Raphaël Glucksmann, un retour droitier du PS ?

Le Parti Socialiste, qui avec son nouveau secrétaire Olivier Faure, avait effectué un glissement vers la gauche, compte présenter Raphaël Glucksmann comme tête de liste aux élections européennes de juin 2024 !

Ce n’est pas un bon signe pour l’avenir de la gauche…

Alors le PS ne serait même pas capable de trouver un socialiste de gauche pour conduire sa liste aux européennes ?

Glucksmann est un bourgeois libéral qui cautionne à la fois le capitalisme, le libéralisme, l’OTAN, l’anticommunisme et navigue vers tribord.
Un retour aux heures sombres de la social démocratie qui a fait tant de mal à la gauche ?

Sa candidature est d’ailleurs soutenue par François Hollande, celui qui avait enterré la gauche, et pondu Valls et Macron…
attention donc à son nouveau rejeton.


En 2007 Raphaël Glucksmann assistait avec son père André Glucksmann, philosophe réactionnaire, à un meeting de Sarkozy sur le thème “liquider l’héritage de 1968”.
En 2008 engagé dans le mouvement Alternative Libérale, tout un programme…
Il soutient l’OTAN, organisme militariste dangereux, dépassé, datant de la guerre froide, époque dans laquelle Glucksmann est resté coincé.
Il est partisan de fournir encore plus d’armes à l’Ukraine avec toutes les conséquences en pertes humaines que cela comporte au lieu d’œuvrer pour une négociation mettant fin à cette sale guerre.

 

En Géorgie il s’est habitué aux tapis rouges des palais présidentiels et ministériels lors de son séjour auprès du président ultralibéral Mikheil Saakachvil.

Ce n’est même pas la gauche caviar mais plutôt le centre caviar.
Sait-il que la classe laborieuse ça existe ?

 


Un extrait d’une lettre récente (janvier 2024) de François Ruffin à Raphaël Glucksmann :

“Voilà plusieurs fois que vous me tendez la main, « il faudra parler avec Monsieur Ruffin ». Il le faut, oui, ce dialogue, avec vous, dont la voix compte, et avec d’autres.

Permettez-moi de démarrer cet échange ici.

A l’automne 2018, à la veille d’un hiver en jaune, vous déclariez avec franchise : « Quand je vais à New-York ou à Berlin, je me sens plus chez moi, a priori, culturellement, que quand je me rends en Picardie ». Tout le monde ou presque vous était tombé dessus : « déconnexion », « gauche bobo », « nomade sans ancrage », etc. Votre propos ressort aujourd’hui, et à nouveau pour vous dénoncer comme « hors sol »….

Parce que, avec sincérité, sans agressivité, vos propos, ces derniers temps, me paraissent pour de bon hors sol, déconnectés, sans ancrage. Je n’y retrouve plus rien du « retour sur soi-même », mais au contraire tout – pardonnez ma franchise – d’une élite qui avance, avec arrogance et inconscience. C’est un chemin inquiétant pour la gauche, même pour le centre-gauche. C’est un grand bond en arrière, comme si les vingt dernières années n’avaient pas compté. Comme si des secousses majeures, le « non » au référendum de 2005, le mouvement des gilets jaunes, voire les manifestations contre la retraite Macron, n’avaient pas existé. Comme si, politiquement, les élections de 2017 et de 2022 n’avaient pas acté, dans les urnes, les ruptures à gauche. Comme si les Le Pen, père et fille, n’avaient pas prospéré sur le désarroi, sur l’industrie qui fuit, mais aussi sur une « démocratie » sans démos, contre le démos. Comme si on repartait pour un tour, avec une « social-démocratie » à la papa, teintée d’écologie, vieille politique avec un nouveau visage. Comme si vous renonciez à parler à la Picardie. Comme si vous leur tourniez le dos aux Annie et compagnie, et même : comme si vous les renvoyiez au pire.”

Le texte intégral de Ruffin


Et un avis de Marie Toussaint, secrétaire des Verts

Extrait : “Au-delà de son seul projet, Marie Toussaint aborde la situation politique. Comme elle l’a maintes et maintes fois répété, l’écologiste dit «ne pas vouloir participer à la guerre des gauches» qui ne mènerait qu’à «un Verdun de la gauche et des écologistes». Pour autant, l’eurodéputée s’attarde quelques instants sur la future tête de liste du PS Raphaël Glucksmann que certains sondages placent devant elle et qui tenait également un meeting ce samedi à Bordeaux. Tout en assurant qu’elle refuse de suivre les conseils de certains qui l’inviteraient à l’attaquer sur son profil de «grand bourgeois», elle entérine tout de même l’idée qu’il serait «le chouchou des médias» et qu’il souffrirait de quelques «ambiguïtés politiques». Ou comment taper sans taper. Avant le meeting, Marie Toussaint résumait le duel pour la première place à gauche ainsi : «Une question est posée : est-ce qu’on choisit la transformation écologiste ou est ce qu’on choisit la nostalgie sociale-démocrate ?»

Le texte original


Glucksmann a été élu député européen en 2019.

On ne peut pas dire qu’il ait brillé dans le sens d’une UE moins ultralibérale et moins réactionnaire..

Un exemple :

Sur initiative de l’extrême-droite polonaise, le Parlement européen a adopté le 19 septembre 2019 une résolution scandaleuse de réécriture de l’histoire.
Il est inquiétant de constater le nombre de députés européens s’étant déshonorés dans un tel acte indigne, les socialistes et les verts s’étant joints à la droite et l’extrême-droite. Glucksmann évidemment faisait partie de ceux qui ont approuvé ce texte honteux.

Voir ci dessous mon article de 2019 à ce sujet avec de nombreuses protestations diverses ;

Falsification de l’histoire, révisionnisme, le déshonneur du Parlement européen



Compléments et avis

Maxime Vivas écrivain et critique : 
Raphaël Glucksmann, girouette
“Cette girouette politique, aujourd’hui, compagnon de la journaliste Léa Salamé est le fils du philosophe André Glucksmann. Il a eu un parcours chaotique, papillonnant sur l’échiquier politique, flirtant avec Sarkozy avant de se poser sur le PS qui en a fait son chef de file aux élections européennes de 2019. Il sera élu avec 6% des voix. Il est membre de cercles néo-conservateurs français, comme le Cercle de l’Oratoire, la revue Le Meilleur des Mondes, qui soutiennent toutes les guerres des États-Unis.
En octobre 2011, il organise le voyage de Nicolas Sarkozy à Tbilissi la capitale de la Géorgie pour une rencontre avec le président Mikheil Saakachvili. Glucksmann est alors le conseiller officiel du président géorgien (« Mon ami » dit-il), il participe à l’écriture de ses discours il publiera même avec lui un livre d’entretiens.
Le 25 août 2008 Raphaël Glucksmann publie une tribune dans Libération où il fait l’éloge de Saakachvili. Il concède néanmoins que son ami « n’est pas Gandhi », sage précaution car le despote se heurte à des manifestations de rues, brutalement réprimées.
Pendant que les prisons se remplissent, Raphaël Glucksmann se tait. A cette époque, la ministre de l’Intérieur (et de la répression de Géorgie) est Eka Zguladze… épouse de Raphaël Glucksmann.
Raphaël Glucksmann qui vivait au cœur du pouvoir en Géorgie ne savait rien (sinon il nous l’aurait dit) sur la police de sa femme, police qui rackettait les entreprises, volait les petites gens, persécutait les partis d’opposition, assassinait dans la rue et torturait en prison, broutilles qui finirent par obliger le président Mikheil Saakachvili, la ministre de la répression et son époux, Raphaël Glucksmann, à fuir précipitamment la Géorgie en 2012 pour échapper à leur arrestation. Ils filèrent en Ukraine où elle abandonna la nationalité géorgienne, devint vice-ministre de l’Intérieur avant d’être arrêtée à l’aéroport de Borispol alors qu’elle essayait de faire sortir 4 millions de dollars. Le ministre de l’Intérieur la fera libérer et l’aidera à fuir, cet argent étant destiné à payer… ses frais d’accouchement en France. “

(extrait d’un livre à paraître au printemps 2024).


 

la députée LFI Alma Dufour et la juriste franco-palestinienne Rima Mobarak (Rima Hassan) ont attaqué Raphael Glucksmann en faisant le post Instagram suivant : https://www.instagram.com/p/C2NaR1NLrVF/?igsh=MXFoeG8zMnFjZ3o5aQ== (contenu slide par slide) :

  • Raphael Glucksmann défend les droits de l’homme (sauf quand il s’agit de la Palestine). Analyse des votes de l’eurodéputé du groupe socialiste sur Gaza.
  • A voté contre : des sanctions économiques et diplomatiques de l’UE envers Israël tant que le peuple palestinien subit de graves violations de ses droits fondamentaux.
  • La reconnaissance des actes de guerre israéliens et du nombre de victimes palestiniennes.
  • La demande de libération des prisonniers politiques palestiniens détenus par Israël dont 170 enfants.
  • La reconnaissance, selon les mots du secrétaire national de l’ONU, du fait que les violences ne sont pas survenues dans le vide mais sont le fruit d’un conflit et d’une occupation de longue date sans perspectives d’issue politique.
  • La condamnation de l’interdiction des manifestations pacifiques de solidarité avec le peuple palestinien.
  • Monsieur l’eurodéputé, comment expliquez-vous contre indignation contre les états génocidaires à géométrie variable ? Comment expliquez-vous votre silence médiatique sur le massacre de milliers de palestiniens ?

Joelle Voglieri  :

Glucksmann, c’est l’ancien conseiller du gouvernement néolibéral de Mikheil Saakachvili en Géorgie, ancien d’Alternative libérale, ancien soutien de Sarkozy, Hollande et Macron, qui a été transformé à la faveur des élections européennes en grand homme de gauche. Imposture !.


Et un article du Monde Diplomatique de Décembre 2018

Un autre Macron est possible
par Pierre Rimbert 

Il a 39 ans, des diplômes clinquants, un regard habité et des envies de changement. Entouré de jeunes chefs d’entreprise et de « porteurs de causes » issus de la « société civile », il lance un « mouvement politique » destiné à « sauver les démocraties libérales » menacées par l’« insurrection populiste ». Parce que c’est notre projet, exhorte-t-il, « à nous, désormais, de marcher ».

Après la formation de M. Emmanuel Macron, voici Place publique, fondée en novembre par l’essayiste Raphaël Glucksmann. L’un domine le centre droit ; l’autre investit le centre gauche, où la désintégration du Parti socialiste laisse un vide et des classes moyennes cultivées désemparées. D’où va-t-on désormais proclamer que rien ne va plus et qu’il faut tout changer — sauf l’essentiel : les structures économiques et sociales ? Avec Les Enfants du vide (Allary Éditions), livre-manifeste publié cet automne, Glucksmann a d’un coup comblé la béance. De L’Obs à L’Humanité en passant par Mediapart, on s’arrache l’homme providentiel. Il est chez lui sur France Inter, louangé permanent au Monde, en « une » de Libération, en couverture de Politis. Des personnalités socialistes, écologistes ou communistes projettent sur son visage souriant leurs aspirations ravalées. Glucksmann a compris que son public cible n’aimait rien tant que battre sa coulpe, triturer sa mauvaise conscience, ruminer ses échecs et y remédier au moyen de recettes toujours identiques, mais ripolinées aux couleurs du jour — le vert, en l’occurrence. Cela tombe bien : Raphaël, qui s’est souvent trompé, met en scène confessions et conversion. À L’Obs (4 octobre 2018), il confie : « Je dois réapprendre à m’oublier. » Ambitieux programme.

Lui qui fut tour à tour admirateur de M. Nicolas Sarkozy en 2008, animateur de la revue néoconservatrice Le Meilleur des mondes, conseiller du président géorgien néolibéral et atlantiste Mikheïl Saakachvili, lui qui admettait volontiers : « Ça ne m’a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites » (M Le magazine du Monde, 22 mars 2014) et se déclarait au printemps 2017 « fier » de l’élection de M. Macron, revendique à présent Occupy Wall Street et dit « nous » quand il parle de la gauche. « On a zappé complètement la question sociale », admet-il. « Mon logiciel de pensée a contribué à former l’impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui » (Mediapart, 14 novembre 2018). La mise à jour dudit « logiciel » copie-colle les constats effectués depuis des lustres par ceux que combattait hier Raphaël : « On voit les entreprises multinationales refuser les lois des nations et chercher à leur imposer les leurs. On voit les banques sauvées par l’argent public maquiller leurs comptes et cacher leurs fonds dans des paradis fiscaux. » À tout cela s’ajoute la menace d’un anéantissement de la planète par le réchauffement climatique.

Alors, que faire ? Contre « les anciennes idéologies, les vieux partis, les antiques structures », contre les inégalités et le gaz carbonique, Glucksmann propose plus de participation citoyenne, plus d’écologie, plus d’Europe. « Nous assumons l’horizon d’une République européenne », écrit-il. Des « porteurs de causes » aussi frétillants que MM. Valéry Giscard d’Estaing, François Bayrou, Daniel Cohn-Bendit et Bernard-Henri Lévy ânonnent les éléments de ce credo depuis bientôt quatre décennies. Les papys du vide ont trouvé leur héritier.
Pierre Rimbert


Et aussi sur un blog Mediapart


On nous balance en ce moment :”Il a la cote dans les sondages“. C’est déjà ce qui nous était arrivé lors de la fabrication de Macron en direction de l’opinion.


Mais qui possède les instituts de sondage ? Suivant la façon de poser la question il est bien connu que l’on suggère la réponse.
Et quel intérêt ont-ils à lancer cette marque ? Bonne question à se poser.


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