme le font ceux qu’elle dénonce…

Une vidéo de 11 minutes sur les rapports entre l’extrême droite et le syndicalisme.


DOCUMENTS – ARGUMENTAIRES

Pour aller plus loin :

  • Front national, l’imposture. Droite, le danger. 20 répliques à leurs programmes, de Pierre Laurent, Alain Hayot, Marc Brynhole, Éditions de l’Atelier, sortie le 9 mars 2017.
  • Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde, décryptent les populismes de droite  http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/
  • Alain Mergier et Jérôme Fourquet : Le point de rupture : enquête sur les ressorts du vote FN en milieux populaires, Fondation Jean Jaurès
  • Jean-Yves Camus, Erwan Lecœur, Alain Hayot : Combattre le Front national de Marine Le Pen, Le cahiers du LEM, vol. 2. : http://lem.pcf.fr/13216
  • Le film « Chez Nous » de Lucas Belvaux, sortie fin février 2017
  • Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Marine Le Pen, Grasset.
  • Caroline Monnot et Abel Mestre, Le Système Le Pen : enquête sur les réseaux du Front national, Denoël.
  • Les Faux-semblants du FN : un ouvrage salutaire. Octobre 2015 « Sociologie d’un parti politique », ouvrage collectif, Presses de Sciences-Po
  • Cécile Alduy et Stéphane Wahnich : Marine Le Pen prise aux mots, décryptage du nouveau discours frontiste, au Seuil
  • Les Classes populaires et le FN, livre coordonné par Gérard Mauger et Willy Pelletier, Éditions du Croquant, collection « Savoir/Agir », 18 euros pour le livre, 14 euros pour l’e-book.
  • Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées. Seuil, 2014.

Quand même quelques bonnes nouvelles

Quand même quelques bonnes nouvelles ces dernières semaines, ne boudons pas notre plaisir.

  • Hollande viré, la sanction d’un quinquennat désastreux, du libéralisme « de goche »
  • Sarko viré, et accroché aux casseroles
  • succès du film Merci Patron
  • succès du film La Sociale, et ça continue
  • Fillon pénélopé
  • Macron en redressement fiscal, pas glorieux pour le valet des banques
  • Le Pen empêtrée dans des dettes au Parlement européen, plus possible de passer pour Mme Propre
  • Manuel valse, la condamnation sans appel de la loi travail, du 49.3, de la répression policière

Alors espérons beaucoup de bonnes nouvelles en Février..

Le FN, parlons-en !

 FauxSemblantsFN_2015Les Faux-semblants du FN : un ouvrage salutaire. Parution Octobre 2015

« Sociologie d’un parti politique », ouvrage collectif, Presses de Sciences-Po

Salutaire parce que ses 21 auteurs passent la formation d’extrême droite au crible des sciences politiques, de la sociologie, de la statistique. Parce qu’ils démontent les clichés véhiculés par les médias. Ils donnent du même coup des outils de combat.


 

Philippe TorretonDans l’Humanité du 2 novembre 2015 Philippe Torreton démonte le FN

Le programme du FN est un non-sens, c’est un suicide collectif !
Si on ignore cela, on est complice…

Extrait :   « ….. On peut ergoter longtemps sur le ras-le-bol des citoyens, sur ce sentiment d’abandon qui pousserait à voter sévère, à voter amer, à voter à l’envers. J’affirme que le chômage a le dos large, que les difficultés économiques n’empêchent pas de réfléchir, que la déception, voire la désillusion politique, la défiance ou l’écœurement envers les partis majoritaires, n’interdit pas de rester un être humain généreux et fraternel…… »

Télécharger l’article complet en PDF

 

La fille Le Pen normalise le discours FN en dévoyant les mots de la « gauche »

Lien vers l’interview de Cécile Alduy, coauteur du livre « Marine Le Pen prise aux mots »

Le point de vue de Jean-Pierre Darroussin, acteur : 
Question de l’Huma Dimanche : En 1997, dans « Marius et Jeannette », vous campiez le rôle de Dédé, ouvrier électeur FN. Comment expliquez-vous la percée du FN ?
J-P Darroussin : Le FN progresse depuis 1983. Tout est dit. C’est le résultat d’un abandon et d’une gauche qui n’est plus la gauche. Il devient difficile pour les travailleurs de se situer. Le FN a beau jeu de faire l’amalgame PS-UMP, de se faire passer pour les pourfendeurs de l’union sacrée du grand capital. La gauche n’a jamais été au pouvoir. Jamais…depuis…depuis le Front populaire (sourire). Jamais il n’y a eu de politique de gauche. Et chaque fois que le PCF ou les Verts se sont alliés à cette soi-disant gauche, la désillusion pour le peuple a été plus grande encore.

 

Lectures

sansdomicilefisc_bocquetSans domicile fisc – Sortie Septembre 2016 Editions Cherche Midi

Évasion, optimisation fiscale et fraude font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d’euros au budget de la France et plus de 1 000 milliards en Europe. Conséquences de la lutte molle de nos gouvernements, l’école, la culture, l’hôpital, la justice, les équipements publics, les collectivités perdent des moyens pour répondre aux besoins des citoyens. Cette austérité qui mine l’État gangrène la démocratie et ouvre la porte à l’extrémisme.

Publié aux éditions du Cherche Midi (et disponible en version numérique), l’ouvrage intitulé « Sans domicile fisc » co-signé par le sénateur Eric Bocquet et son frère, le député Alain Bocquet, s’est déjà vendu à plus de 10 000 exemplaires. Voici 8 citations extraites de cet ouvrage, objet de nombreux débats en France en présence de ses auteurs. Des témoignages qui incitent à la lecture, mais surtout à lutter plus efficacement contre la fraude et l’optimisation fiscale.

1. «Le sujet de l’évasion fiscale est, à l’origine, un sujet non criminel. Il naît de l’idée qu’un État dispendieux et non organisé ferait peser une pression fiscale insupportable sur de pauvres contribuables qui cherchent à échapper à la pression… Ceci fournit au fraudeur des excuses, et en général une certaine compassion sociale ». Alain Bauer, criminologue.

2. « …moins de 1% des gens, détenteurs de gros capitaux financiers ou productifs, peuvent plus ou moins décider du sort des autres, de leur emploi et de leurs revenus. Des décennies de luttes sociales ont permis de limiter l’arbitraire et de construire des cadres devant s’imposer à tous. Mais de façon permanente, les mêmes détenteurs des plus gros capitaux cherchent à s’affranchir de ces règles collectives relatives à la progressivité de l’impôt, à la protection sociale à but universel, au droit du travail, aux normes environnementales, etc. ». Jean Gadrey

3. La loi Suisse sur le secret bancaire : « Ce fut en 1934. Non pour protéger le patrimoine de membres des communautés juives de la convoitise nazie, mais en réaction contre la France, dont la police avait, deux ans plus tôt, surpris le versement illicite de coupons et de dividendes non déclarés dans les locaux d’une banque bâloise à Paris ». Les frères Bocquet.

4. « Seuls 1,1 à 1,6% des flux financiers mondiaux ont un lien direct avec la production et l’échange de biens et de services », le reste n’est que marchés financiers. Les frères Bocquet.

5. « La plupart des citoyens manifestent une certaine bienveillance pour l’idée qu’on peut en faire passer un peu de côté ! Une attitude assortie d’une résolution, sans doute teintée d’hypocrisie, prétendant que si l’État était bien géré, on consentirait à des efforts, mais… qu’au vu des gaspillages régulièrement dénoncés, on y renonce.» Michel Claise, juge d’instruction auprès du tribunal d’instance de Bruxelles et chargé d’un cabinet financier,

6. « Les évaluations des ONG sont édifiantes : cette situation génère chaque année un manque de recettes de 60 à 80 milliards d’euros pour le budget de la République française, dont le montant total des recettes est de 300 milliards pour 2016. Une perte à comparer avec la trentaine de milliards d’euros de recettes de l’impôt sur les sociétés, ou encore les 73 milliards du déficit budgétaire annoncé pour 2016 ». Les frères Bocquet.

7.  « Je ne pense pas que les citoyens acceptent encore longtemps que les entreprises comme Total, Saint-Gobain, Danone, Suez Environnement, Schneider et autres s’exonèrent en ne payant pas d’impôts en France à dues proportions. (…) La fraude est estimée entre 60 et 80 milliards en 2015, et l’optimisation à près de 66,3 milliards esquivés en 2009… (…) ». Vanik Berberian, président des maires ruraux de France.

8. « On a assisté au repli du grand banditisme traditionnel vers les domaines économiques et financiers. Il s’est converti à ces pratiques très juteuses. L’exemple typique est celui de la ”fraude à la TVA“. (…) La TVA est le plus important des impôts indirects, avec 140 milliards d’euros. Le manque à gagner annuel est évalué à environ 30 milliards par la Commission européenne, soit environ 20% de la première ressource de l’État! ». Vincent Thomazo, contrôleur principal des douanes et secrétaire général du syndicat UNSA-Douanes


DardotLavalComment sortir de la nuit néolibérale.. Par Pierre Dardot, philosophe,  et Christian Laval, sociologue,   Ce cauchemar qui n’en finit pas aux éditions La Découverte. Mai 2016


Mordillat_Brigade_rireGérard Mordillat : La Brigade du rire. Une leçon de politique, une rééducation qui serait bien utile à nos chroniqueurs des médias….

Il y a Kowalski, dit Kol, né en colère. Betty, licenciée de l’imprimerie où elle travaillait. Dylan, prof d’anglais et poète. Les jumelles Dorith et Muriel, pour qui la vie est une fête permanente. L’Enfant-Loup, coureur et bagarreur. Suzana, infirmière en psychiatrie. Rousseau, beau gosse et prof d’économie. Hurel, industriel, lecteur de Marx et de Kropotkine. Isaac le rouquin, distributeur de films, et Victoria que personne n’attendait…

Constitués en « Brigade du rire », par jeu, ils kidnappent Pierre Ramut, l’éditorialiste vedette de Valeurs françaises, et, dans un bunker transformé en atelier, l’installent devant une perceuse à colonne. Forcé de travailler selon ce qu’il prescrit dans ses papiers hebdomadaires – semaine de 48h, salaire de 20% inférieur au SMIC, productivité maximum, travail le dimanche –, Ramut saura désormais de quoi il parle…

Dans une grande fresque tragi-comique, fidèle à son univers – Vive la sociale, Les Vivants et les Morts – Gérard Mordillat parle du monde d’aujourd’hui, de ses injustices, de ses luttes, de ceux qui refusent de se soumettre et se vengent d’un grand éclat de rire.


livre_Europe_experience_grecqueUn livre utile sur les divergences et convergences de la « gauche radicale » en Europe
Europe, l’expérience grecque : le débat stratégique
Ouvrage collectif coordonné par Pierre Khalfa de la Fondation Copernic et Alexis Cukier
Editions du Croquant –> 8 euros
En Grèce se joue aujourd’hui une bataille politique cruciale pour l’avenir de l’Europe. Depuis la victoire électorale de Syriza le 25 janvier 2015 a lieu une tentative inédite pour rompre avec la politique économique néolibérale de l’Union européenne et sortir du carcan mortifère de l’austérité. Les négociations avec l’Eurogroupe et le bras de fer avec la Troïka ont conduit cet été à deux événements politique majeurs : la victoire du non au référendum, puis la signature par le gouvernement grec, sous la pression économique et politique des institutions européennes, d’un troisième Mémorandum. Les réussites et les échecs de cette expérience grecque, ses enseignements pour la gauche de transformation sociale, les nouvelles perspectives internationalistes qu’elles rendent possibles, sont désormais en discussion dans tous les pays européens et particulièrement en France. Cet ouvrage collectif propose de contribuer à ce débat stratégique en confrontant diverses positions concernant les enseignements de l’expérience grecque. Que s’est-il passé exactement en Grèce depuis la victoire électorale de Syriza le 25 janvier 2015 ? Une stratégie alternative (mesures unilatérales, sortie de l’euro, alliances internationales) aurait-elle permis une issue différente ? Comment ont évolué, et pourraient se modifier, les contradictions et les rapports de force dans l’Union européenne ? Comment une rupture avec les politiques austéritaires et néolibérales est-elle possible en Grèce, en France et en Europe ? En prenant position dans ce débat, dix chercheurs, militants et responsables politiques confrontent leurs analyses de l’expérience grecque des derniers mois, leurs évaluations de ses conséquences et opportunités politiques et leurs propositions pour l’avenir de l’Europe.


Une_histoire_populaire_de_l_empire_americainUne histoire populaire de l’Empire américain, en bande dessinée (éditions Delcourt)—> une bonne idée de cadeau
d’après « Une histoire populaire des Etats Unis », d’Howard Zinn

En tant qu’intellectuel, Howard Zinn part de ce postulat : le point de vue traditionnellement adopté par les ouvrages d’histoire est assez limité. Ainsi, il décide de rédiger un ouvrage sur l’Histoire des États-Unis afin d’en offrir une perspective différente : c’est la naissance d’Une histoire populaire des États-Unis. Ce livre dépeint les luttes qui opposèrent les Indiens d’Amérique aux Européens, l’expansion des États-Unis, les révoltes des esclaves contre le système qui les oppressait, les oppositions entre syndicalistes – ou simples travailleurs – et capitalistes, les combats des femmes contre le patriarcat, le mouvement mené par les Noirs contre le racisme et pour les droits civiques, et d’autres parties de l’Histoire américaine qui n’apparaissent pas dans les livres.
Cette adaptation en bande dessinée est remarquable par sa puissance synthétique, qui réussit à n’édulcorer en rien le propos de Zinn ; son découpage et son rythme parviennent à insuffler une vie à ce qui pourrait n’apparaître que comme une somme historique.

Howard Zinn : « Les USA n’ont jamais été une démocratie »


Chomsky_de_la_propagande

Noam Chomsky : De la propagande  Un livre de 2001 mais d’une actualité brûlante en ces temps où le matraquage médiatique bat son plein.

Noam Chomsky, le linguiste américain, ne se contente pas de maudire l’obscurantisme, il allume une bougie pour que nous puissions y voir.
– collection livre de poche 10/18


 

 

 FauxSemblantsFN_2015Les Faux-semblants du FN : Ouvrage salutaire. Parution Octobre 2015

« Sociologie d’un parti politique », ouvrage collectif, Presses de Sciences-Po

Salutaire parce que ses 21 auteurs passent la formation d’extrême droite au crible des sciences politiques, de la sociologie, de la statistique. Parce qu’ils démontent les clichés véhiculés par les médias. Ils donnent du même coup des outils de combat.


 

Stiglitz_grande_fracture Joseph Stiglitz : La grande fracture, sortie Septembre 2015 Voir l’article du 31 août


Fatou Diome. « Je suis là pour gâcher le sommeil des puissants »


Quel dommage que tu ne sois pas plus noire, Yasmine Modestine, Max Milo éditions


 Peuple citoyen par  Jean-Claude Mairal


 livre_noir_banques

Le livre noir des banques 

Des centaines de milliards d’euros : c’est ce qu’ont coûté les plans de sauvetage des banques françaises après le quasi-effondrement du système financier mondial en 2008, pris au piège de ses propres folies spéculatives. Indignation de l’opinion, grandes promesses de régulation : on allait voir ce qu’on allait voir pour recadrer une finance devenue « ennemie ».

Six ans plus tard, où en est-on ? Les banques sont-elles redevenues utiles à l’économie et à la société ? C’est tout le contraire !

 

Nouveau_manifeste_atterresparution 21 janvier 2015, chez votre libraire.

Le site des atterrés


Le coût du capitalle-cout-du-capital

2014 – 6 €               À en croire le gouvernement et les médias, la crise économique que nous traversons serait due au « coût » du travail. Les Français seraient trop payés, ne travailleraient pas assez longtemps et auraient des acquis sociaux trop élevés qui limiteraient la compétitivité des entreprises. Tout dément pourtant cette thèse patronale. Aujourd’hui, lorsque les entreprises font des profits, 80 % sont destinés à rémunérer les actionnaires. Un salarié travaille en moyenne vingt-six jours par an pour les actionnaires, contre neuf jours par an au début des années quatre-vingt. C’est ce coût du capital exorbitant qui détruit l’emploi, qui jette les gens dans la rue, qui ravage la planète. En analysant le coût du capital et ses conséquences, les économistes qui ont contribué à cet ouvrage proposent une critique radicale du capitalisme d’aujourd’hui. Ils permettent ainsi de trouver les formules de son renversement.

Guillaume Etiévant, expert auprès des comités d’entreprise et des organisations syndicales, est secrétaire national du Parti de Gauche à l’Économie et au Travail. Il est membre du bureau de la Fondation Copernic.Nolwenn Neveu, professeure agrégée de sciences économiques et sociales, est coprésidente de la commission économie du Parti de Gauche.Laurent Cordonnier, Benjamin Coriat, Michel Husson, Paul Jorion, Jean-Luc Mélenchon et Hadrien Toucel ont également contribué à cet ouvrage.

Retournez les fusils

Ziegler_retournezlesfusils2014Jean Ziegler 2014

Son camp, Jean Ziegler l’a choisi depuis longtemps. Son engagement est même l’oeuvre de toute une vie. A l’université de Genève d’abord, où il a formé des générations de sociologues à la pensée critique. A l’ONU ensuite, où il a travaillé sans relâche à l’éradication de la faim au nom de la dignité des peuples. Dans ses livres enfin, par lesquels il n’a cessé de dénoncer les mécanismes d’assujettissement des peuples du monde.

A partir de ses expériences de terrain et de son travail critique, Jean Ziegler a constitué le trésor de guerre que voici, présenté dans une édition entièrement refondue, plus de trente ans après la première. Comment penser le monde et le transformer ? Quels sont les outils analytiques à notre disposition pour y parvenir ? Choisir son camp, oui. Parce qu’il est grand temps de retourner les fusils.

Le dernier livre de Jean Luc Mélenchon —– passionnant !

Le Manuel d’histoire critique publié par le Monde diplomatique est une contribution importante pour battre en brèche la pensée unique conservatrice.

manuelHistoireCritiqueMANUEL D’HISTOIRE CRITIQUE,

le Monde diplomatique 2014 -. 11,95 euros.

CET OUVRAGE COLLECTIF S’ATTAQUE AUX IDÉES REÇUES SUR LE PASSÉ, DE 1830 À 2010.

L’histoire est un champ de bataille que l’idéologie réactionnaire n’hésite pas à investir pour vanter les bienfaits de la colonisation ou amalgamer nazisme et communisme. Ce Manuel d’histoire critique offre une alternative salutaire aux antiennes conservatrices que certains ouvrages pédagogiques relaient sans distance.

L’ouvrage, divisé en périodes cohérentes, permet à la fois de réinvestir les thématiques classiques de l’enseignement du secondaire et de pointer les allant-de-soi traditionnellement véhiculés par les médias et certains manuels peu scrupuleux.

Le collectif d’auteurs mobilisés a donc produit une histoire critique susceptible d’intéresser élèves et enseignants: de la clarté des textes à l’iconographie explicative, l’ensemble compose une synthèse aussi complète que rigoureuse. Le XIXe siècle est ainsi présenté dans la trame composite des révolutions qui permettent des élans émancipateurs. Les débuts du XXe siècle ne sont pas enchâssés dans le seul premier conflit mondial: les auteurs insistent notamment sur les révoltes coloniales. Un sort est fait au mythe des soldats unis dans les tranchées: ce sont surtout des solidarités de classe qui ont émergé des expériences partagées du combat.

Principes explicatifs

Battant en brèche les idées reçues sur le New Deal, le Manuel présente cet amortissement de la crise de 1929 comme une politique pragmatique menée au coup par coup. La Seconde Guerre mondiale est également réévaluée dans sa pluralité d’engagements et d’intérêts nationaux. Les mouvements de décolonisation sont examinés dans toutes leurs conséquences: la domination du Nord sur le Sud et l’émergence contrariée des autonomies politiques s’imposent comme autant de principes explicatifs pour le monde qui vient. La montée en puissance du néolibéralisme et ses dégâts sociaux et environnementaux sont précisément décrits. Souhaitons que cet ouvrage remplace au plus vite les vade-mecum conservateurs dont, en miroir, la faiblesse n’est que plus éclatante.

Jérôme Lamy, historien

« Modèle allemand, une imposture »
Un livre de Bruno Odent   -2014-

modele_allemandIntroduction

Le modèle allemand, voilà le salut. Une chronique quasi continue nous invite à en imiter les règles. Des « coûts salariaux » en diminution qui favorisent la compétitivité, des finances publiques à l’équilibre, le consensus des partenaires sociaux sur les orientations des directions d’entreprises. Il n’y aurait pas d’autre choix que de se conformer ou de continuer à nous enfoncer dans les difficultés. Et il serait rassurant qu’au niveau européen Angela Merkel impose son « leadership » avec le traité budgétaire, des normes de gouvernance partout « rigoureuses », assorties d’une panoplie de sanctions pour ceux qui ne s’y soumettraient pas et une « aide » aux pays les plus surendettés forcément attribuée avec des contreparties drastiques

Ce modèle là est une imposture. Non seulement il ne soigne pas les pays affectés par la crise de l’euro mais il les empoisonne. Un tournant vient d’être atteint. L’Allemagne, le cœur de référence du modèle,  est rattrapée elle même par la crise. Une stagnation de son économie est programmée au mieux pour 2013 (+ 0,4% de croissance selon les prévisions de la Bundesbank, la banque fédérale allemande). Les réformes anti-sociales lancées au début de la décennie 2000 par le chancelier Gerhard Schröder, poursuivies par Angela Merkel engendrent une précarité massive qui étouffe la demande intérieure. Et l’austérité budgétaire imposée aux partenaires européens contracte les débouchés des firmes à l’export.

Toute une société dangereusement ébranlée par le contrecoup des réformes de structure, orchestrées par le chancelier social-démocrate, Gerhard Schröder au début des années deux mille. Des phénomènes inconnus, il n’y a pas si longtemps encore, prennent une extension considérable. Comme les travailleurs pauvres ou la misère des seniors après le démantèlement partiel du système de retraite par répartition. La discrimination sociale et professionnelle des femmes persiste. La crise démographique s’étend. Les coûts de l’énergie explosent. Et les prix des loyers et de l’immobilier jusqu’alors contenus, commencent eux aussi à s’emballer.

Pourtant c’est sur ce modèle là que l’Europe devrait régler son pas. Les normes ordo-libérales de Berlin sont aussi celles de Bruxelles. Un forcing est engagé pour qu’elles s’imposent toujours davantage à tous les pays de la zone euro. Comme cette « règle d’or » budgétaire française, imitation du « frein à dette » (Schuldenbremse) intégré dans la loi fondamentale germanique ou même comme cette loi dite ANI (Accord National Interprofessionnel) de flexibilisation de l’emploi promulguée par Paris au printemps 2013.

L’Allemagne occidentale avait fondé sa puissance industrielle sur un système rhénan caractérisé par des productions de qualité mises au point et fabriquées par des salariés hautement qualifiés qui étaient les mieux payés de toute la communauté européenne. Sa force de frappe reste à l’origine des performances allemandes actuelles à l’exportation.

Très inspirée par le patronat germanique, qui  a acquis une place de plus en plus prépondérante dans les processus de décision politique outre-Rhin, la mutation du vieux système a traduit un double objectif stratégique.

Il s’est agi d’une part de renforcer une position hégémonique sur le reste de l’Europe pour placer les groupes exportateurs en pôle position sur le champ de l’économie mondialisée. Et on a voulu briser d’autre part les vieilles contraintes internes d’une économie allemande, très peu dépendante jusqu’alors de la bourse, afin d’épouser des critères anglo-saxons privilégiant le rendement financier. Car ceux là étaient considérés comme une sorte de visa vers le grand large.

C’est précisément autour de ce double objectif stratégique que se nouent les contradictions qui éclatent aujourd’hui. L’Allemagne est dominante grâce à sa puissance industrielle mais en même temps ébranlée par le torpillage que Berlin a, lui même, organisé  du système économique et social rhénan à l’origine de… ses performances. Et la volonté d’imposer des mesures de plus en plus sévères et coercitives aux pays de la zone euro accentue la crise de la monnaie unique avec un effet boomerang pour les exportations allemandes.

Ces contradictions s’enveniment aujourd’hui. Elles sont à l’origine de la récession de la zone euro. Mais l’obstination à suivre, à la lettre, chez chaque état-membre les dogmes qui ont servi de référence à la mutation du vieux système rhénan, ne porte pas à conséquence seulement sur un plan économique. Elle alimente maintenant une crise qui est aussi sociale, morale et politique.

La multiplication des scandales politico-financiers, en Espagne, en Grèce, ou en Italie, jusqu’à l’épisode français de l’affaire Cahuzac, l’écart qui se creuse entre le monde politique et des  classes populaires qui ne se sentent plus entendues, la montée de l’abstention, le succès des populismes et autres nationalismes ou régionalismes, sont en fait l’autre versant du modèle. L’Europe est touchée par des secousses multiformes dont l’origine se situe précisément dans sa soumission à des normes ordo-libérales  « sans alternative » comme on le martèle de Berlin à Bruxelles.

L’Allemagne n’échappe pas au malaise général. Et cela n’a rien d’étonnant puisqu’elle est, en fait, à l’épicentre de ces crises. Comme le révèlent les propos de la  chancelière quand elle en vient à formuler la nécessité pour la démocratie d’être « Marktkonform » (conforme au marché (1). Des intellectuels, des syndicalistes, des progressistes se sont aussitôt insurgés outre Rhin, relevant combien ce terme qui visait à justifier la mise sous surveillance des états-membres partenaires, illustrait la marche vers une «postdémocratie» réduisant partout les droits de citoyens à cette conformité marchande.

Le modèle, si désiré des messagers de l’orthodoxie économique, est un poison pour l’Europe et pour … l’Allemagne. Il y a urgence à refonder la construction européenne en y inscrivant en grand les principes de  coopération et de solidarité toujours plus malmenés. Des changements radicaux immédiats sont possibles et cruciaux, dans l’intérêt des peuples européens …avec ces allemands, nombreux, qui ont fait le choix de résister et d’exiger des alternatives.

1)    Angela Merkel, le 3.09.2011, dans une interview à la radio publique DeutschlandRadio : «  Nous vivons bien dans une démocratie et c’est une démocratie parlementaire et c’est pourquoi le droit de décider du budget est un droit nodal du parlement et tenant compte de cela nous trouverons des chemins, pour faire en sorte que la codécision parlementaire soit aussi conforme au marché » (Wir leben ja in einer Demokratie und das ist eine parlamentarische Demokratie und deshalb ist das Budget Recht ein Kernrecht des Parlaments und insofern werden wir Wege finden, wie die parlamentarische Mitbestimmung so gestaltet wird, dass sie trotzdem auch Marktkonform ist».    

Le cauchemar européen par Matthias Tavel, 2013

cauchemarLa construction européenne est souvent présentée comme un rêve de paix, de prospérité et d’amitié entre les peuples. Aujourd’hui, elle est synonyme de chômage, de régression sociale et de négation de la souveraineté des peuples. Le rêve a viré au cauchemar. Il y a urgence à mettre fin à cette catastrophe économique et sociale avant qu’elle ne devienne une catastrophe politique. Pour cela, encore faut-il avoir les idées claires et nommer les choses par leur nom. L’Europe devait être une solution. Elle est devenue une partie du problème. Ce livre donne des arguments pour aider à comprendre, loin des silences médiatiques et du bal des faux-culs qui tient souvent lieu de débat politique sur l’Europe en France.

parution 2013

ViolenceDesRichesSur fond de crise, la casse sociale bat son plein : vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont que les manifestations les plus visibles d’un phénomène dont il faut prendre toute la mesure : nous vivons une phase d’intensification multiforme de la violence sociale.

Mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’une grande agression sociale, d’un véritable pilonnage des classes populaires : un monde social fracassé, au bord de l’implosion.

Loin d’être l’oeuvre d’un « adversaire sans visage », cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux. Les dirigeants politiques y ont une part écrasante de responsabilité. Les renoncements récents doivent ainsi être replacés dans la longue histoire des petites et grandes trahisons d’un socialisme de gouvernement qui a depuis longtemps choisi son camp.

À ceux qui taxent indistinctement de « populisme » toute opposition à ces politiques qui creusent la misère sociale et font grossir les grandes fortunes, les auteurs renvoient le compliment : il est grand temps de faire la critique du « bourgeoisisme ».  Feuilleter ce livre

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Pascal Boniface, Les Intellectuels faussaires : le triomphe médiatique des experts en mensonges,
Éditions Jean-Claude Gawsewitch

Oui à la liberté d’expression mais pas à n’importe quel prix. Avec de solides arguments en main, Pascal Boniface convainc et dégomme les postures adoptés par les « faussaires » de l’information, déguisés sous les traits d’intellectuels, d’experts et de chercheurs. Sous couvert de la défense de la « morale » dont ils se portent garants, ces hommes et ces femmes n’hésitent pas à déformer la vérité pour parvenir à leurs fins, à adopter des thèses qui sont dans l’air du temps et qui permettent de booster leurs carrières, voire à changer de discours dès lors qu’elles ne leur sont plus utiles.

Parution 2012

Une enquête dans la droite ligne du best-seller « Les Intellectuels faussaires ».

Dans la tourmente de la crise économique grave qui secoue la planète, les économistes exercent un formidable magistère. Journaux, télévisions, gouvernements : oracles respectés d’un univers au bord du chaos, tout le monde les consulte. Pour comprendre les causes de la catastrophe. Pour trouver des remèdes. En France, ils sont ainsi une petite vingtaine à disposer d’un quasi monopole d’expression dans le débat public. Et à la veille de l’élection présidentielle de 2012, gauche et droite se les disputent pour donner du crédit à leurs projets.

Mais qui a eu l’idée d’expertiser… ces experts ? Car en vérité, le petit microcosme des économistes français, s’il recèle de grands talents, souvent modestes et peu connus du grand public, comprend aussi des charlatans ou des imposteurs. C’est ce qu’établit ce livre, qui recense les invraisemblables bourdes commises par quelques uns de ces économistes de renom. Et aussi les formidables conflits d’intérêt dont certains d’entre eux se rendent coupables et qui jettent la suspicion sur l’honnêteté ou l’indépendance de leurs diagnostics et recommandations.

Ils prétendent détenir les clefs d’une science qui explique la misère du monde. Mais ce qu’ils ne disent pas, c’est que trop souvent, ils en vivent, de ce système qui est devenu fou. Et ils en vivent même très bien. C’est aussi l’objet de cette enquête : lever le voile sur le petit business, pas toujours glorieux, des grands économistes.

LAURENT MAUDUIT est journaliste. Après avoir été chef du service économique de Libération, il a rejoint Le Monde comme responsable de la politique économique et sociale française puis directeur adjoint de la rédaction. Il a quitté le quotidien pour fonder Médiapart avec Edwy Plenel.

Paru en Mai 2011 aux éditions du Seuil (15 €). Un excellent tour d’horizon de la situation, simple et agréable à lire.

Il n’y a pas d’alternative. Trente ans de propagande économique

Après la Seconde Guerre mondiale, les élites économiques européennes, affaiblies par leur collaboration avec l’Allemagne nazie, doivent faire profil bas. Aux États-Unis, la peur du communisme paralyse la société. Pendant trente ans, des deux côtés de l’Atlantique, les classes moyennes vont profiter de cette situation et prospérer. Mais à la fin des « Trente Glorieuses », les libéraux sentent que l’heure de la revanche a enfin sonné.

Pour imposer leurs idées, ils utilisent une arme rhétorique redoutable : TINA, le fameux acronyme thatchérien de « There is no alternative », qu’ils vont répéter et faire répéter par tous les médias jusqu’à ce qu’il soit entendu comme une vérité révélée. Il n’y a pas d’alternative au capitalisme, au marché, à la mondialisation, à la déréglementation financière, aux baisses de salaires, aux délocalisations, à la disparition des protections sociales, etc. Cette idéologie va infester les sociétés occidentales, provoquer le déclassement social du plus grand nombre et des profits gigantesques pour quelques-uns.

Une oligarchie confisque alors le pouvoir. Mais quand la crise financière de la fin des années 2000 met en péril sa fortune et son patrimoine, l’État recouvre soudain toutes ses vertus. Ceux qui hier le vilipendaient réclament son secours à grands cris. Il n’y a pas d’alternative, il faut sauver les banques ! Et pour renflouer les pertes abyssales de l’économie de casino, ce sont encore les plus démunis qui seront rançonnés, à commencer par les salariés.

Jusqu’à quand ?

Agrégé d’économie, Bertrand Rothé est l’auteur de Lebrac, trois mois de prison (Seuil, 2009). Romancier, cinéaste, Gérard Mordillat est notamment l’auteur de Rouge dans la brume (Calmann-Lévy, 2011).

 

Pourquoi et comment un pays peut toujours faire ce qu’il veut face aux marchés, face aux banques, face aux crises, face à la BCE, face au FMI.

Un livre de l’économiste Jacques Généreux

sortie septembre 2011

A lire en cette période au cours de laquelle on va essayer de nous faire croire que tout programme de gauche est une utopie….