Arabie Saoudite : la vie d’un jeune manifestant vaut bien quelques RAFALE !

Il faut sauver Ali Nimr de la décapitation

AliEn voulant le décapiter et le crucifier, Riyad souhaite en faire un exemple pour faire taire toute contestation dans le royaume.
Au pays de la décapitation en série ­ 134 exécutions depuis le début de l’année ­, il ne fait pas bon être chiite et s’opposer à l’emprise du wahhabisme sur la vie sociopolitique et intellectuelle. C’est le cas du jeune Ali Mohammed Al Nimr, 20 ans, condamné à mort en mai 2014, qui devra être incessamment décapité et crucifié. Il est accusé d’avoir participé, en février 2012, à des manifestations de la communauté chiite contre le régime théocratique à Qatif, dans l’est du royaume, région majoritairement chiite et surtout regorgeant de pétrole. À l’époque, il n’avait que 17 ans et était encore lycéen. Quant aux charges pesant sur lui ­ cambriolage, attaque contre les forces de l’ordre et jets de cocktails Molotov ­, elles lui ont été arrachées sous la torture.

Qui plus est ­ cela a sans doute pesé dans la décision du juge ­, le jeune Ali Mohammed Al Nimr est le neveu du dignitaire chiite Cheikh Nimr Al Nimr, l’un des animateurs du « printemps saoudien » dont l’est du royaume a été le théâtre en 2011 et « printemps » étouffé dans le sang (plusieurs dizaines de morts). Lui également a été condamné à mort, le 15 octobre 2014, pour désobéissance au souverain et port d’arme !

UN AVERTISSEMENT À L’ADRESSE DE LA MINORITÉ CHIITE SAOUDIENNE
La condamnation à la peine capitale, qui sera suivie de la crucifixion publique du jeune Ali, intervient dans un contexte de tensions régionales ­ intervention saoudienne en Syrie, au Yémen ­, contexte exacerbé par le retour en force de l’Iran, consécutivement à l’accord de Vienne sur le nucléaire. Aussi est-il permis de penser que la crucifixion du corps d’Ali Nimr, si jamais il était décapité, doit servir d’exemple et d’avertissement à l’adresse de la minorité chiite saoudienne.

Mais aussi de mise en garde à l’adresse de ces jeunes Saoudiens, de plus en plus nombreux, issus des couches moyennes, qui militent pour la fin du carcan wahhabite. Pour ne l’avoir pas compris, Raif Badawi, qui tenait un site en ligne critique sur le régime saoudien, a vu sa peine de mort commuée en prison à perpétuité, mais assortie d’une condamnation à 1 000 coups de fouet à raison de 50 par semaine.

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