GRÈCE – Entretien avec Alexis Tsipras

Alexis Tsipras : « L’austérité est une impasse »

Dans l’Humanité du 31 juillet :
Mercredi 29, Sto Kokkino, radio proche de Syriza, diffusait un long entretien avec le premier ministre grec. Avec l’autorisation de nos confrères, nous en publions ici de larges extraits. Un éclairage inédit sur les rudes négociations entre Athènes et créanciers et sur le coup d’État financier dirigé contre le gouvernement de gauche.

PARLONS DE CES SIX MOIS DE NÉGOCIATIONS. QUEL BILAN EN TIREZ-VOUS ?

ALEXIS TSIPRAS  Il faudra en tirer les conclusions de façon objective, sans s’avilir ni s’autoflageller, car ce semestre a été un semestre de grandes tensions et de fortes émotions. Nous avons vu remonter à la surface des sentiments de joie, de fierté, de dynamisme, de détermination et de tristesse, tous les sentiments. Mais je crois qu’au bout du compte si nous essayons de regarder objectivement ce parcours, nous ne pouvons qu’être fiers, parce que nous avons mené ce combat. Nous avons tenté, dans des conditions défavorables, avec un rapport de forces difficile en Europe et dans le monde, de faire valoir la raison d’un peuple et la possibilité d’une voie alternative. Au bout du compte, même si les puissants ont imposé leur volonté, ce qui reste c’est l’absolue confirmation, au niveau international, de l’impasse qu’est l’austérité. Cette évolution façonne un tout nouveau paysage en Europe.

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Accusé de trahir son pays, Yanis Varoufakis répond. Et c’est cinglant.

(Traduction d’un billet de Yanis Varoufakis du 29 juillet par Sylvie Tassin) .   L’original est ici:

http://yanisvaroufakis.eu/2015/07/29/treason-charges-what-lurks-behind-the-bizarre-allegations/

Accusations de trahison : ce qui se cache derrière ces étranges allégations.

Cette tentative surprenante de me faire accuser de trahison pour avoir conspiré afin de pousser la Grèce hors de l’Eurozone, est le reflet de quelque chose de bien plus vaste.

Elle reflète un effort acharné à délégitimer notre négociation de 5 mois (du 25 janvier au 5 juillet) avec une Troika furieuse que nous ayons eu l’audace de douter ouvertement de la sagesse et l’efficacité de son plan raté pour la Grèce.

Le but de mes pseudo-procureurs est de faire passer notre attitude rebelle lors des négociations pour une aberration, une erreur, ou mieux encore, selon la perspective de l’Establishment oligarchique grec favorable à la Troika, pour un crime contre l’intérêt national de la Grèce.

Mon crime ignoble a été, en exprimant la volonté collective de notre gouvernement, d’incarner les péchés suivants :

Me comporter devant les leaders de l’Eurogroupe comme un égal qui s’autorise à dire NON et présente des arguments de poids pour repousser le manque de logique catastrophique des énormes prêts concédés à un état insolvable soumis à une austérité contre-productive.
Démontrer que l’on peut être un Européiste engagé,lutter pour maintenir son pays dans l’Eurozone, et en même temps rejeter les politiques de l’Eurogroupe qui nuisent à l’Europe, déconstruisent l’Euro et piègent fondamentalement son pays par un esclavage de la dette entretenu par l’austérité.
Préparer des réponses à des dangers éventuels dont me menacent les collègues de premier plan de l’Eurogroupe et des officiels haut-placés de la Troika lors de discussions en tête à tête.
Révéler de quelle manière les gouvernements grecs précédents ont transformé des ministères aussi cruciaux que le Sécrétariat Général des Recettes Publiques et l’Office Statistique Hellénique en des ministères sous contrôle de la Troika et soumis à des pressions ayant vocation à saper le gouvernement élu.
Il est très clair que le gouvernement grec a le devoir de retrouver sa souveraineté nationale et démocratique sur tous les ministères , et en particulier le Ministère des Finances. S’il ne le fait pas, il continuera à renoncer aux instruments d’élaboration de sa politique auxquels les électeurs attendent de le voir recourir dans le cadre de la mise en œuvre du mandat qu’ils lui ont confié.

Dans le cadre de mes efforts en tant que ministre, mon équipe et moi-même avons mis au point des méthodes innovantes de développement d’outils du Ministère des Finances afin de répondre efficacement à la crise des liquidités crée par la Troika tout en récupérant des pouvoirs exécutifs auparavant usurpés par la Troika avec le consentement des précédents gouvernements.

Au lieu d’accuser et de poursuivre ceux qui, aujourd’hui encore, agissent au sein du service public comme les larbins et lieutenants de la Troika (tout en recevant des salaires substantiels des contribuables grecs qui souffrent depuis des années), c’est moi qui suis aujourd’hui persécuté par les hommes et partis politiques condamnés par les électeurs pour avoir transformé la Grèce en protectorat , aidés et encouragés par les médias de l’oligarchie.

Je porte leurs accusations comme des marques d’honneur.

La négociation fière et honnête que le gouvernement Syriza a menée depuis le premier jour de son élection a déjà amélioré la qualité des débats publics en Europe. Le débat sur le déficit démocratique qui affecte l’Eurozone ne pourra plus être étouffé. Malheureusement, les supporters de la Troika dans notre pays semblent incapables de tolérer ce succès historique. Leurs efforts pour le criminaliser se briseront sur les mêmes hauts-fonds que ceux sur lesquels s’est brisée la campagne de propagande contre le NON au référendum du 5 juillet : la grande majorité des Grecs courageux.

http://arretsurinfo.ch/aujourdhui-yanis-varoufakis-a-besoin-du-soutien-de-nous-tous/

Agriculture : 2 poids 2 mesures

FNSEA – Confédération paysanne, 2 visions du syndicalisme paysan. 2 attitudes des pouvoirs publics : complaisance pour le 1er, répression pour le 2e

Cela s’explique

Dis, c’est qui la FNSEA ?

Xavier Beulin l’homme d’affaires pas regardant des principes

Morlaix, incendie de l’Hotel des Impôts

Xavier Beulin, président nationale de la FNSEA, Thierry Merret, président de la FDSEA Finistère, poujadiste des Bonnets Rouges, lié au patronat et au très réactionnaire Institut de Locarn,
il est évident qu’avec de tels représentants on ne défend pas l’agriculture paysanne responsable.

Voilà celui qui pousse les agriculteurs à la rébellion. Il s’appelle Xavier Beulin. Il est Président de la FNSEA, le syndicat des agriculteurs !
Mais, car il y a un « mais » : ce n’est pas un pauvre agriculteur. Il est président de « Sofiprotéol », groupe agro-industriel dont le chiffre d’affaires est de 5,5 milliards d’euros en 2009 (5,5 MILLIARDS !) de la filière oléagineuse et protéagineuse. Selon l’hebdomadaire « Le Point », « Sofiprotéol » produit pratiquement l’intégralité du biodiesel, ce que la Cour des Comptes, dans un rapport sur les biocarburants, décrit comme une « situation de rente » alors même qu’elle bénéficie d’une exonération fiscale. Diester Industrie est le champion européen du biodiesel. Sa société Glon Danders est leader français de la nutrition animale… Voilà…

(à compléter par les lecteurs…)

Des paysans bretons s’en sortent bien… en changeant l’agriculture

La violente répression contre la Confédération paysanne tranche avec la mansuétude à l’égard de la FNSEA

apres-les-blocus-quimper-la-question-des-dechets-amiantes
Si un ouvrier est trouvé avec un gant usagé à la sortie de son entreprise, il passe au tribunal Des déchets laissés à Quimper cette semaine lors des manifestations de paysans

Le double langage de nos dirigeants socialistes

Ou, ce que nous disons, et ce que nous faisons….

Hollande : Consommons français pour protéger notre agriculture.

Moscovici : Signons le traité transatlantique TAFTA pour livrer notre agriculture aux intérêts américains.

http://www.franceinfo.fr/actu/politique/article/crise-de-la-viande-francois-hollande-lance-un-appel-aux-distributeurs-et-aux-consommateurs-706625

http://www.marianne.net/moscovici-tafta-est-plus-interet-europe-que-etats-unis-100235617.html

STOP TaftaVoir aussi notre dossier sur le traité TAFTA sur le blog du Front de Gauche du Pays Bigouden

6 économistes passent au crible l’accord imposé à la Grèce

Six économistes passent au crible « l’accord » imposé

L’Humanité a demandé à six économistes de décrypter le plan des eurocrates. Point par point, nos experts démontrent comment les réformes, les mesures ou les conditions d’attribution des aides imposées aux Grecs vont étouffer la Grèce et plonger son peuple dans une nouvelle récession, accroître le chômage, la précarité et la pauvreté, pour au final faire exploser de nouveau sa dette.

A propos de la dette grecque..

Dette publique par habitant, en euros

Irlande 44 602
Belgique 39 547
Italie 33 558
Autriche 31 859
France 31 000
Grèce 29 616
Royaume Uni 28 125
Allemagne 26 661
Pays-Bas 26 132
Luxembourg 20 483
Portugal 20 273
Espagne 20 239

Il est clair que la Grèce n’est pas la seule endettée et que si sa dette est présentée comme insupportable c’est uniquement parce que c’est le seul pays qui s’est choisi un gouvernement de gauche contestant la politique d’austérité de l’Union Européenne.

Il s’agit pour nos dirigeants européens de punir tout peuple qui voudrait choisir une autre voie que celle imposée par le modèle européen au service de la finance. Ils veulent casser toute remise en cause du modèle capitaliste.

La dette dans certains pays est bien plus importante et on n’en parle pas !
Le record est détenu par le Japon avec 230% de son PIB. Les USA ont également une dette colossale, supérieure à leur PIB, et sont présentés malgré cela comme un modèle.

En valeur absolue, en milliards d’euros :

Allemagne 2170 (la plus grosse dette de la zone euro, sans compter ce qu’elle doit à la Grèce))
Italie 2135
Royaume Uni 2055
France 2038
Grèce 320

La Grèce n’est donc pas plus en faillite que beaucoup de pays, mais les financiers, par l’intermédiaire de la Troïka, avec la complicité des dirigeants européens, ont décidé de l’asphyxier pour la punir et l’empêcher de prendre un cap en faveur de sa population.
Il s’agit pour eux d’essayer de prouver qu’il n’y a pas d’alternative à leur politique.

Bel aveu du président du Conseil européen Donald Tusk : « Je suis surtout inquiet des risques de contagion politique et idéologique. Avec ce qui se passe en Grèce, est apparue l’illusion idéologique qu’il est désormais possible de changer le cours de l’Europe, qu’on peut construire une alternative à la vision traditionnelle de l’Europe, au discours sur l’austérité. Je trouve l’atmosphère très similaire à celle de l’après 1968. Je sens un état d’esprit, peut-être pas révolutionnaire, mais un sentiment d’impatience en Europe »


Ce que disait Thomas Sankara à propos de la dette de son pays :

sankara-thomas

Burkina Faso 1987

 

Et ce que disait déjà Karl Marx en 1850 MarxEtLesBanques

Europe : Prendre la mesure du tournant historique

Prendre la mesure du tournant historique, par Clémentine Autain
La tentative de Syriza pour imposer une alternative aux institutions européennes a connu une issue sinistre. Mais elle peut être un commencement,
à condition de durcir le rapport de forces, et de préparer l’affrontement – mais aussi un plan B en cas d’impasse.

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Après la reddition grecque, les éditocrates applaudissent Alexis Tsipras

Ainsi tourne la roue de la notoriété médiatique… Voilà deux semaines, Alexis Tsipras était présenté dans les grands médias comme un « maître chanteur », un « irresponsable » dont il convenait de se demander s’il était « complètement fou ». Certains le décrivaient même comme un « démagogue pyromane s’alliant avec les néonazis d’Aube Dorée », selon les termes de l’indispensable Bernard-Henri Lévy. Mais ça, c’était avant – avant qu’Alexis Tsipras ne finisse par céder aux exigences des créanciers de la Grèce. Ce qui est présenté comme une capitulation de dernière minute a en effet valu au Premier ministre grec les hommages magnanimes de l’éditocratie.

http://www.acrimed.org/article4727.html    ainsi vont les merdias !

Grèce : un accord contraint qu’il ne faut pas soutenir.

Bel aveu du président du Conseil européen Donald Tusk : « Je suis surtout inquiet des risques de contagion politique et idéologique. Avec ce qui se passe en Grèce, est apparue l’illusion idéologique qu’il est désormais possible de changer le cours de l’Europe, qu’on peut construire une alternative à la vision traditionnelle de l’Europe, au discours sur l’austérité. Je trouve l’atmosphère très similaire à celle de l’après 1968. Je sens un état d’esprit, peut-être pas révolutionnaire, mais un sentiment d’impatience en Europe »


Emmanuel Tood : « L’Europe se suicide sous direction allemande. »


Marie-George Buffet : « Mercredi, le parlement va être, par défaut , une fois l’affaire réglée, consulté sur le résultat d’une mise en cause sans précédent du droit d’un peuple à décider de son avenir, pour moi c’est clair, le vote contre. »


Cécile Duflot : « Ce n’est pas un compromis, mais bel et bien un diktat. Son acceptation est une manière de renoncer aux valeurs de l’Europe »


Europe 13 juillet : un jour d’infamie, par Raoul-Marc Jennar

« Une dictature d’un mode nouveau s’est installée en Europe. Elle mène une guerre d’un mode nouveau contre les peuples. Nous venons de subir une terrible défaite. »

http://www.jennar.fr/?p=4435


Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec : « Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »


Pierre Khalfa, Fondation Copernic : Les propositions de l’Eurogroupe sont de la folie


Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : L’Allemagne « a porté un coup sévère et ébranlé l’Europe » avec la crise grecque, a accusé dimanche l’économiste Joseph Stiglitz. « Vous ne pouvez pas gérer une zone euro sans un minimum de solidarité. (Cette crise) sape complètement la vision commune et la solidarité européenne. C’est un désastre », a confié l’ancien chef économiste de la Banque Mondiale et prix Nobel d’économie, jugeant qu’il serait « déraisonnable » que les négociations en cours à Bruxelles aboutissent à demander « encore davantage » à la Grèce.


Jean-Luc Mélenchon : «Un revolver sur la tempe », selon ses propres termes : Tsipras a signé un « compromis ». Aussitôt, les trompettes des louanges relaient la traditionnelle propagande gouvernementale pour célébrer le rôle de facilitateur de Hollande, la force du « couple franco-allemand » et réciter les refrains, les mantras et les calembredaines habituelles des eurolâtres. La vérité toute crue est, une fois de plus, à des lustres des pseudos analyses de commentateurs qui ne comprennent pas ce qu’ils voient, parlent de textes qu’ils n’ont pas lu et font réagir des « responsables politiques » sans autres informations que celles données par ces plus que douteux intermédiaires.

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Changer d’Europe !

Cette Europe est un fiasco.

  • autoritarisme – aucune démocratie – des traités absurdes imposés.
  • austérité et injustices pour les peuples.
  • gavage des financiers – évasion fiscale – pillage des biens publics.
  • chômage et récession.
  • la droite officielle et les socialistes qui l’ont construite ainsi s’obstinent à défendre les intérêts des lobbys.
  • ils nous mènent droit dans le mur

Il y a une autre solution, il y a une alternative

  • une Europe démocratique et solidaire
  • une Europe des peuples, pour les peuples (et non pour les banques et les spéculateurs)

Des propositions existent

Le discours d’Alexis Tsipras au Parlement européen le 8 juillet

L’intégralité de l’intervention d’Alexis Tsipras, ce matin au Parlement Européen. A diffuser massivement ! Nous devons être notre propre média.

 » Mesdames et messieurs les députés, je ne suis pas de ceux qui prétendent que tous les maux du pays sont à mettre sur le dos des pays étrangers ; Si la Grèce est dans cette situation, c’est parce que pendant des décennies, les divers gouvernements successifs ont gouverné de façon clientéliste en soutenant la corruption, en jouant le jeu d’une collusion avec le pouvoir économique, en ne contrôlant pas la fraude fiscale des plus riches. D’après le crédit suisse, 56% des richesses nationales seraient entre les mains des 10% de la population grecque, et au plus fort de l’austérité, ces 10% de la population grecque ont été épargné et n’ont pas contribué à supporter le fardeau comme c’est le cas des 90% de la population restante.

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L’Honneur d’un homme de gauche… Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, démissionne.

Et si nous avions eu de tels ministres plutôt que nos ventres-mous libéraux….

L'Honneur d'un homme de gauche... Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, démissionne.

Il s’en explique :

« Le référendum du 5 Juillet restera dans l’histoire comme un moment unique où une petite nation européenne s’est levée contre la servitude de la dette.

Comme toutes les luttes pour les droits démocratiques, le rejet historique de l’ultimatum posé le 25 juin ultimatum à la Grèce par l’Eurogroupe n’est pas sans coût. Il est donc essentiel que la grande confiance accordé à notre gouvernement par le splendide vote NON soit investi immédiatement d’un OUI à une résolution appropriée – à un accord qui implique une restructuration de la dette, moins d’austérité, la redistribution en faveur des plus modestes, et de réelle réformes.

Peu après l’annonce des résultats du référendum, j’ai été mis au courant d’une certaine préférence de certains participants à l’Eurogroupe, et de «partenaires» pour… mon «absence» de ses réunions; une idée que le Premier ministre a jugé potentiellement utile pour parvenir à un accord. Pour cette raison, je quitte le ministère des Finances aujourd’hui.

Je considère qu’il est de mon devoir d’aider Alexis Tsipras à exploiter, comme il l’entend, la capitale que le peuple grec nous a accordé par référendum d’hier.

Et je porterai le dégoût que j’ai inspiré aux créanciers avec fierté.

Nous, à gauche, savons comment agir collectivement, sans attachement aux privilèges de la charge. Je vais soutenir pleinement le Premier ministre Tsipras, le nouveau ministre des Finances, et notre gouvernement.

L’effort surhumain pour faire honneur au brave peuple de Grèce, et le célèbre OXI (NO) entendu par les démocrates du monde entier, ne fait que commencer. »

Yanis Varoufakis