Élection européenne, un résultat très inquiétant.

L’extrême droite et la droite macrone se partagent près de la moitié des voix. C’est très inquiétant. La deuxième alimentant la première…

On a entendu dire à propos des Lepenistes “on n’a pas encore essayé ça, pourquoi pas ?“. Et bien si, hélas, on a essayé ça !
On a eu pendant 4 ans le régime de Vichy avec Pétain et ses milices. Ne pas l’oublier…

Karl Marx : “Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre.”

Quand au score faible de la gauche, c’est aussi très inquiétant. C’est bien sûr en lien avec ce qui précède. Les déçus, les gens en souffrance, au lieu de se tourner vers ceux qui proposent égalité et solidarité avec un partage des richesses tombent dans le panneau qui leur est tendu et votent pour ceux qui aggraveraient leur cas.

6,3% pour LFI – 3,3% pour Hamon – 2,5% pour le PC –> cela fait 12% pour la gauche authentique, c’est très peu. La dedans je ne compte pas les verts, cela se discute, c’est complexe. Bien sûr la plupart des électeurs écolos ont des idées de gauche. Mais les leaders pour lesquels ils votent sont plus qu’ambigus. Au Parlement européen il y a 2 groupes de Verts : les verts nordiques qui sont avec la gauche dans le groupe GUE/NGL, et les autres, dont les verts français, qui sont dans le groupe Verts/ALE des Jadot et des Cohn-Bendit (passé d’ailleurs récemment chez Macron, comme De Rugy), un groupe centriste qui parle de climat mais ne s’attaque pas au système en cause, ou très timidement.

Bref si l’on ajoute une partie des Verts on arrive pour la gauche vers 15 à 18% c’est toujours très peu. Il y a du pain sur la planche pour expliquer et convaincre. Pas d’issue sans combattre la France libérale et l’Europe libérale..  Au boulot !

Déclaration de Ian Brossat le 26 mai au soir :

Mesdames, Messieurs,
Je souhaite ce soir remercier très chaleureusement les centaines de milliers d’électrices et les électeurs qui nous ont fait confiance.

C’est une belle campagne qui s’achève, après 12 ans d’absence à une élection nationale. C’est une campagne que nous avons voulue sincère, combative, fidèle aux combats et aux valeurs de la gauche. En dépit de nos efforts, il arrive que la marche soit parfois trop haute pour être franchie du premier coup. Ce soir, nous n’atteignons pas encore nos objectifs.
Première leçon. L’extrême-droite arrive en tête de ce scrutin. Rappelons-nous, il y a encore 10 ans, la liste du Front National ne dépassait pas les 6%. Le score d’aujourd’hui est le résultat d’un pari perdu, un pari forcément perdant et dramatique pour notre pays. Cette stratégie, c’est celle d’Emmanuel Macron, qui impose aux Français ce face-à-face avec Marine Le Pen pour assurer sa survie politique. Non, ce n’est pas un duel comme on cherche à nous le faire croire, c’est un duo : un duo imposé par les deux camps, un duo mortifère pour notre pays et pour la démocratie. A force de jouer avec le feu, Macron s’est brûlé.

Deuxième leçon. La gauche a également sa part de responsabilités. Je prends ma part de responsabilité, il ne s’agit pas de se dédouaner. Ce soir, la gauche est affaiblie, tout est à reconstruire.

J’ai l’intime conviction que l’avenir passe par l’humilité, le travail collectif, le respect mutuel, le refus de la tentation hégémonique. Ecoutons-nous, respectons-nous, travaillons ensemble.

Cette gauche, cette gauche que nous devons reconstruire, que nous allons reconstruire, doit placer au coeur de son projet la justice sociale et l’urgence écologique.

Et soyons clairs: cette reconquête des cœurs et des esprits ne sera possible que dans la rupture avec le libéralisme.

Reconstruire une gauche digne de ce nom en France, c’est à cet objectif que le Parti Communiste doit consacrer tous ses efforts, dans les semaines et dans les mois à venir.

A tous les communistes, à celles et à ceux venus d’autres horizons et qui nous ont rejoint , je voudrais vous témoigner de ma profonde gratitude.

Être vôtre candidat, vous représenter, fut un honneur et un privilège.

Je voudrais dire à chacune et chacun de nous ce soir : le combat continue — il continue partout, il continue toujours.

Je voudrais remercier chaleureusement Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, pour son aide, pour son engagement, pour son énergie. Je voudrais avoir une pensée à destination de ma chère Marie-Hélène Bourlard, lui dire que nous y étions presque et que demain nous y arriverons.

Nous formons une belle et une formidable famille, mes amis, mes chers camarades.
Camarade, c’est un joli nom.
C’est uni, comme une famille, que je veux vous demander ce soir deux choses. Je vous le demande du fond du cœur.

Ce soir, demain, cette semaine, dans les prochains mois : conservons en nous ce formidable état d’esprit et cette énergie qui fut le nôtre durant cette campagne. Faisons-les vivre ! Conservons-en nous cette joie d’être ensemble, cette envie, ce bonheur de nous être retrouvés.

La deuxième chose que je vous demande et j’en terminerai ainsi : dans cette période politique trouble, n’oublions jamais que nous n’avons aucun adversaire à gauche. Conservons la bienveillance qui fut la nôtre, conservons cette envie sincère de tendre la main, de réussir le rassemblement demain.

Nous avons réalisé une formidable campagne. Ne nous arrêtons pas là !

Je vous remercie.

 

Et aussi, une déclaration d’Ensemble (Le Havre), le 27 mai

et

Le point de vue de Clémentine Autain, LFI, le 27 mai

et

Une déclaration du NPA de Quimper

(qui appelle à la construction d’une unité pour notre camp social. Ce sera difficile avec son allié privilégié Lutte Ouvrière, mais l’intention est intéressante…)

Face au danger de l’extrême-droite,

L’urgence de construire une alternative anticapitaliste et internationaliste

Les résultats des élections européennes confirment la crise politique en France comme en Europe : 50 % d’abstention, des votes pour l’extrême-droite très élevés, des partis de gouvernement globalement discrétisés mais qui sauvegardent leur capital électoral. Contre le capitalisme, pour la justice sociale, il manque – encore et surtout – une voix pour le monde du travail.

L’extrême-droite menace

Comme en 2014, le Rassemblement national arrive en tête en s’appuyant sur le rejet de l’Union européenne pour dévoyer les colères sur le terrain du racisme et de la lutte du touTEs contre touTEs.

Avec ses comparses en Italie, en Belgique ou en Hongrie, il incarne un danger mortel : celui de la concurrence la plus féroce entre les pays, avec les conséquences dramatiques qui en découleraient pour les classes populaires, pour les femmes, pour les immigréEs, et pour l’ensemble des droits démocratiques et sociaux.

Les partis de gouvernement sauvent leurs places

Bien que totalement désavoués par les mobilisations de ces derniers mois , Macron et LREM parviennent à limiter la casse. De la même façon, en Allemagne et dans l’État espagnol, la droite ou le PS se maintiennent bien que leurs politiques aient aussi été rejetées par les populations. Ces forces vont dominer le futur parlement européen, ce qui montre une fois de plus le caractère antidémocratique de ces institutions.

Ces formations se présentent comme des remparts contre l’extrême-droite. Mais ce sont les politiques qu’elles mènent, de casse des droits sociaux, de privatisations, de mépris contre les classes populaires, qui nourrissent en réalité l’extrême-droite.

Les Verts ont remporté des scores importants en s’appuyant sur des préoccupations écologiques grandissantes et des mobilisations pour la justice climatique. Avec aux alentours de 30 % des voix, les partis de gauche sont globalement au plus bas, payant leur participation aux politiques libérales, notamment dans le cadre de l’Union européenne, leur division et les difficultés de mobilisations sociales qui ont du mal à gagner.

Lutter, débattre, construire

La crise économique, sociale, écologique, va continuer à se renforcer et le choix à faire est de plus en plus net : soit l’extrême-droite prend de plus en plus de place – jusqu’au pouvoir ? – car les partis de gouvernement n’arrêteront pas son avancée, soit le monde du travail parvient à surmonter ses faiblesses pour construire une véritable alternative aux politiques libérales et/ou nationalistes.

Il est vain de vouloir aménager le système. Nous avons besoin d’une gauche radicale, indépendante des institutions, anticapitaliste et internationaliste, pour la rupture révolutionnaire avec le système, et dont le centre de gravité est la défense concrète du monde du travail.

Il y a urgence à construire une représentation politique pour tous les exploitéEs. Sans nier les désaccords qui existent, par la discussion et la confrontation des points de vue, nous voulons œuvrer à l’unité de notre camp social, être capable de s’unir pour agir contre le gouvernement, contre la répression, pour nos revendications sociales, démocratiques et écologiques. Il est déjà possible de se coordonner pour que les luttes gagnent ensemble au lieu de perdre les unes après les autres.

Pour ces mobilisations, à ce travail de construction, urgent et nécessaire, le NPA entend prendre toute sa part.   Le mardi 28 mai 2019

et quelques analyses “différentes”

Roger Martelli : http://www.regards.fr/politique/article/apres-les-europeennes-la-crise-s-epaissit

Luc Rouban, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po – USPC  : https://theconversation.com/les-elections-europeennes-metamorphosent-le-clivage-gauche-droite-117862?utm_medium=email&utm_campaign=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2027%20mai%202019%20-%201320812343&utm_content=La%20lettre%20de%20The%20Conversation%20France%20du%2027%20mai%202019%20-%201320812343+CID_8c8aab6be8b1c2f4ad6537b49170ac7a&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Les%20lections%20europennes%20mtamorphosent%20le%20clivage%20gauche-droite

 

 

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