La guerre idéologique bat son plein

Casseurs regroupés en début de manifestation, facilement identifiables… on ne les neutralise pas (aveux nombreux de policiers disant avoir reçu des ordres)

En effet ils peuvent servir. Beaucoup de vidéos montrent même un certain « mélange » entre vrais casseurs et casseurs « téléguidés » ou avec un brassard « police ».

Résultat : ça marche, il suffit de voir les titres dans les médias. L’événement ce n’est pas une manifestation monstre et pacifique contre la loi travail, mais une source de casse. 300 voyous qui cassent sont montrés davantage que 1 million de citoyens dignes qui défilent.

Discréditons, il en restera toujours quelque chose ! Interdire les manifestations ? Donc interdire l’Euro après les événements de Marseille !

La lutte des classes, ça existe, et c’est en pleine extension.

La manif du 14 juin à Paris racontée par Sabine, une amie du Pays Bigouden

Le témoignage d’un enseignant du SNES-FSU après la manif

Lien vers mon article du 14 mai sur les violences

Nonna confirme le récit de Sabine

Lien vers mon article du 29 mai sur les médias

VersOuLesMedias

Autoritarisme, aveuglement, manipulation… Jusqu’où ce gouvernement va t-il aller ? Trop, c’est trop ! Les réactions sont nombreuses.
En lire quelques unes sur le blog du Front de Gauche du Pays Bigouden.

Le déchaînement impressionnant des médias

Pour ceux qui croient ou font semblant de croire que « la lutte des classes c’est fini » nous avons en ce moment une belle démonstration du contraire.

Le déchaînement des médias contre la CGT, les syndicats, les manifestants, tous ceux qui contestent l’ordre établi, est impressionnant. Discréditer, répandre l’idéologie officielle, la guerre est lancée. Le droit de calomnier remplace le droit d’informer.

Le milliardaire Warren Fuffett déclarait qu’il existait « bel et bien une guerre des classes mais c’est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c’est nous qui gagnons« . Effectivement, pour l’instant c’est eux qui ont gagné la lutte des idées. Il faut voir les moyens impressionnants qu’ils ont à leur disposition. Mais.. nous n’avons pas dit notre dernier mot et il se passe en ce moment des choses intéressantes, en Belgique, en Espagne, en Islande, aux USA avec Bernie Sanders, au Royaume Uni avec Jeremy Corbyn, et en France depuis un ou deux mois avec les luttes soutenues par une grande partie de la population (70% des français estiment que le gouvernement doit retire sa loi travail pour rétablir le calme), avec Nuit Debout, avec des solidarités qui naissent, etc.. Ça bouge…

Parmi les outils à la disposition des 5% profiteurs du monde il y a les médias. C’estChienDeGarde_1 le moment de revoir le film de Gérard Mordillat et Yannick Kergoat « Les nouveaux chiens de garde »

Mordillat ces jours ci vient d’utiliser une très belle expression : « Les journalistes domestiques »

Protestons ensemble et individuellement contre cette campagne du TINA (There Is Not Alternative) de Mme Thatcher, et encourageons la presse libre qui est en difficulté – L’Humanité – Mediapart – Politis et quelques rares.
Qui possède les grands médias ? Justement ceux qui profitent de ce système capitaliste libéral scandaleux et dépassé

Medias_oligarchie

Alors vous me direz, oui mais nous avons un service public d’information !
HÉLAS ! On y entend la même chose et quelque fois encore pire. Il m’est arrivé cette semaine d’écouter les infos sur la Deux et de basculer sur la Une tellement c’était insupportable. Et c’est d’autant plus grave que c’est nous, contribuables, qui payons grassement cette propagande.
Par exemple France 2 ces jours-ci, c’est « La voix de son maître », le meneur de jeu Pujadas invite régulièrement, presque tous les jours ses experts officiels pour « nous expliquer« .
On a donc droit aux brillantes leçons de Nathalie Saint-Cricq, responsable du service politique de France 2 , qui se permet au lieu de poser des questions aux responsables politiques d’opposition, de les agresser, de calomnier avec hargne, ainsi qu’à François Lenglet, l »expert économique », chef du service économique, et n’ayant pas la moindre formation en économie (dixit Wikipedia). Lui, il y va au culot, il affirme, et pour prouver ce qu’il dit il nous montre des petits graphiques Excel. On y voit des courbes qui « prouvent » ce qu’il dit. Quand on sait qu’avec des graphiques on peut faire dire ce que l’on veut aux statistiques… utile à montrer aux lycéens pour qu’ils ne se fassent pas avoir plus tard.

Les_experts_domestiques
Les « experts », ce n’est pas de la fiction hélas !

la-voix-de-son-maitre

Le pluralisme dans les 20h de France 2 : « À bout de souffle… ! » (communiqué du SNJ-CGT le 16 juin 2016)

D’autres infos analogues sur le site ACRIMED, observatoire des médias.


Et pour finir malgré tout par un sourire, après nos économistes « officiels », écoutons sur BFM_ToutVrai, notre philosophe « officiel »
(désigné lui aussi par les médias alors que nous avons de vrais philosophes dans notre pays)

 

site officiel http://nada-info.fr/site/epandage-16/

« Gnagnagna… Gnagnagna… pauvre conne ! »,  ce sont les derniers mots de la brillante intervention du « philosophe officiel » Finkielkraut à Nuit debout un soir du mois d’avril !


Nada-info vous offre cette petite vidéo, fruit d’un collectif regroupant des anciens des « Nouveaux chiens de Garde » associé à la Compagnie Jolie Môme
Profitez-en pour visiter le site de nos amis de Nada-Info – Merci pour leur travail


Compléments : François Lenglet, le caniche expert, est même allé, le 26 mai, jusqu’à inventer un gros mensonge au sujet du Président de le Bolivie lors de la dernière émission de son complice Pujadas. La preuve de la manipulation est qu’il a dû s’excuser en ces termes auprès de l’ambassade de Bolivie le 30 mai dernier :

 » Monsieur l’Ambassadeur,
En réponse à votre lettre du 27 mai dernier, je prends acte de la décision de la commission d’enquête parlementaire au sujet de l’affaire CAMC. En conséquence, …..  je considère que les termes que j’ai utilisés pour qualifier le président Morales, lors de ce débat télévisé pour le moins animé, n’étaient pas appropriés. « 

De quel droit ce monsieur répand des fausses nouvelles sur une chaîne de télévision publique. Il est prêt à tout dès qu’il y a quelque chose un peu rouge devant lui…
Une pétition a été lancée contre lui https://www.change.org/p/des-paroles-et-des-actes-nous-demandons-le-limogeage-de-fran%C3%A7ois-lenglet

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uant à BFMTV en lien avec Le Figaro une seule image montre le niveau BFMTV

Air France : 1 chemise déchirée, 2900 vies déchirées. On ne parle que de la chemise…

Vidéo : Quand une hôtesse parle avec le cœur.  Ce n’est pas cette vidéo à laquelle nous avons eu droit à la télé ! La violence sociale, connaissent pas..
(exception : Dans « ce soir ou jamais » du vendredi 9 oct le sujet à été très bien abordé, merci Taddeï… à revoir pendant une semaine sur Pluzz)
https://www.facebook.com/439831852701846/videos/1082117338473291/
http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais

Changeons ce pays, il est grand temps !

https://www.youtube.com/watch?v=fcbY5uOUBNA

Un 1er ministre qui insulte des travailleurs menacés de licenciement, n’est pas cela aussi qui est choquant ?
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Vidéo –>    Information impartiale : Pujadas au travail sur F2
La chemise d’Air France : Porte rhabille Pujadas12106999_10206271069428917_1959704664543642084_n
Une publication de la Fondation Copernic :

Que de bruit autour de la chemise déchirée du DRH d’Air France. Macron, Valls, Sarkozy … y sont allés de leur indignation. Comme si la véritable indignation n’était pas dans les ravages du libéralisme. Un point de vue très éclairant de Guillaume Etiévant, membre du bureau de la Fondation Copernic.

QUAND LES CHEMISES TOMBENT, LES MASQUES AUSSI

Les salariés d’Air France qui ont arraché la chemise de deux cadres dirigeants ont dévoilé bien plus que leurs torses. Ils ont ce faisant contribué à mettre en lumière la tragédie des plans sociaux qui s’imposent aux salariés. Ils ont aussi divulgué la mascarade du « dialogue social » entre « partenaires sociaux ». Quelques semaines après le vote de la loi Rebsamen sur le dialogue social et les annonces du rapport Combrexelle qui va donner lieu à une nouvelle loi début 2016, le conflit à Air France tombe bien mal pour le gouvernement.

D’une chemise, l’autre

L’acharnement politique et médiatique contre les syndicalistes et les salariés d’Air France s’explique en partie par les millions de dépenses publicitaires, dont la compagnie arrose les grands médias du pays. Il est également dû à la gêne de l’État quant aux choix très contestables qu’il fait pour maximiser les remontées de dividendes et dont il n’a pas intérêt à tenir la population informée. De fait, la part minoritaire de l’État dans Air France (300 millions d’euros) ne pèse pas grand-chose face à son rôle d’actionnaire majoritaire d’ADP (Aéroport de Paris) dont il détient 5 milliards d’euros du capital. Pour augmenter les profits des aéroports et donc les remontées de dividendes, l’État favorise en effet activement les concurrents d’Air France, quelles que soient leurs pratiques et l’origine de leur financement. Il multiplie notamment les autorisations de décollage et d’atterrissage pour la compagnie Qatar Airways. Il y a quelques mois François Hollande a même été jusqu’à décorer la chemise du patron de Qatar Airways, Akbar al-Baker, de la médaille d’officier de la légion d’honneur. Et ce sont les salariés d’Air France qui payent le prix de ces choix. Quant aux 66 millions d’euros de CICE (Crédit impôt compétitivité emploi), que les contribuables français ont, bien malgré eux, versés à Air France en 2014, ils n’ont, force est de le constater, aucunement été utilisés pour l’emploi.

Vous avez dit « dialogue social » ?

Pourtant, là n’est pas la principale explication de l’acharnement médiatique et politique contre les syndicats et les salariés d’Air France. Ce que n’a pu supporter le pouvoir en place, c’est que soudain, ce lundi 5 octobre, comme l’a à juste titre relevé Jean-Luc Mélenchon, la question sociale est revenue sur le devant de la scène. Avec cette question, le patronat, et le gouvernement qui défend à la lettre ses intérêts, espéraient bien en avoir fini pour de bon. Depuis des années, un rouleau compresseur idéologique assène à la population l’idée qu’employeurs et salariés auraient des intérêts communs, qu’ils pourraient paisiblement s’asseoir autour d’une table, et déterminer ensemble les meilleurs choix pour tous, aboutissant à des accords « gagnant-gagnant » débouchant le plus souvent sur la destruction de l’emploi et du droit du travail, la baisse des salaires, la précarisation généralisée.

C’est ce qu’ils appellent la « démocratie sociale ». Curieuse « démocratie » que celle où le patron (et donc l’actionnaire qui lui donne les ordres) a droit de veto sur l’ensemble des revendications des salariés. Étranges « partenaires sociaux », dont l’un risque tous les jours le licenciement décidé par l’autre. Étonnant « dialogue social », dans lequel les propositions rejetées par les représentants des salariés sont mises en œuvre malgré tout. Elles seront même au-dessus du code du travail et s’imposeront à lui ; c’est en tout cas la volonté du rapport Combrexelle (que je dénonce avec des confrères dans un ouvrage à paraitre fin octobre aux éditions Syllepse -1- ). La fable du « dialogue social » s’est développée et répandue à grand renfort d’études et de rapports (Terra Nova, Institut Montaigne, etc.) rédigés par des « experts » qui n’ont jamais mis les pieds dans une entreprise et qui, par ignorance, par bêtise et, le plus souvent, par volonté idéologique, nient en bloc le rapport de classe au fondement de la relation actionnaires/ salariés.

Cette mascarade se renforce par les humiliations médiatiques à répétition contre les syndicalistes qui organisent des grèves et démontrent ainsi que le dialogue dans l’entreprise n’existe pas réellement, mais qu’il y a au contraire une confrontation d’intérêts divergents. De Jean-Marie Cavada dans les années 1990 à David Pujadas aujourd’hui, le procédé est toujours le même : ridiculiser et culpabiliser les syndicalistes ; ne jamais remettre en cause les agissements ni la représentativité du Medef ; ne jamais s’étonner que les négociations nationales interprofessionnelles se déroulent dans les locaux du Medef, à partir de textes rédigés par le Medef, et validés dans des réunions bilatérales avec le gouvernement, alors même que ce syndicat patronal ne représente qu’une part infime des entreprises françaises.

Si Manuel Valls a parlé « d’agissements de voyous », de « violence inqualifiable et inadmissible dans notre société », et exigé « des sanctions lourdes à l’égard de ceux qui se sont livrés à de tels actes », ce n’est pas seulement à cause de son habituel mépris des salariés, c’est aussi qu’il ne supporte pas que sa mise en scène si adroitement montée puisse s’effondrer. Soudain, les médias sont obligés de laisser apercevoir que derrière l’ambiance tamisée des négociations lors desquelles les délégués syndicaux font de leur mieux (malgré de maigres moyens, encore dégradés par les dernières réformes) pour limiter la casse, il y a des millions de salariés qui n’en peuvent plus et n’ont pas conscience de la force qu’ils constituent.

Un moment utile

Grâce aux salariés d’Air France, nous avons vu des syndicalistes et des élus d’un CCE (Comité central d’entreprise) à la télévision. Nous avons aperçu des syndicalistes dans leur confrontation avec leur direction, pour essayer de sauver des emplois. Nous avons aperçu, un instant, les salariés être plus forts que les patrons, car plus nombreux. Bien sûr, ça n’est qu’un moment, seulement quelques images, qui n’empêcheront nullement la direction d’Air France d’aller au bout de ses nuisibles intentions. Et pourtant c’est utile. Car l’unique possibilité, un jour, de renverser l’ordre capitaliste des choses, c’est que les salariés prennent, par leurs actes, conscience de leur force collective. Tout au long du 20ème siècle, le socialisme parlementaire n’a rien détruit du système qu’il prétendait briser de l’intérieur. Il l’a au contraire favorisé, développé, sécurisé. Les prédictions de Jaurès ne se sont jamais réalisées, les socialistes n’ont jamais permis aux classes populaires d’investir le pouvoir. La social-démocratie n’a jamais transposé sur le terrain politique le combat de classe qui se joue dans l’entreprise. Elle a, au contraire, effectué le mouvement inverse, et transcrit dans l’entreprise les évolutions de la démocratie politique. A peine arrivé au pouvoir au début des années 1980, le Parti socialiste s’est rallié aux idées libérales et a, dans le même mouvement, commencé à considérer que les intérêts des employeurs et des salariés étaient communs. Alors que la négociation collective avait parfois permis d’obtenir des acquis sociaux qui pouvaient se généraliser (par exemple la troisième semaine de congés payés suite à l’accord Renault de 1955), on inverse peu à peu son rôle et elle devient aujourd’hui un outil puissant de réduction des droits. Seuls les salariés peuvent renverser cette donne, en se considérant non pas seulement comme des consommateurs, mais comme des producteurs. Si les salariés s’arrêtent de travailler, le profit disparait et le monde capitaliste s’arrête de tourner. Comme le disait Jules Cazelle, président de la commission de grève des menuisiers en 1879 : « les patrons s’inclineront devant nous, car nous sommes les producteurs et quand les bras ne se mettent pas au travail, le capital tombe » -2-.

L’air de rien

De nombreux salariés, derrière leur téléviseur, ont esquissé de larges sourires en voyant ces deux dirigeants d’Air France ramenés à ce qu’ils sont. De pauvres types. De riches bourgeois n’ayant pas une once de dignité, capables même de défendre le travail des enfants et de louer l’emprisonnement des syndicalistes de Qatar Airways -3-. Des gens capables de briser des vies, des familles entières, l’air de rien, en passant, sans aucune conscience. Bref, ceux que Sartre appelait des salauds, ceux qui croient ne pas choisir, ne pas avoir le choix, alors qu’ils sont pleinement responsables de leurs actes. Oui, voir cette direction soudain humiliée, ça donne de l’espoir. Pas grand-chose ; une petite étincelle. Dans la période, c’est déjà beaucoup. Alors merci aux salariés d’Air France.

Guillaume Etiévant

-1- Le code du travail en sursis? Note de la Fondation Copernic, Emmanuel Dockès, Josépha Dirringer, Guillaume Etiévant, Patrick Le Moal, Marc Mangenot, éditions Syllepse, 2015.
-2- Cité dans l’excellent recueil de textes Déposséder les possédants, La grève générale aux « temps héroïques » du syndicalisme révolutionnaire (1895-1906), éditions Agone, 2008.
-3- Voir l’enquête de Mediapart : http://www.mediapart.fr/journal/france/160315/le-pdg-dair-france-divague-sur-les-acquis-sociaux

Medias_aux_milliardaires

Les mots glissants – Le détournement du sens des mots par l’idéologie dominante.

« On ne se méfie jamais assez des mots », écrivait Céline à la fin du Voyage au bout de la nuit. Le dossier « Les mots piégés » du n° 24 de la Revue du projet (février 2013) nous invitait déjà à « lessiver » les mots, selon la formule de Brecht, pour retrouver leurs sens véritables. Nous poursuivons cet essai d’éducation populaire en nous attaquant aussi aux expressions
glissantes et à quelques autres tromperies.

Le dossier de « La revue du projet » n°48 de Juin 2015 à ce sujet

et, si cela vous intéresse le numéro complet de La Revue du Projet n°48 et le site http://projet.pcf.fr/

et aussi le dossier précédent « Les mots piégés » dans le n° 24 de février 2013

Florilège de la pensée unique

Lu sur regards.fr. Pour démystifier le bréviaire des « réformes nécessaires » et de la « réalité » qui exige des « efforts de tous » (sauf de ceux qui les prônent). Cet assemblage d’interviews montre l’idiote et grotesque répétitivité. Il faut convaincre « qu’il n’y a pas d’alternative », d’où le matraquage.
Six chapitres –>    1 – réformes, 2- réalités, 3 – modernité, 4 – efforts, 5 – rigidité # liberté, 6 – augmenter le temps de travail.
Le langage commun de tous nos libéraux. Le langage DU parti libéral.

La fille Le Pen normalise le discours FN en dévoyant les mots de la « gauche »

Lien vers l’interview de Cécile Alduy, coauteur du livre « Marine Le Pen prise aux mots »

Le point de vue de Jean-Pierre Darroussin, acteur : 
Question de l’Huma Dimanche : En 1997, dans « Marius et Jeannette », vous campiez le rôle de Dédé, ouvrier électeur FN. Comment expliquez-vous la percée du FN ?
J-P Darroussin : Le FN progresse depuis 1983. Tout est dit. C’est le résultat d’un abandon et d’une gauche qui n’est plus la gauche. Il devient difficile pour les travailleurs de se situer. Le FN a beau jeu de faire l’amalgame PS-UMP, de se faire passer pour les pourfendeurs de l’union sacrée du grand capital. La gauche n’a jamais été au pouvoir. Jamais…depuis…depuis le Front populaire (sourire). Jamais il n’y a eu de politique de gauche. Et chaque fois que le PCF ou les Verts se sont alliés à cette soi-disant gauche, la désillusion pour le peuple a été plus grande encore.