Migrants, Réfugiés, Solidarité, Racisme

Devant l’utilisation du problème des migrants par les médias et par certains politiques il devient important de rétablir des vérités et de lutter contre les idées toutes faites et les idées fabriquées de façon mal intentionnée.

N’ayez pas peur des migrants, ayez peur des préjugés.

Guide de survie face aux préjugés sur les réfugiés

(édité par Utopia56 et l’auberge des migrants)

pour télécharger ce document cliquer sur ce lien

C’est l’invasion !

Où voyez-vous une invasion ? Si l’on regarde au niveau mondial, quel est selon vous, le pays qui accueille le plus de réfugiés ?
Eh bien figurez-vous que ce n’est pas en Europe ! C’est le Pakistan qui arrive en tête des statistiques du HCR (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés), avec 1,6 million de
réfugiés, suivi de l’Iran avec 857 000 réfugiés et du Liban qui en compte 856 000.
Le Liban accueille 178 réfugiés pour 1 000 habitants, ce qui, rapporté à la France, donnerait quelque 12 à 15 millions de réfugiés… Or, on estime à environ 165 000 le nombre de personnes disposant du statut de réfugié politique en France (0,29 % de la population).
C’est une goutte d’eau, nous sommes tout à fait en capacité de les accueillir. (1)
Comparons : selon le gouvernement, 200 000 immigrés sont entrés en moyenne tous les ans en France, entre 2004 et 2012, soit moins que la moyenne des pays de l’OCDE. Cela représente en
effet chaque année 0,3% de la population française en moyenne, contre 0,6% pour les autres pays de l’OCDE. C’est également la plus faible proportion d’Europe, rapportée à notre population. Sur la même période, 60 000 immigrés en moyenne ont quitté le territoire chaque année. (2)

On ne peut pas accueillir toute la misère du Monde

Non, mais nous devrions avoir honte de ne pas participer à la solidarité mondiale.
Vous citez la fameuse phrase de Rocard ? Alors n’oubliez pas la deuxième partie de cette phrase  » La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part « .
D’autre part, les chiffres officiels de l’évasion fiscale vont jusqu’à des estimations de pertes de 50 à 80 milliards d’euros pour la France. L’accueil des réfugiés est un choix de société.

C’est la porte ouverte aux terroristes

La plupart des terroristes identifiés dans les attentats français étaient de nationalité française ou belge. Seuls deux ont été enregistrés parmi les réfugiés sur l’ile grecque de Leros. Aucun n’a été repéré dans les camps de réfugiés en France.
Les terroristes n’ont pas besoin de se mêler au flux de migrants pour pénétrer en France. Enfin, les réfugiés syriens ou kurdes irakiens fuient justement Daech après l’avoir combattu.

On en fait plus pour les migrants que pour les français

C’est faux. Les aides aux migrants sont inférieures aux aides que perçoivent les Français. Les demandeurs d’asile perçoivent une allocation qui est en moyenne deux fois inférieure au montant du RSA.
Cette allocation s’appelle l’ADA (Allocation pour Demandeur d’Asile), et son montant est, pour une personne seule, de 204€/mois. Le montant du RSA dans la même situation est de 524€/mois. Pour un couple avec 2 enfants, l’ADA est de 612€/mois, et le RSA est de 1100€/mois. En théorie, les demandeurs d’asile ont droit à un logement, mais seulement 40% en bénéficient.

On ferait mieux de s’occuper de nos SDF

l’un n’empéche pas l’autre
Beaucoup de nos bénévoles s’occupent aussi des SDF.
Si vous préférez vous engager dans une association qui vient en aide aux SDF, nous en serons ravis.
Mais… sur les sites d’extrême-droite, on ne voit pas d’appels aux dons pour la banque alimentaire, la Croix-Rouge etc.

On nous dit qu’il faut aider les Syriens, ok, mais là c’est que des Africains

La Syrie n’est pas le seul pays en guerre.
Le premier pays d’origine des demandeurs d’asile en 2015 était le Soudan, en guerre civile depuis plusieurs années.
Dans les camps de réfugiés, on rencontre aussi des Erythréens. Dans ce petit pays d’Afrique noire, ils subissent la violence d’un despote paranoïaque.
Il y a aussi beaucoup de Kurdes irakiens qui fuient Daesh. Avec Utopia 56, vous les avez rencontrés à Grande-Synthe. Ils sont souvent aussi rejetés de la Turquie.

Aider les réfugiés de guerre oui, mais pas les migrants économiques

Et pourquoi pas ? Que feriez-vous à leur place ? Si votre pays ne permet pas de vivre de façon décente ou d’espérer élever une famille ?
Ne vous sentiriez-vous pas défaillant dans votre rôle de futur père ou mère si vous ne preniez pas le risque de l’exil ?
Les statistiques indiquent qu’il y a entre 2 et 2,5 millions de Français expatriés à l’étranger. Dont 8% au Proche et MoyenOrient, et 15% en Afrique (4)
. Les Français ne migrent pas pour fuir la guerre, mais par choix ou pour obtenir des conditions de travail meilleures qu’ici. Ce sont, au sens strict du terme, des migrants économiques.
Nous acceptons la migration économique quand elle nous concerne, même quand elle n’est pas vitale, vers des pays dont nous refusons les migrants économiques.

L’accueil des migrants va flinguer notre économie

Faux ! L’afflux de réfugiés aura un impact positif sur la croissance, comme en Suède, Allemagne et Autriche en 2016. D’ailleurs, la Suéde connaît déjà un boom économique inattendu. Au quatrième trimestre 2015, c’est-à-dire l’hiver dernier, la Suède a connu un taux de croissance de 4,5%. Pour vous donner une petite idée : 4,5%, c’est un taux de croissance asiatique ! La
France se traîne péniblement avec une progression de 1,5% du PIB. La raison de cette croissance aussi époustouflante que soudaine tient en un mot : les migrants. La Suède est, en proportion, le pays d’Europe qui, en 2014 et 2015, a accueilli le plus de réfugiés en Europe : 160 000 personnes pour 9,5 millions d’habitants.

Ce sont des hommes seuls, qui ont abandonné leur famille !

Il y a en effet beaucoup d’hommes seuls. Le voyage coûte cher. La plupart des hommes seuls font ce que nous aurions fait à leur place : ils vendent leur maison pour payer le voyage, confient leur famille à leurs parents et prennent seuls le risque du voyage, en espérant pouvoir ensuite faire venir leur famille dans des conditions plus sécurisées.

Pourquoi ne restent-ils pas se battre dans leur pays ? Nous, en 40 on est entrés en résistance !

Les historiens estiment que moins de 1% des Français sont entrés en résistance. Ce qui est nettement inférieur au pourcentage de résistants dans la population kurde par exemple. Nous n’avons donc aucune leçon à donner.
Il n’est pas possible de rester dans une ville rasée, sans eau, sans nourriture. Traverser la mer sans savoir nager est le signe d’un sentiment de détresse ultime.

A force d’aider les migrants, vous créez un appel d’air… vous les incitez à venir

Ces réfugiés ne quittent jamais leur pays de gaieté de cœur.
Ils prennent le risque de mourir sur la route ou en mer. Ils viennent quelles que soient les conditions d’accueil. L’action des bénévoles n’a aucun impact sur la politique d’asile en France.

Ils pourraient ramasser les déchets eux-mêmes

A quoi ressemble la ville de Marseille après quelques jours de grève des éboueurs ? Dans les bidonvilles ou les camps, les réfugiés ramassent les déchets dès qu’ils ont des sacs poubelles.
Certains ne le font pas, car ils dépensent toute leur énergie la nuit à tenter de passer en Angleterre retrouver leurs familles.

Ils ont une culture trop différente de la nôtre, ils ne peuvent pas s’intégrer !

Les difficultés d’intégration, s’il y en a, ne sont pas le fait des différences de culture, mais du communautarisme. Échangeons sur nos cultures !

On ne sera plus en sécurité ici, la délinquance va augmenter !

Entre octobre 2015 et octobre 2016, on a ouvert 160 CAO (Centre d’Accueil et d’Orientation). Si la délinquance avait augmenté dans les 160 villes qui les ont accueilli, ça se saurait. Quand les mairies jouent le jeu, que les bénévoles et les associations s’engagent, l’expérience est positive.

Les français sont contre l’accueil

Ce n’est pas si évident. Selon un sondage d’Amnesty International, 82 % des Français sont favorables à l’accueil des réfugiés.
77% des Français interrogées sont d’accord avec l’affirmation selon laquelle les personnes fuyant la guerre ou les persécutions doivent pouvoir trouver refuge dans d’autres pays. Sondage effectué du 22 au 29 février 2016 sur un échantillon de 1091 citoyens français de plus de 18 ans.
. Effectivement d’autres sondages disent l’inverse. Mais la France ne serait-elle pas fière de retrouver ses valeurs de solidarité ? Affirmons-le.

On les loge et nourrit gratuitement. C’est nous qui payons

Dans les camps, ils ne sont pas logés et la nourriture provient de dons alimentaires.
Les Centre d’Accueil et d’Orientation sont effectivement financés par l’Etat.
Les migrants pourraient payer eux-mêmes ? Rappelez-vous qu’un demandeur d’asile doit attendre neuf mois avant d’être autorisé à travailler en France.

(1) https://blogs.mediapart.fr/rachel-nef/blog/260615/ceux-qui-merepetent-qu-ne-peut-pas-accueillir-toute-la-misere-du-monde
(2) http://www.gouvernement.fr/10-chiffres-qui-vont-vous-surprendre-sur-l-immigration-en-france
(3) L’OCDE regroupe plus d’une trentaine de pays : toute l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord, plus le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud et depuis 1995 et 1996,
certains pays d’Europe centrale (République tchèque, Hongrie, Pologne) et, depuis 2010 le Chili, la Slovénie, Israël et l’Estonie. L’OCDE est le principal collecteur de statistiques sur les
pays développés. L’OCDE siège à Paris.
(4) http://www.ufe.org/fr/vie-ufe/vie-ufe-articles/36-articles/1894-statistiques-des-francais-de-letranger-2015.html

Un document plus complet sur les préjugés concernant les migrants (cliquer ici)

Voir aussi le film de Jean Paul Mari « Les migrants ne savent pas nager », un document bouleversant sur le bateau l’Aquarius qui se consacre au sauvetage des migrants en Méditerranée.
En voici un petit extrait :

Des questions à se poser (entre autres) : pourquoi les empêcher de venir ? pourquoi partent-ils de chez eux ?

Pourquoi leur établir des barrières ?

Des murs de la honte sont érigés dans le monde : le mur construit en Palestine occupée par Israël, le mur frontalier du Mexique construit par les USA, des murs en construction en Europe (Hongrie), et la Méditerranée, qui n’est pas un mur mais est utilisée comme barrière à l’immigration par l’Europe, très pratique d’ailleurs car les noyés en mer se voient moins que les morts le long d’un mur…

L’Europe a une grande responsabilité dans cette façon de se barricader, ainsi d’ailleurs que dans les accords passés avec certains pays d’Afrique pour que les gouvernements locaux fassent eux-même la chasse aux migrants (accords de co-développement).

Pourquoi fuient-ils leur pays ?

Ce n’est pas de gaieté de cœur, c’est parce qu’ils estiment qu’ils n’ont plus le choix. Deux causes principales : la guerre et la misère.

Et dans les deux cas il faut réfléchir aux responsabilités de nos pays, aux responsabilités de cette Europe, aux responsabilités de L’OTAN, de « l’Occident » en général.

La guerre chez eux : nous n’y sommes pas pour rien. Nos dirigeants portent de lourdes responsabilités dans la déstabilisation de tout le Proche Orient et de l’Afrique. Les interventions militaires répétées, les soutiens à des dirigeants corrompus, les ventes d’armes…

Nos gouvernements successifs ont semé le chaos en Lybie, lieu de passage actuel de nombreux migrants. Notre ministre de la guerre Le Drian se vante d’être le champion des ventes d’armes, mais c’est avec ces avions Rafale que l’Arabie Saoudite bombarde l’Afrique de l’Est.

La misère chez eux : nous n’y sommes pas pour rien non plus. Depuis de très nombreuses décennies les politiques de Francafrique ont fait des dégâts. On a par exemple obligé des africains a importer des produits qu’ils pourraient faire eux mêmes, on a pillé leurs ressources naturelles et maintenant on leur prend même leurs terres (voir la politique de Bolloré et de ses compères en Afrique).

Liens à ce sujet sur ce blog : Moyen Orient  –  Afrique  –  Guerres et vente d’armes  –  OTAN

Il y a toujours eu des migrations. Souvenons nous par exemple des polonais, des portugais, des italiens venus travailler en France.
Egalement des réfugiés politiques espagnols en 1938 (camp de Rivesaltes, réfugiés en Finistère).
Les découpages arbitraires de régions du monde par les « Occidentaux » (1884 partage de l’Afrique entre les Occidentaux – colonisation – 1923 Kurdistan éclaté par le traité de Lausanne) ont généré des conflits lourds de conséquences. Quant à nos interventions extérieures incessantes (Irak, Syrie, Libye…) elles obligent aussi de nombreuses personnes à fuir leur pays déstabilisé.

Quant au nombre de réfugiés en France, c’est 200 000, soit 0,3% de la population !

L’exemple du camp de Rivesaltes : A 10 km de Perpignan, le camp est devenu un lieu de mémoire. L’histoire du camp de Rivesaltes commence avec un décret. Le 12 novembre 1938, il autorise l’internement administratif des « indésirables étrangers »- nous sommes en pleine guerre d’Espagne et de nombreux républicains doivent fuir – D’abord militaire, le camp Joffre devient lieu d’internement. Les premiers réfugiés arrivent en janvier 1941 dans ses blocs de béton sans vitres ni tout à l’égout. Le camp se transforme vite en triste tour de Babel. Espagnols, Allemands, Polonais… Au printemps 1941, on y recense 16 nationalités, un tiers de juifs, 10% de tsiganes. Camp de réfugiés de la guerre d’Espagne, d’indésirables de Vichy durant la Seconde guerre mondiale, de regroupement de juifs ensuite déportés vers la mort, de transit de harkis après la guerre d’Algérie…


Septembre 2017 à l’Agora de la Fête de l’Humanité, un débat « délinquants solidaires », avec Cédric Hérrou, Laurent Caffier, Pierre-Alain Mannoni, poursuivis pour délits de solidarité… et Marie-Christine Vergiat députée européenne du Front de Gauche :

L’Education, le lieu de toutes les solidarités. Un reportage sur l’association THOT qui propose des cours de français diplômants à des réfugiés (en pdf)


STOPPER L’IMMIGRATION PARCE QU’ELLE SERAIT COÛTEUSE ?
FAUX !
CÔTÉ DÉPENSES : 48 MILLIARDS D’EUROS,
CÔTÉ RENTRÉES : 60 MILLIARDS D’EUROS.

Stopper l’immigration parce qu’elle est coûteuse. Cette affirmation est tout simplement fausse. L’immigration ne coûte pas mais, au contraire, nous rapporte. Le calcul est simple. Côté dépenses : les retraites, les aides au logement, le RMI, les allocations chômage, les allocations familiales, les prestations de santé, l’éducation… soit un total de 48 milliards d’euros. En revanche, les immigrés reversent au budget de l’État et aux caisses de la Sécurité sociale, par leur travail, des sommes nettement plus importantes : impôts, CRDS, CSG, cotisations sociales… pour un total de 60 milliards d’euros.


Invitée sur le plateau de la chaîne de télévision publique France2, Fatou Diome, femme de lettres franco-sénégalaise, a livré un puissant réquisitoire contre les politiques d’immigration de l’Union européenne (UE).

Quelques documents en lien avec les notions de : racisme, étranger, idées reçues, etc..

Quelques exemples de solidarités actives


Pétition pour une véritable politique européenne d’accueil des réfugiés, 2017, lancée par un lycée de Rennes

De très nombreuses initiatives ont lieu pour venir en aide aux migrants. Beaucoup de collectifs se sont créés. Une carte qui recense plus de 100 initiatives (Bastamag avril 2017)
On peut aussi consulter https://sursaut-citoyen.org qui regroupe des initiatives citoyennes de solidarité avec les migrants.


Le racisme, cette stupidité.

Etre raciste, c’est considérer que les différences entre individus – qu’elles soient physiques, culturelles ou morales – sont héréditaires, immuables et « naturelles ». Le racisme établit une hiérarchie entre des catégories d’êtres humains qui peut se traduire en pratiques allant de la discrimination jusqu’à l’extermination de l’autre.

La peur irrationnelle de « l’étranger » a toujours existé, bien souvent entretenue par certains courants politiques (voir cette affiche ancienne dans un bistrot). Qu’est ce qu’un « étranger » ?

Une seule « race humaine », la nôtre.

Yves Coppens, né le 9 août 1934 à Vannes, est un paléontologue et paléoanthropologue français, professeur émérite au Collège de France.

Le racisme biologique

Au 18e et 19e siècles on a eu tendance à classer, comme les biologistes le faisaient avec les végétaux, en s’appuyant sur les différences apparentes entre les êtres humains. On a vu des anthropologues mesurer, comparer. On est même venu étudier .. les bigoudens !
L’utilisation du mot « race » s’est trouvée dans beaucoup d’écrits même scientifiques. On a même parlé de la « race des bretons », par exemple dans des textes d’Ernest Renan (dans Poésie des races celtiques, Essais de critique et de morale, et dans Souvenirs). Dans sa thèse de médecine de 1899 le quimpérois René Le Feunteun partage les Bretons en trois différentes « races » avec des descriptions ahurissantes (voir cet extrait consultable dans les bibliothèques de Rennes et de Quimper).
Les croyances à diverses races débouchaient sur des notions d’infériorité de certaines par rapport à d’autres.
La colonisation de l’Afrique et de l’Indochine l’ont bien montré. On avait eu précédemment la conquête de l’Amérique à l’époque de Christophe Colomb et l’extermination des populations autochtones.

L’abolition de l’esclavage par la France date du 4 février 1794 (16 pluviose an II)

Avec les progrès de la génétique et la découverte de l’ADN il a été prouvé que cette notion des races humaines n’avait aucun fondement. Il n’y a qu’une seule « race » humaine, donc pas de races.

De nouvelles avancées scientifiques confirment que les très légères différences génétiques entre les hommes invalident la notion de « race ». Et que si nous sommes très peu différents les uns des autres, nous sommes tous uniques ! Lire à ce sujet un article de la rubrique Sciences de l’Humanité Dimanche du 27 avril 2017 intitulé « Races. Enfin la fin. »

Le racisme actuel

Le racisme a évolué. On est maintenant face à un racisme essentiellement lié aux origines, mais aussi à la culture, à la religion. C’est un rejet, peu réfléchi ou manipulé, des différences.
Ce n’est pas parce qu’on ne se réfère plus à la notion de race qu’on n’est pas raciste !
La xénophobie – rejet de l’étranger -, bien que différente du racisme en ce sens qu’elle ne se réfère pas à la notion de races avec leurs hiérarchies supposées, est à mettre sur le même plan et souvent ils cohabitent.

On a déjà connu au cours des temps en France un rejet des Italiens, des Portugais, des Polonais, même des bretons accusés d’être trop nombreux dans certaines villes (ex Nantes), puis on est passé aux « arabes », aux roms, aux musulmans… Les différents sondages, ainsi que le vote pour le FN, montrent bien la persistance de ce racisme larvé. Et pourtant la proportion d’étrangers en France est minime. Les ressentis sont en décalage complet avec la réalité. Et n’oublions pas qu’il y a deux millions et demi de français à l’étranger !

Ce racisme provoque des discriminations : contrôle au faciès, discrimination à l’embauche, agressions diverses…

Pendant une période encore récente on avait le racisme honteux, on évitait de s’afficher, ou de dire que l’on votait FN. Maintenant on ose !
Il faut dire que les différents gouvernements et leurs médias ont leur part de responsabilité dans cette banalisation des idées d’extrême droite. C’est Sarkozy avec son ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale en 2007, puis Hollande avec son projet de Déchéance de nationalité. Les gouvernements veulent ainsi détourner l’attention des vrais problèmes (sociaux, financiers, militaires) et inventent des adversaires pour que les victimes se combattent entre elles. Le racisme ordinaire est entretenu pour diviser, pendant ce temps les puissants sont tranquilles.
Heureusement il faut relativiser, les racistes sont beaucoup moins nombreux que les antiracistes !

Vivre harmonieusement ensemble avec nos ressemblances et nos différences (qui nous enrichissent).
Une seule catégorie d’êtres humains, tous différents et tous uniques !

NB : « Nous et les autres. Des préjugés au racisme ». Exposition au musée de l’Homme jusqu’au 8 janvier 2018. 17 place du Trocadéro, Paris 16e. Rens.: www.museedelhomme.fr 

Interview d’Evelyne Heyer, commissaire de l’exposition « Nous et les autres » dans l’Humanité Dimanche du 4 mai 2017