Europe, l’expérience grecque – Le débat stratégique

Un petit livre d’actualité. Ouvrage collectif, pour réfléchir à cette Europe.

En Grèce se joue aujourd’hui une bataille politique cruciale pour l’avenir de l’Europe. Depuis la victoire électorale de Syriza le 25 janvier 2015 a lieu une tentative inédite pour rompre avec la politique économique néolibérale de l’Union européenne et sortir du carcan mortifère de l’austérité. Les négociations avec l’Eurogroupe et le bras de fer avec la Troïka ont conduit cet été à deux événements politique majeurs : la victoire du non au référendum en Grèce, puis la signature par le gouvernement grec, sous la pression économique et politique des institutions européennes, d’un troisième Mémorandum. Les réussites et les échecs de cette expérience grecque, ses enseignements pour la gauche de transformation sociale, les nouvelles perspectives internationalistes qu’elles rendent possibles, sont désormais en discussion dans tous les pays européens et particulièrement en France.

Les auteurs, Étienne Balibar, Frédéric Boccara, Thomas Coutrot, Alexis Cukier, Cedric Durand, Michel Husson, Pierre Khalfa, Sandro Mezzadra, Catherine Samary et Frieder Otto Wolf agissent à des titres et en des lieux divers pour soutenir le peuple grec.      Livre Attac France, Fondation Copernic, Fondation Gabriel Péri
8 euros, Editions du Croquant ISBN : 9782365120753

L’introduction, pour vous donner envie de lire la suite…

 

Après la bataille grecque, comment mener la guerre anti-austérité en Europe ?

Les grecs se sont retrouvés face à un mur. Il aurait suffi qu’un seul pays européen les soutienne pour changer la donne, mais tous les gouvernements de l’Europe sont actuellement dirigés par la droite, hélas.

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : « Les efforts demandés à Athènes dépassent la sévérité, ils recèlent un esprit de vengeance ! »

Un dossier Grèce réalisé par mes amis du Front de Gauche de Morlaix.

Après la bataille grecque, comment mener la guerre anti-austérité en Europe ? par Jacques Bidet, philosophe,auteur  de l’Etat – monde, PUF, 2011
(Cet article, publié par l’ Humanité le 30 septembre 2015, constitue une analyse pertinente et originale de la situation en Europe et en Grèce.)

Le temps de la guérilla pour la gauche populaire
« Rarement les révolutionnaires mènent la bataille qu’ils ont choisie. L’histoire leur en propose d’autres, plus rudes et plus incertaines.
Ainsi en Grèce. Élu sur un programme d’inspiration socialiste, Tsipras se retrouve à la tâche sur le terrain du néolibéralisme.

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Varoufakis : notre printemps d’Athènes

Yanis Varoufakis a été l’invité d’Arnaud Montebourg à Frangy le 23 août. Si les médias ont couvert l’événement, peu ont fait état de la teneur du long discours prononcé par l’ex-ministres des finances de la Grèce. Vous trouverez ci-dessous cette intervention qui est tout autant un témoignage qu’une analyse, elle fera date.

Téléchargez en PDF l’intervention de Varoufakis à Frangy

L’Allemagne s’enrichit sur le dos de la Grèce

Le gouvernement grec a officialisé hier les termes de l’accord technique négocié avec les créanciers européens pour un troisième plan d’aide. S’il dessert quelque peu l’étau concernant le niveau réclamé des excédents budgétaires, envisage une recapitalisation des banques et accepte que les normes sociales soient alignées sur celle de l’Organisation internationale du travail, il programme aussi une baisse des dépenses de protection sociale, la libéralisation du marché de l’énergie ou encore une nouvelle vague de privatisations. Cet accord intervient alors qu’un rapport, conduit par des économistes d’outre-Rhin, révèle que l’Allemagne a réalisé 100 milliards d’euros d’économies depuis 2010 grâce à la crise grecque, de quoi effacer largement une bonne partie de la dette. Le pays a, en outre, largement profité des privatisations d’Athènes, en s’impliquant dans le rachat des aéroports les plus rentables.

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GRÈCE – Entretien avec Alexis Tsipras

Alexis Tsipras : « L’austérité est une impasse »

Dans l’Humanité du 31 juillet :
Mercredi 29, Sto Kokkino, radio proche de Syriza, diffusait un long entretien avec le premier ministre grec. Avec l’autorisation de nos confrères, nous en publions ici de larges extraits. Un éclairage inédit sur les rudes négociations entre Athènes et créanciers et sur le coup d’État financier dirigé contre le gouvernement de gauche.

PARLONS DE CES SIX MOIS DE NÉGOCIATIONS. QUEL BILAN EN TIREZ-VOUS ?

ALEXIS TSIPRAS  Il faudra en tirer les conclusions de façon objective, sans s’avilir ni s’autoflageller, car ce semestre a été un semestre de grandes tensions et de fortes émotions. Nous avons vu remonter à la surface des sentiments de joie, de fierté, de dynamisme, de détermination et de tristesse, tous les sentiments. Mais je crois qu’au bout du compte si nous essayons de regarder objectivement ce parcours, nous ne pouvons qu’être fiers, parce que nous avons mené ce combat. Nous avons tenté, dans des conditions défavorables, avec un rapport de forces difficile en Europe et dans le monde, de faire valoir la raison d’un peuple et la possibilité d’une voie alternative. Au bout du compte, même si les puissants ont imposé leur volonté, ce qui reste c’est l’absolue confirmation, au niveau international, de l’impasse qu’est l’austérité. Cette évolution façonne un tout nouveau paysage en Europe.

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Accusé de trahir son pays, Yanis Varoufakis répond. Et c’est cinglant.

(Traduction d’un billet de Yanis Varoufakis du 29 juillet par Sylvie Tassin) .   L’original est ici:

http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/29/treason-charges-what-lurks-behind-the-bizarre-allegations/

Accusations de trahison : ce qui se cache derrière ces étranges allégations.

Cette tentative surprenante de me faire accuser de trahison pour avoir conspiré afin de pousser la Grèce hors de l’Eurozone, est le reflet de quelque chose de bien plus vaste.

Elle reflète un effort acharné à délégitimer notre négociation de 5 mois (du 25 janvier au 5 juillet) avec une Troika furieuse que nous ayons eu l’audace de douter ouvertement de la sagesse et l’efficacité de son plan raté pour la Grèce.

Le but de mes pseudo-procureurs est de faire passer notre attitude rebelle lors des négociations pour une aberration, une erreur, ou mieux encore, selon la perspective de l’Establishment oligarchique grec favorable à la Troika, pour un crime contre l’intérêt national de la Grèce.

Mon crime ignoble a été, en exprimant la volonté collective de notre gouvernement, d’incarner les péchés suivants :

Me comporter devant les leaders de l’Eurogroupe comme un égal qui s’autorise à dire NON et présente des arguments de poids pour repousser le manque de logique catastrophique des énormes prêts concédés à un état insolvable soumis à une austérité contre-productive.
Démontrer que l’on peut être un Européiste engagé,lutter pour maintenir son pays dans l’Eurozone, et en même temps rejeter les politiques de l’Eurogroupe qui nuisent à l’Europe, déconstruisent l’Euro et piègent fondamentalement son pays par un esclavage de la dette entretenu par l’austérité.
Préparer des réponses à des dangers éventuels dont me menacent les collègues de premier plan de l’Eurogroupe et des officiels haut-placés de la Troika lors de discussions en tête à tête.
Révéler de quelle manière les gouvernements grecs précédents ont transformé des ministères aussi cruciaux que le Sécrétariat Général des Recettes Publiques et l’Office Statistique Hellénique en des ministères sous contrôle de la Troika et soumis à des pressions ayant vocation à saper le gouvernement élu.
Il est très clair que le gouvernement grec a le devoir de retrouver sa souveraineté nationale et démocratique sur tous les ministères , et en particulier le Ministère des Finances. S’il ne le fait pas, il continuera à renoncer aux instruments d’élaboration de sa politique auxquels les électeurs attendent de le voir recourir dans le cadre de la mise en œuvre du mandat qu’ils lui ont confié.

Dans le cadre de mes efforts en tant que ministre, mon équipe et moi-même avons mis au point des méthodes innovantes de développement d’outils du Ministère des Finances afin de répondre efficacement à la crise des liquidités crée par la Troika tout en récupérant des pouvoirs exécutifs auparavant usurpés par la Troika avec le consentement des précédents gouvernements.

Au lieu d’accuser et de poursuivre ceux qui, aujourd’hui encore, agissent au sein du service public comme les larbins et lieutenants de la Troika (tout en recevant des salaires substantiels des contribuables grecs qui souffrent depuis des années), c’est moi qui suis aujourd’hui persécuté par les hommes et partis politiques condamnés par les électeurs pour avoir transformé la Grèce en protectorat , aidés et encouragés par les médias de l’oligarchie.

Je porte leurs accusations comme des marques d’honneur.

La négociation fière et honnête que le gouvernement Syriza a menée depuis le premier jour de son élection a déjà amélioré la qualité des débats publics en Europe. Le débat sur le déficit démocratique qui affecte l’Eurozone ne pourra plus être étouffé. Malheureusement, les supporters de la Troika dans notre pays semblent incapables de tolérer ce succès historique. Leurs efforts pour le criminaliser se briseront sur les mêmes hauts-fonds que ceux sur lesquels s’est brisée la campagne de propagande contre le NON au référendum du 5 juillet : la grande majorité des Grecs courageux.

http://arretsurinfo.ch/aujourdhui-yanis-varoufakis-a-besoin-du-soutien-de-nous-tous/

6 économistes passent au crible l’accord imposé à la Grèce

Six économistes passent au crible « l’accord » imposé

L’Humanité a demandé à six économistes de décrypter le plan des eurocrates. Point par point, nos experts démontrent comment les réformes, les mesures ou les conditions d’attribution des aides imposées aux Grecs vont étouffer la Grèce et plonger son peuple dans une nouvelle récession, accroître le chômage, la précarité et la pauvreté, pour au final faire exploser de nouveau sa dette.

A propos de la dette grecque..

Dette publique par habitant, en euros

Irlande 44 602
Belgique 39 547
Italie 33 558
Autriche 31 859
France 31 000
Grèce 29 616
Royaume Uni 28 125
Allemagne 26 661
Pays-Bas 26 132
Luxembourg 20 483
Portugal 20 273
Espagne 20 239

Il est clair que la Grèce n’est pas la seule endettée et que si sa dette est présentée comme insupportable c’est uniquement parce que c’est le seul pays qui s’est choisi un gouvernement de gauche contestant la politique d’austérité de l’Union Européenne.

Il s’agit pour nos dirigeants européens de punir tout peuple qui voudrait choisir une autre voie que celle imposée par le modèle européen au service de la finance. Ils veulent casser toute remise en cause du modèle capitaliste.

La dette dans certains pays est bien plus importante et on n’en parle pas !
Le record est détenu par le Japon avec 230% de son PIB. Les USA ont également une dette colossale, supérieure à leur PIB, et sont présentés malgré cela comme un modèle.

En valeur absolue, en milliards d’euros :

Allemagne 2170 (la plus grosse dette de la zone euro, sans compter ce qu’elle doit à la Grèce))
Italie 2135
Royaume Uni 2055
France 2038
Grèce 320

La Grèce n’est donc pas plus en faillite que beaucoup de pays, mais les financiers, par l’intermédiaire de la Troïka, avec la complicité des dirigeants européens, ont décidé de l’asphyxier pour la punir et l’empêcher de prendre un cap en faveur de sa population.
Il s’agit pour eux d’essayer de prouver qu’il n’y a pas d’alternative à leur politique.

Bel aveu du président du Conseil européen Donald Tusk : « Je suis surtout inquiet des risques de contagion politique et idéologique. Avec ce qui se passe en Grèce, est apparue l’illusion idéologique qu’il est désormais possible de changer le cours de l’Europe, qu’on peut construire une alternative à la vision traditionnelle de l’Europe, au discours sur l’austérité. Je trouve l’atmosphère très similaire à celle de l’après 1968. Je sens un état d’esprit, peut-être pas révolutionnaire, mais un sentiment d’impatience en Europe »


Ce que disait Thomas Sankara à propos de la dette de son pays :

sankara-thomas

Burkina Faso 1987

 

Et ce que disait déjà Karl Marx en 1850 MarxEtLesBanques

Europe : Prendre la mesure du tournant historique

Prendre la mesure du tournant historique, par Clémentine Autain
La tentative de Syriza pour imposer une alternative aux institutions européennes a connu une issue sinistre. Mais elle peut être un commencement,
à condition de durcir le rapport de forces, et de préparer l’affrontement – mais aussi un plan B en cas d’impasse.

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Après la reddition grecque, les éditocrates applaudissent Alexis Tsipras

Ainsi tourne la roue de la notoriété médiatique… Voilà deux semaines, Alexis Tsipras était présenté dans les grands médias comme un « maître chanteur », un « irresponsable » dont il convenait de se demander s’il était « complètement fou ». Certains le décrivaient même comme un « démagogue pyromane s’alliant avec les néonazis d’Aube Dorée », selon les termes de l’indispensable Bernard-Henri Lévy. Mais ça, c’était avant – avant qu’Alexis Tsipras ne finisse par céder aux exigences des créanciers de la Grèce. Ce qui est présenté comme une capitulation de dernière minute a en effet valu au Premier ministre grec les hommages magnanimes de l’éditocratie.

http://www.acrimed.org/article4727.html    ainsi vont les merdias !