Primaires, bilan de Hollande, rassemblement à gauche. Point de vue

EMPÊCHER FRANÇOIS HOLLANDE D’ÊTRE CANDIDAT

par Michel Cahen Militant de Ensemble ! Front de gauche, Bordeaux  TÉLÉCHARGER ICI LE TEXTE EN PDF

François Hollande a le droit de se présenter aux élections, mais nous, gens de gauche, n’avons pas envie d’être « suicidés » avec lui. Or c’est ce qui se produira : Hollande n’arrivera pas au second tour. Il ne pourrait y arriver que dans un cas extrême : une multitude de candidats à droite les empêchant tous d’accéder au second tour, une multitude à gauche autorisant très éventuellement Hollande à être le mieux placé, le tout face à Marine Le Pen. D’innombrables gens de gauche ne voteront à nouveau pour Hollande que dans ce cas extrême : s’il est opposé à Marine Le Pen. Mais notre souhait ne peut être de remettre en selle celui qui a trahi la gauche, et l’hypothèse évoquée ci-dessus est très incertaine. La droite saura se ressouder autour d’un candidat majeur et le plus probable sera un duel droite-extrême droite.

Tout se passe comme si, à gauche, nombreux étaient ceux décidés à laisser gagner la droite. Un Mélenchon requinqué à 15 %, un Hollande à 12 %, une Cécile Duflot à 5 %, de petits candidats d’extrême gauche à 1 %, le résultat est le même : pas de candidat de gauche au second tour. Raisonner ainsi est erroné. Premièrement, c’est méprisant pour le peuple car, si la droite revient au pouvoir, elle appliquera une politique très agressive. Cela n’est pas une raison ­ celle du « moindre mal » ­ pour se rallier à Hollande car, sur cette orientation, il serait de toute manière battu. Accepter la victoire de la droite, c’est accepter sans sourciller que les travailleurs soient agressés comme jamais. Deuxièmement, c’est s’interdire de changer la gauche. On ne changera pas la gauche dans un contexte de Berezina ­ situation qui provoque toujours plus de divisions entre les partis et en leur sein. On ne changera la gauche que dans une dynamique de remobilisation permise par l’émergence d’une vraie candidature de gauche. Il n’y a pas d’autre voie.

L’idéal aurait été qu’existât un grand processus d’états généraux de la gauche de transformation sociale et écologique, avec des milliers de réunions locales et départementales, puis un grand congrès national discutant à fond d’un programme, et puis que, sur cette base, on examinât quelle était la personnalité la plus à même de le porter devant les électeurs. L’Appel des 100 va un peu dans ce sens : trop peu, trop tard. La première tâche est d’éliminer l’hypothèse Hollande. On ne peut rien faire sans que ne soit d’abord évacué ce handicap majeur. Une fois Hollande poussé au renoncement (cela s’applique aussi à Valls), pratiquement n’importe quel candidat qui émergera sera plus à gauche que lui. Comment faire pour l’y pousser ? Dans le contexte actuel, il n’y a pas d’autre moyen que les primaires (si possible celles de toute la gauche en décembre, sinon celles du seul PS en janvier). S’il y a des primaires, Hollande sera obligé d’y participer, il y sera battu et c’est le seul moyen de le battre avant qu’il ne provoque l’irréparable : sa candidature aux élections. Nombreux sont, à gauche, ceux qui refusent des primaires car elles sont fondées sur l’idée qu’à la fin, tout le monde se rallie au candidat désigné, et nous ne voulons pas nous rallier à Hollande. Mais la réalité est inverse ! Il faut des primaires pour que Hollande ne puisse pas être candidat. En 2012, pour la première édition des primaires (du PS), trois millions de citoyens y avaient participé. Aujourd’hui, il peut y en avoir plus et plus il y en aura, mieux ce sera car Hollande (Valls, le cas échéant) sera battu. Et alors, le vent tournera à gauche. Le ou la candidate désigné-e, de toute manière plus à gauche que Hollande-Valls, sera pris-e dans la dynamique de la remobilisation et s’imposera comme le ou la candidate unique de la gauche, d’une gauche de gauche. Et là, tout redevient possible. Les primaires ne sont pas ma tasse de thé. Je les ressens comme un processus à l’américaine ou alors gaulliste (la recherche du Sauveur). J’aurais préféré des états généraux. Mais le temps presse. On peut encore imposer des primaires de toute la gauche ­ que la direction du PS a en principe acceptées ­, si le PC, le PG, EELV, Ensemble !, le NPA, comprennent que c’est notre intérêt à tous que de déclencher cette dynamique de remobilisation, plutôt que de rester sagement dans la file d’attente pour la guillotine

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1 réflexion au sujet de “Primaires, bilan de Hollande, rassemblement à gauche. Point de vue”

  1. La présence de Hollande et/ou de Sarkozy au premier tour serait un vrai déni de démocratie.
    Faute de convictions sincères nous assisterions impuissants à une querelle de personne voire d’égo.
    Comme je l’exprime dans mon blog seule une pétition citoyenne pourrait débloquer la situation…
    …et ouvrir un vrai débat d’idée à droite comme à gauche pour faire déboucher une alternative…
    …mais je crains que les français de gauche comme de droite ne soient pas vraiment mûrs pour ça.

    BW

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