Gérard Filoche et sa pétition : Sauver le PS ? C’est un peu court.

Gérard Filoche lance une pétition « Macron Démission« . « Plus vite il partira, plus on aura de chances de ne pas trop perdre les prochaines élections » déclare ce membre du bureau national du PS. Dans le texte de la pétition www.macron-demission.fr on lit :

« Si l’on veut sauver la gauche du désastre, il faut la sauver de Macron »
« pour battre la droite et l’extrême droite… pour l’union de la gauche… »

On croit entendre Cambadélis qui appelle au rassemblement de « La gauche ». Comme si remplacer Macron par un clone de Macron allait changer les choses. Pourquoi ne demande t’il pas aussi la démission de Valls et de Hollande ? Car c’est Valls qui a choisi Macron, et c’est Hollande qui a choisi Valls. Quant à la direction du PS elle cautionne en permanence cette politique de droite ultralibérale menée par cette équipe. Qui est responsable du désastre que subit et va subir le PS sinon la politique qu’il mène.

La position de Filoche, un pied à la direction du PS et l’autre dans la contestation va t’elle pouvoir durer encore des années ? Là je pense qu’il parle en tant que dirigeant du PS, dommage, car je le préfère dans l’autre rôle.

Sauver la gauche passe peut être au contraire par la liquidation du PS. Que choisir si on veut une politique de droite, la droite qui dit qu’elle fera une politique de droite, ou la fausse gauche qui dit qu’elle fera une politique de gauche et fait le contraire ? Et que choisir si l’on veut une politique de gauche – c’est à dire basée sur le social, la solidarité, la justice, etc.- et bien aucun des deux !

Reconstruire une gauche, oui, même si c’est sur les ruines du PS (qui lui ne peut que nous amener la droite).

Florilège de la pensée unique

Lu sur regards.fr. Pour démystifier le bréviaire des « réformes nécessaires » et de la « réalité » qui exige des « efforts de tous » (sauf de ceux qui les prônent). Cet assemblage d’interviews montre l’idiote et grotesque répétitivité. Il faut convaincre « qu’il n’y a pas d’alternative », d’où le matraquage.
Six chapitres –>    1 – réformes, 2- réalités, 3 – modernité, 4 – efforts, 5 – rigidité # liberté, 6 – augmenter le temps de travail.
Le langage commun de tous nos libéraux. Le langage DU parti libéral.

3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté, c’est en France.

A la Une de Ouest France le 29 octobre : « En France, la crise touche les enfants »
Il y est dit : « Le dernier rapport de l’UNICEF montre les effets dévastateurs de la grande récession de 2008 pour les jeunes, en particulier dans notre pays »
D’après ce rapport le nombre d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 15,6% en 2008, ce qui est déjà énorme, à 18,6% en 2012 (3 millions d’enfants !).
         ressources trop faibles pour les familles.
         Privations, logements petits et inadaptés, image de soi dégradée, etc.
Remarquez le titre : « la crise touche les enfants »
C’est « la crise », ce monstre anonyme bien pratique pour camoufler les responsabilités.
NON, ce n’est pas la fatalité (baptisée crise ici), il y a des responsables, des coupables !
Ce sont les différents gouvernements libéraux, de droite ou socialistes, qui ont imposé l’austérité, qui servent ce capitalisme/libéralisme répartissant les richesses de façon scandaleuse.
La misère des enfants est un fait honteux et les responsables ne méritent pas notre respect.

Quel sens cela a-t-il d’être de gauche aujourd’hui ?



Table ronde parue dans l' »Humanité des Débats » vendredi 12 sept 2014.

avec Alain Badiou, philosophe
Christian Laval, sociologue
Monique Pinçon-Charlot, sociologue

un débat incontournable en ce moment.   

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Sur le même sujet, un article de
Frédéric Lordon, économiste,
dans Le Monde Diplomatique
de septembre 2014

Après la déroute annoncée..

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Le changement n’est pas un slogan de campagne
Par Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste
Bravo à François Hollande! Bravo à tous les membres de son gouvernement! Bravo à tous les élus socialistes qui, votant avec la droite comme un seul homme, ont effacé le résultat du référendum de 2005 où une majorité de Français (dont une majorité d’électeurs socialistes) avaient dit non au projet constitutionnel concocté par Valéry Giscard d’Estaing! Bravo à l’immense majorité des médias de leur avoir prêté main-forte, d’avoir vanté « la concurrence libre et non faussée » avec une admirable constance jusqu’à aujourd’hui! Bravo à cette union sacrée des classes dirigeantes et nanties d’avoir réussi le plus grand déni démocratique des vingt dernières années! Car, ne nous y trompons pas, le résultat des élections européennes de dimanche prend sa source dans ce mépris absolu du vote des citoyens en 2005. Le Front national triomphe, mais cette victoire est un leurre. Un Français sur quatre n’est pas d’extrême droite. C’est là tout le paradoxe de cette élection. Nombre de ceux qui ont voté pour le Front national sont en réalité des démocrates, alors même que ce parti exècre la démocratie. Ce sont des démocrates dans la mesure où, d’une part, ils sont allés voter; d’autre part, ils avaient la conviction que, cette fois-ci, leur vote serait pris en compte; qu’aucun tour de passe-passe politicien ne serait capable de l’effacer. Et tant pis s’il fallait pour ça voter pour un parti nauséabond!
C’est la revanche de Lisbonne… La responsabilité des dirigeants socialistes dans le résultat aux européennes est donc pleine et entière, sans appel. On peut y ajouter l’hypocrisie de se présenter en victimes, les larmes de crocodile, l’appel à l’union nationale, la cécité et la surdité de monsieur Valls jurant, la mâchoire crispée, le petit doigt sur la couture du pantalon, que vote ou pas, il ne changerait pas de politique. Une fois encore, le mépris des citoyens est sans fard et, comme le dirait monsieur Sarkozy, « décomplexé ». Il n’y a donc rien à espérer de ce côté-là, sinon que ceux des militants socialistes qui ne se reconnaissent en rien ni dans les pratiques ni dans la politique droitière du gouvernement aient le courage d’envoyer messieurs Hollande, Valls et consorts rejoindre leurs semblables à l’UMP et refondent un parti qui puisse sans honte se réclamer de Jaurès. Quant à la gauche – qui n’est « radicale »  que dans la bouche des commentateurs –, la gauche raisonnable, la gauche de la raison de gauche, il n’est que temps d’en finir avec la foire des ego et des ambitions, les tractations d’appareils, l’éclatement généralisé des organisations. Peut-être est-ce le résultat inattendu de ces élections européennes: mettre chacun face à ses responsabilités. Ce qui sépare le Parti communiste, le Front de gauche, le NPA, voire Lutte ouvrière et une partie des écologistes n’est rien au regard de leur accord sur la majorité des questions économiques, sociales et politiques. Il est impératif de parler désormais d’une seule voix (même si c’est à plusieurs bouches!). L’Europe à la sauce néolibérale, l’Europe du chômage, des délocalisations, l’Europe de la finance, l’Europe du traité transatlantique, l’Europe de Hayek pour qui « une dictature qui soutient le marché » serait toujours préférable « à une démocratie qui le récuse », cette Europe-là, les citoyens européens n’en veulent plus; pas plus que les citoyens français ne veulent de la politique actuelle du gouvernement si inféodée au Medef et à Bruxelles que même les roquets de la droite en perdent la voix. Les citoyens n’en voulaient pas en 2005 – on les a muselés –, ils en veulent encore moins aujourd’hui, comme le montre le score formidable de Syriza en Grèce.

Alors, comme le disait Rimbaud, « allons! », débarrassons-nous du parti néolibéral abusivement étiqueté « socialiste » et réunissons-nous avec les socialistes authentiques pour mettre en œuvre une autre politique en France et en Europe pour penser le monde autrement, car, contrairement à ce que prétendait Margaret Thatcher, les alternatives existent et ne sont pas du côté des néofascistes d’ici et d’ailleurs, mais bien du côté de ceux pour qui le bien public est le plus précieux des biens, de ceux pour qui la finance est réellement une ennemie, de ceux pour qui le changement n’est pas un slogan de campagne. Comme en 1968, il est urgent de mettre l’imagination au pouvoir.