La violence comme mode de gouvernance pour essayer de sauver le système



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et aussi :

Fab Tenace :

Ce 17 octobre marque une étape majeure dans la mobilisation populaire contre la vie chère et, plus largement, contre les politiques économiques et sociales conduites depuis des années. Par son ampleur, sa diversité et ses revendications, ce mouvement exprime une volonté profonde : reprendre en main les choix qui déterminent notre avenir collectif.

Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne et étudiante, auxquelles le gouvernement a opposé la répression plutôt que le dialogue, cette journée témoigne d’un élargissement considérable de la contestation. Sa diversité sociale, générationnelle et politique semble aujourd’hui dépasser le pouvoir.
Il faut analyser le champ lexical mobilisé par le gouvernement et les grands médias, y compris Le Monde. « Chaos », « déferlement de violence », « émeutiers », « casseurs », « saccage » : autant de mots qui construisent un récit dans lequel disparaissent les causes politiques et sociales de la colère.
Mais que signifie, pour ce gouvernement, être un manifestant pacifique ? Être autorisé à défiler, à exprimer sa colère, puis à rentrer chez soi sans que la moindre revendication soit entendue ? Depuis des années, on tolère l’expression du mécontentement à condition qu’elle demeure politiquement sans conséquence.
Pendant ce temps, la destruction des services publics, des solidarités collectives et du lien social se poursuit. Une véritable casse sociale, celle d’un projet de société tout entier, engagée dès le premier mandat d’Emmanuel Macron et aujourd’hui accentuée.
Plus inquiétants encore sont les propos du Premier ministre :
« C’est désormais le moment aussi de choisir son camp. Soit on est dans le camp de la République, et donc des forces de l’ordre, et celles et ceux qui protègent les biens et les personnes et qui appliquent les lois, soit on est du côté des casseurs, soit on est du côté de celles et ceux qui ont un projet violent pour la République et contre la République. »
Cette assimilation de la République aux forces de l’ordre est politiquement lourde de sens. La République ne saurait se réduire à la préservation de l’ordre établi. Elle porte, au moins dans ses principes, une ambition de liberté, d’égalité et de solidarité, aujourd’hui profondément fragilisée par les politiques conduites. Défendre la République ne signifie pas défendre sans réserve l’action de l’État. Entre maintenir l’ordre public et imposer le maintien d’un ordre social inégalitaire, la différence est fondamentale.
Quelque 1 200 interpellations en une seule journée : au-delà de la proportionnalité des moyens employés, c’est la finalité politique de cette répression qui doit être interrogée. La contrainte se substitue au dialogue, au risque de retourner les institutions républicaines contre les principes qu’elles prétendent défendre.
Cette journée confirme également le naufrage politique de la social-démocratie et son incapacité à saisir la portée du mouvement populaire.
#RaphaëlGlucksmann, dont le positionnement à gauche apparaît chaque jour plus contestable, reprend presque mot pour mot le récit gouvernemental. En opposant les manifestants pacifiques aux casseurs et en appelant à un sursaut républicain, il fait de la restauration de l’ordre la question centrale. Quelle différence fondamentale avec le discours de Sébastien Lecornu ? À force de vouloir incarner une gauche respectable aux yeux de l’ordre établi, cette social-démocratie affirme son renoncement à penser le conflit social comme un moteur de transformation.
Car au-delà de la division des manifestants, c’est une entreprise de dépolitisation qui se dessine. Réduire une mobilisation à ses débordements ou à une question de maintien de l’ordre, c’est invisibiliser sa portée politique. Une contestation des rapports sociaux, des choix économiques et de l’exercice du pouvoir devient un simple problème de gestion des désordres publics. Que des responsables se réclamant de la gauche participent à cet enfumage révèle le peu de cas qu’ils font de la transformation sociale.
Le contraste avec la réalité des manifestations est saisissant. Ce qui frappait hier, dans les cortèges, c’était la conscience politique aiguë des personnes mobilisées, particulièrement des jeunes, leur compréhension des mécanismes économiques et sociaux à l’œuvre et de la nécessité de s’organiser collectivement pour transformer les rapports de force.
Car ce qui porte cette jeunesse, c’est le refus du monde qui se construit devant elle, contre son gré. Il ne s’agit plus seulement de réclamer davantage de moyens pour l’éducation, des enseignants, des remplacements ou de meilleures conditions matérielles d’existence, aussi légitimes soient ces exigences. La contestation porte désormais sur le modèle de société lui-même, sur l’avenir imposé à une génération qui refuse de subir les conséquences de choix économiques, politiques et écologiques auxquels elle n’a jamais consenti.
C’est là une bascule politique majeure. Une jeunesse qui ne réclame plus seulement des ajustements, mais conteste les orientations fondamentales d’un système et revendique la possibilité de construire un autre avenir. Cette mobilisation produit de l’analyse, construit des solidarités et affirme une volonté de transformation sociale.
Cette évolution éclaire aussi les résonances internationales du mouvement. Dans plusieurs régions du monde, des mobilisations souvent portées par la jeunesse expriment un même refus : celui d’un avenir confisqué par des décisions prises sans elle, au bénéfice d’intérêts qu’elle conteste. Les tenants du capitalisme et l’internationale réactionnaire se trouvent confrontés aux conséquences des politiques qu’ils ont conduites, poursuivent et entendent encore imposer. Au-delà des revendications propres à chaque pays, c’est la légitimité de ces choix de société qui est remise en cause.
Reste enfin un silence révélateur : celui de l’extrême droite.
Le Rassemblement national ménage ses ambitions présidentielles, pris dans une contradiction politique et sociologique majeure. D’un côté, son attachement historique à l’autoritarisme, à l’ordre et à la répression des mouvements populaires qu’il a en horreur. De l’autre, une mobilisation rejointe par des Gilets jaunes, dont la diversité sociale et politique avait déjà été analysée lors de la première phase du mouvement. Une partie de son électorat peut aujourd’hui se retrouver dans la rue, portée par des revendications économiques et sociales que l’extrême droite ne peut ignorer sans risque.
C’est peut-être là que réside la principale leçon du 17 octobre : ce mouvement échappe aux catégories commodes du pouvoir comme aux oppositions artificielles de son discours. Sa force tient à la rencontre de colères sociales longtemps dispersées, à son extraordinaire diversité et à l’affirmation d’une conscience politique collective.
Face à cette mobilisation, le pouvoir sait parfaitement ce qui se joue. Il ne lui est plus seulement demandé d’aménager sa politique, mais de renoncer au projet de société qu’il défend depuis des années. La répression ne traduit donc pas une incapacité à répondre : elle participe d’un affrontement politique assumé entre un poFauvoir qui entend préserver l’ordre économique et social existant et un mouvement populaire qui en conteste désormais les fondements.
Fab Tenace le 18 oct 2026

Un averttissement ;

ATTENTION A LA GRANDE FROUSSE, par Bruno Guigue


et aussi, parmi les propositions 

18 octobre 2026 : Extrait de la déclaration de Fabien ROUSSEL

  

La France est encore au bord du précipice, plongée dans l’effroi, la stupeur face aux violences de ces derniers jours, mais aussi face à un mur de colère qui s’agrège depuis des semaines du fait de la vie chère et de l’absence de réponse du gouvernement.

 

Il appelle ses militants, ses élus à participer aux élans de solidarité pour nettoyer les rues, réparer les dégâts provoqués hier par des casseurs. Il apporte son soutien aux maires qui se retrouvent face à des équipements publics dévastés comme aux commerçants qui se sont fait piller.

 

Tous ces actes de vandalisme contribuent à détourner les immenses attentes des 800 000 manifestants qui, eux, ont défilé pacifiquement. Mais qui, aussi, se font fait parfois charger, nasser dans le cadre d’une politique de maintien de l’ordre tout aussi violente et inconséquente.

 

Fabien Roussel appelle à rester attentif au mouvement populaire qui s’exprime depuis plusieurs semaines, venant de toutes professions, de toutes les générations. Ne pas répondre à ces attentes ne produira que colère et désespérance.

 

C’est pourquoi, en ces heures graves, Fabien Roussel appelle le gouvernement à convoquer rapidement une conférence sociale avec les organisations syndicales et patronales, en y associant les organisations de jeunesse afin de trouver les réponses aux revendications qui s’expriment depuis maintenant plusieurs semaines: Lycéens, étudiants, pompiers, pécheurs, routiers, agriculteurs, policiers, salariés du public comme du privé, retraités… la crise touche toutes les professions, toutes les générations. Il faut y répondre. Le parlement devra être associé à ces discussions et pouvoir inscrire dans le projet de budget 2027 les recettes et les dépenses correspondantes.

 

Concernant les violences et les innombrables blessés tant du coté des manifestants, dont de nombreux mineurs, que du coté des forces de l’ordre, une enquête parlementaire devra se pencher les causes de ces violences comme sur la politique de maintien de l’ordre déployée depuis le début des manifestations. 

et

Le plan Jeunesse 2027-2032 du PCF 

sur le site des communustes du pays bigouden